Affichage des articles dont le libellé est Electro. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Electro. Afficher tous les articles

samedi 7 février 2009

Jean-Jacques Perrey - E.V.A. - The Best Of (Ace Records - 1997)

Jean-Jacques Perrey c'est d'abord un tube, E.V.A., ovni intemporel, séminal et psyché composé en 1970. Samplé et remixé à outrance, utilisé à toutes les sauces comme synchro dans un paquet de pubs, E.V.A. fût avec le Psyché Rock de Pierre Henry et quelques morceaux de Gainsbourg, le morceau français qui eut le plus d'influence sur le cours de la musique pop jusqu'à l'avénement de la French Touch. Artiste pionnier et visionaire, Jean-Jacques Perrey puisa dans les nouvelles technologies (les premiers synthétiseurs Moog l'Ondioline) la matière première à ses créations. Le potentiel technologique de l'instrument y fait jeu égal dans le rendu final avec le talent du musicien, ce qui est profondément novateur pour l'époque. Si l'on peut rejouer les morceaux des Beatles à l'harmonica ou au balafon sans perdre leur richesse harmonique, la musique de Jean-Jacques Perrey s'installe dans une autre dimension, le fond étant indissociable de la forme. Une barrière était franchie et nous y sommes encore: une partie importante de la musique pop est aujourd'hui complétement conditionnée par les possibilités technologiques des plug-ins utilisés pour sa production.

E.V.A. fût aussi, subjectivement, le seul morceau vraiment génial de Jean-Jacques Perrey. Le reste de son oeuvre, du moins pour ce que l'on peut en juger dans ce florilège, oscille entre le très bon, le sympathique, le kitsch et le plus anecdotique, reflétant les modes et les goûts de son époque (épopée spatiale, futurisme, psychédèlisme, confort petit bourgeois des 30 Glorieuses), même si son influence musicale et esthétique (les Beastie Boys plagièrent ainsi la pochette de The In Sound From Way Out ! pour leur propre album instrumental homonyme) sur les scène electro et hip hop reste indélébile et évidente.

Jean-Jacques Perrey - E.V.A.

Jean-Jacques Perrey, 30 years before the French Touch, stormed the world by surprise with E.V.A., which has been massively sampled since then. After a quick search on The Breaks (http://www.the-breaks.com/search.php?term=perrey&type=0), the following songs include at least a sample of E.V.A.:

- A Tribe Called Quest - Same Ol' Thing
- Arianna Puello ft Mucho Mu - A Por Todas
- Artifacts - Lower the Boom
- DJ Spooky - Galactic Funk
- Dr. Octagon - 3000
- Erick Sermon - Freak Out
- GangStarr - Just to Get a Rep
- House of Pain - Fed Up
- Ice T - The Lane
- Kwest tha Madd Ladd - Skin Care
- Lord Finesse - Game Plan
- Monstarrs - Hit 'em High
- OGC - No Fear
- OPM - El Capitan
- Young Black Teenagers - Blowin' Up the Spot
- Youngstas - It'z Natural

Patrick Pulsinger - Dogmatic Sequences - The Series 1994-2006 (Disko B - 2007)

Patrick Pulsinger n'est pas en apparence un rigolo. Comme d'autres grands comique de l'electro devant l'éternel (Richie Hawtin, Ivan Smagghe, etc.), Pulsinger semble appartenir à la catégorie de ceux qui ne rigolent que lorsqu'ils se brûlent. Et sa série de 3 EP, Dogmatic Sequences, ici réunie, n'a pas amélioré son cas ou permis de plaider en sa faveur. Sa techno y est âpre, sèche, sans fioritures, les morceaux puisant leur sonorité et leur inspiration du côté de la source originelle, Detroit. Les BPM y cognent vite et forts. Le genre de disque qui vous rendra instantanément populaires auprès de vos voisins si vous décidez de l'écouter très fort un matin. Et pourtant, en ces temps de catastrophe économique mondiale, jamais cette techno n'a semblé aussi pertinente, rentrant parfaitement en symbiose avec un monde qui se casse la gueule avec fracas. La bande originale idéale pour BFM TV en quelque sorte. Les ruines industrielles de Detroit, qui ont inspiré les godfathers du genre, annoncaient celles du système capitaliste à sauce libérale que l'on vient de s'infuser durant 30 ans. Au milieu de cette brutalité (ne pas oublier que Detroit n'est pas seulement à l'origine de la techno mais a aussi été longtemps en pointe pour le nombre de meurtres par habitant), Patrick Pulsinger ménage cependant des moments de grâce jazzy, proches des travaux de Carl Craig et de son projet Innerzone Orchestra. Pure merveille de jazz funk électronique, City Lights (Pt. 2), produit avec l'aide de Richard Dorfmeister, sera ainsi la fleur qui pousse au milieu du terrain vague et l'annonciateur d'un futur plus rieur.

Patrick Pulsinger - City Lights (Pt. 2)


Dogmatic Sequences could be the perfect soundtrack for the actual economic crisis. In fact , Detroit techno announced it. But, despite its hard and dark sound, Dogmatic Sequences hold some space for feeric sequences like the excellent jazz funk track, City Light (Pt. 2), realised with fellow Austrian Richard Dorfmeister.

vendredi 6 février 2009

Armand Van Helden - New York: A Mix Odyssey 2 (Southern Fried Records - 2008)

Armand Van Helden fait son entrée dans la cour des grands en 1997 avec son remix du Professional Widow de Tori Amos, tube house de l'été à la ligne de basse démoniaque. Suivent deux efficaces morceaux breakbeat basés sur des samples vocaux de Redman (Ultrafunkula et The Funk Phenomena) et deux excellents morceaux house garage, You Don't Know Me et Flowerz, sortis tous les deux en 1999. Et puis plus rien, le gros coup de mou, le pédalage dans la semoule caractérisé. Tandis que ses grotesques tenues hip hop le faisait surtout ressembler à un clone d'Ali G, Armand n'a plus été capable que d'enchaîner merdes, foirades grotesques et mix ringards. Bref, on s'apprétait à définitivement l'oublier et à la faire rentrer dans la rubrique "Mais que sont-ils devenus les héros house de notre adolescence ?", lorsque soudain, sans crier gare et sans que l'on ne lui ait demandé non plus, notre Américano-indo-néerlando-franco-libanais préféré revient avec un formidable mix hip house, alternant classiques old school (Juice (Know The Ledge) d'Eric B & Rakim, tueries hip house oubliées (Let It Roll de Doug Lazy) ou non (I'll House You des Jungle Brothers), déflagrations acid house (This Is Acid de Maurice) ou electro (Don't Stop The Rock de Freestyle) le tout couplé à de nouvelles et très réussies compositions personnelles. En opérant un retour remarquable à ses fondamentaux et aux racines musicales à fortes connotations ghetto qui ont baigné sa jeunesse à la fin des 80's (le hip house, donc, mais aussi l'electro, la house chicagoanne du label Trax, etc.), Armand Van Helden retrouve l'inspiration qui l'avait quitté et se permet même de se poser en sérieux concurrent de Diplo au rayon ghetto house qui tue.



Armand Van Helden could legitimately be considered like an has-been. But with this fantastic hip house mix, he is an unexpected serious competitor for Diplo.


mercredi 14 janvier 2009

Kitsuné Boombox (Kitsuné - 2007)

De toute façon vous ne seriez jamais entré aux soirées Boombox (terminées depuis le 31/12/2007) et vous auriez connu l'humiliation suprême de vous faire tèje par un physio antipathique un dimanche soir pluvieux dans une rue de Londres. Jerry Bouthier, qui mixe cette compilation et oeuvrait comme DJ résident de la soirée, en a bien conscience puisque dans ses notes de pochettes il tente de s'expliquer sur la politique d'admission pour le moins sélective qui régnait au Hoxton Bar & Kitchen. "Ouais, vous voyez, machin, il faut que les gens fâsse un petit effort vestimentaire pour entrer, les gens doivent être tous dans la même vibe et le même trip, machin, etc." Comme quoi le racisme de classe pèse toujours un peu sur la conscience. Pour le reste, Jerry Bouthier est fidèle au cahier des charges Kitsuné: blog-house, electro rock, influences new wave et nu-rave. Ce n'est pas si mal mixé qu'on aurait pu le craindre, encore très actuel, avec un bon tracklisting (dont quelques poids lourds comme Chromeo, Feist, Daft Punk, Headman, The Glimmers, Digitalism et le revenant S'Express).

Kitsuné Boombox

Boombox is all over now and anyway you would have never been allowed to pass the door. A party can be organized by perfect exclusive and elitist assholes but can still produce good mixed compilations like this one.

samedi 3 janvier 2009

Gildas & Masaya - Paris (Kitsuné - 2008)

D'abord uniquement destiné au marché japonais, ce mix de Gildas & Masaya, Paris, est finalement disponible partout dans le monde et partout dans l'univers afin de répondre à la demande avide de fluokids en mal de bangers electro saturée et electro rock. Pourtant le packaging est hideux et le disque mixé à la truelle. Il faut dire que Gildas et Masaya, patrons du label Kitsuné et de la marque de fringue du même nom, jouent aux dj's en parfaits dilettantes, puisque de nos jours tout le monde, même ton patron, est un peu dj. Restent que nos compères ne sont pas à la tête de l'un des labels electro actuels les plus hype pour rien et ils ont utilisé leur important carnet d'adresse pour livrer une sélection impeccable, à défaut d'être correctement mixée. Pile dans l'air du temps, donc vite périssable, Paris reste encore comestible en ce tout début 2009. D'ailleurs, les ethnomusicologues pourront sans doute, en mettant la main sur ce disque dans une centaine d'années, se faire une bonne idée de ce qu'écoutait la jeunesse dorée du début du siècle. Soient quelques poids lourds (Hot Chip, The Chemical Brothers, Gossip, Fischerspooner), une poignée de seconds couteaux confirmés (Digitalism, Chromeo), quelques révélations récentes (In Flagranti, Does It Offend You, Yeah?, Cazals), le tout parfois remixé par les petits maîtres de la blog house (Cut N Rub, Crookers, Lifelike, Guns 'N' Bombs, autoKratz). L'écoute dans un salon à l'heure du thé sera donc assez difficile.

Gildas & Masaya - Paris

Exclusive mix only destinated to the japanese market, Paris is now largely available. Gildas & Masaya, Kitsuné bosses, clearly don't really know how to mix correctly, but they have at least the connections necessary to establish a banging tracklisting.

mardi 23 décembre 2008

Agoria - Go Fast (Pias - 2008)

Go Fast où comment un Lyonnais avec la tête de Benjamin "Ben" Linus (de Lost) vient par surprise assoir tout le monde par terre. A vrai dire, personne ne sentait trop le truc: les B.O. des films de ou produit par Luc Besson, même lorsque Massive Attack (Danny The Dog) et Archive (Michel Vaillant) s'y sont attelés, ont toujours été des foirades complètes. Avec le morceau d'ouverture, Tender Storm, on prend d'ailleurs un peu peur puisqu'il s'agit juste d'1 minute 21 de bruits d'ambient. La suite, Altre Voci, n'est apparemment pas mieux: 6'07 de claviers dans la même veine ambient que précédemment, de vocalises spectrales, avec un battement de coeur en sourdine et des grésillements. Et puis on réalise qu'il s'agissait juste d'une mise en bouche, d'une longue entrée en matière pour mieux cueillir à point l'auditeur. Et c'est Memole Bua qui s'en charge. Le genre d'odyssée techno qui rappelle soudainement pourquoi on a immédiatement aimé cette musique. Un beat 4/4 de grosse caisse et une longue montée agrémentée de nappes de clavier. Et la caisse claire qui attaque à 1'40 tandis que la ligne de basse se fait hypnotique. Putain que c'est bon!!! On est à peine remis, qu'Agoria nous assène Dust, petite merveille de deep house vocale avec un je ne sais quoi de classique (l'effet de l'orchestre de cordes sans doute), le genre de morceau que pourrait sortir Ben Watts sur Buzzin' Fly. Agoria réitère d'ailleurs l'exploit avec Solarized, beau comme du Hercules And The Love Affair. J'ai aussi envie de citer Eden, qui me rappelle le Landcruising de Carl Craig, tandis que Run Run Run le voit s'essayer avec succès à l'electro. Quant à Diva Drive, il s'agit juste du genre de banger dans le style de sa Onzième Marche que notre homme est capable de produire. Putain de ville, Lyon: tout le monde se foutait de sa gueule avec Raymond Barre et maintenant ils ont les Nuits Sonores, l'OL et Agoria. Jeu, set et match...

Agoria - Dust

French techno producer Agoria has surprised everyone with this soundtrack, for the movie Go Fast, which is a real techno masterpiece. Memole Bua, Dust, Run Run Run and Diva Drive deserve to be crown instantaneous classics.

vendredi 19 décembre 2008

Jazzanova - Of All The Things (Sonar Kollektiv/Verve - 2008)

Mine de rien, les Jazzanova s'installent parmi les acteurs les plus pertinents de la scène électronique actuellle. Leurs deux albums de remixes restent des indépassables du genre, leurs compilations rivalisent aisément avec celles de Gilles Peterson, et leur label, Sonar Kollektiv, loin de rester cantonner au downtempo ou au broken beat, a contribué a relancé la deep house avec des artistes comme Ame ou Dixon. Et comme de bien entendu, avec leur deuxième long format, Of All The Things, les Allemands frappent là où on ne les attend pas. Un peu comme Nuyorican Soul ou les 4 Hero l'avaient fait auparavant, les Jazzanova délaissent les beats destructurés ou l'electro à proprement parler pour une nu soul soyeuse, gorgée de cuivres enfiévrés, balayant tout l'éventail de leurs influences. Si Look What You're Doin' To Me pourrait être tirée d'un vieil album de Roy Ayers, So Far From Home feat. Phonte est très proche des productions de 9th Wonder ou d'un Kanye West, tandis que la brésilianerie Gafiera feat. Pedro Martins & Azymuth est largement au niveau du meilleur du label Far Out. Plus surprenants, certains morceaux s'avérent de parfaits petits joyaux de pop mélodique à la Sufjan Stevens (Lie feat. Thief) ou à la Antony And The Johnsons (Little Bird feat. José Bird). Excellent signe, loin de lasser ou de sembler aseptisé, l'album gagne en intensité à chaque nouvelle écoute. Bon ben, je crois que nous tenons là un sans faute énorme. Allez hop, directement dans mon top 2 de 2008 avec MGMT.

Jazzanova feat. Paul Randolph - Let Me Show Ya

I'm short of superlative for this record and this is a real surprise because I really didn't know what to expect from Jazzanova sophomore album. Far from the broken beat they've been known for, Of All The Things is a a nu soul and pop masterpiece.

vendredi 5 décembre 2008

Channel 4 - A Compilation Of Output Recordings (Output - 2005)

Devinette. Mon premier est l'un des labels qui a le plus contribué à la popularité de l'electro rock sur les dancefloors, avec quelques unes des sorties des groupes les plus représentatifs du genre. Mon second est playlisté par les DJs les plus pointus et hypes de la planète d'Ivan Smagghe à Erol Alkan. Mon troisième se permet d'exhumer des perles synth punk du tréfond des 80's. Mon tout est... Est ... DFA? Non. Kitsuné? Non. Car mon tout a fini par se casser la gueule en 2006 et mon créateur est revenu à un relatif anonymat. Réponse: Output, le label de Trevor Jackson. Channel 4 fût l'ultime volet des compilations sur CD du label avant le best-of sorti l'an dernier. Force est de reconnaître, à l'heure du triomphe fluo des Late Of The Pier, Klaxons et consorts, que l'ami touche-à-tout Trevor (son site internet le présente comme un designer, un DJ, un graphiste, un producteur) avait tout compris avant l'heure, annonçant une vague de fond qui a permis à de plus malins ou à de plus opportunistes de toucher le jackpot (Hotline de Loneshark ferait bien l'affaire sur Kitsuné Maison 18).

Loneshark - Hotline

Surfant sur tous les continents et les pays, de la France (Colder) à l'Allemagne (of course) avec Lopazz, en passant par la Suède (DK7), accueillant avec bienveillance les bargeots notoires (Maurice Fulton sous le psuedo de Mu) et exhumant une reprise synth punk de Prince de 1986 (Girls And Boys de Pankow), Channel 4 fait plus qu'encore tenir la route. Mieux même: avec le temps, la pause et la hype modeuse se sont déposés au fond du flacon, ne laissant en surface que de putains d'excellents morceaux.

Pankow - Girls And Boys

Now that all the hype is gone with the collapse of the Output label, Channel 4 makes me realise that Trevor Jackson just put out excellent electropunkrock music that perfectly stands the test of time.

mardi 18 novembre 2008

Festival Les Inrocks: Cut Copy, Kennedy, Late Of The Pier, Metronomy, Hot Chip (La Cigale - 16/11/08)

Je n'avais encore jamais vu autant de synthés sur scène au Festival des Inrocks. Celui-ci réunissait ce soir-là le nec le plus ultra de ce que l'on peut raccrocher à une mouvance nerd electro rock dont les maîtres à penser sont en vrac New Order, Daft Punk ou encore Devo.

Dès le début ça tape très fort. Sur disque, les Cut Copy se donnent beaucoup de mal pour sonner comme des New Order sous ecsta mais finissent surtout par ressembler à Erasure. En live, par contre, leur puissance sonore taillée pour les festivals fait trembler les murs. 30 petites minutes de set et déjà la fosse est agitée de mouvements de foule spectaculaires.

Du coup, lorsque Kennedy se pointe avec son pantalon moule poutre à paillette et ses choristes bourrées, une certaine stupeur envahit la salle. Rapidement la stupeur finit par laisser place à des sifflets. Ces sifflets finissent par couper le sifflet à Kennedy qui disparaît en plein milieu d'une chanson. Ses choristes l'attendent 5 minutes la bouche en cul de poule puis le rideau se rabat brusquement. Bon les Inrocks, faut arrêter maintenant avec Kennedy: deux années de suite ça fait peut-être un peu beaucoup.

Il ne fallait rien de moins que les Late Of The Pier pour relancer la soirée. Très attendu par les kids venus en masse, leur show énergique mais brouillon refait monter la température. Les Metronomy n'ont donc aucun mal à s'imposer même si leur show est un peu statique.

En fait, ce sont les Hot Chip qui suprennent. Minutieusement construit autour d'une instrumentation live et progressif comme un DJ set, leur dispositif scénique multiplie de façon exponentielle la puissance de leurs morceaux. Devenus méconnaissables ceux-ci sont métamorphosés en missiles pour dance floor qui retournent et atomisent littéralement La Cigale. D'ailleurs c'est bien simple: depuis LCD Soundsystem je n'avais jamais autant crié et dansé à un concert!!!


lundi 27 octobre 2008

Hercules And Love Affair - Hercules And Love Affair (DFA - 2008)

Ne vous laisser pas abuser par l'imagerie grecque de pacotille pour sauna louche. Hercules And Love Affair est la preuve que des groupes peuvent être profondément pédés sans tomber dans la pitrerie kitsch et camp à la Village People, Army Of Lovers ou Scissors Sisters. La culture gay à laquelle renvoit Hercules And Love Affair n'est pas celle de tafioles à plumes mais sent l'hédonisme, le stupre, la drogue, le disco, la house et la danse des années d'avant le sida, telles que les vécurent pas mal de new-yorkais sur la piste du Paradise Garage ou du Studio 54. Cet album parait même avoir été composé avec pour saints patrons Larry Levan, David Mancuso, Arthur Russell et les cadors (homos) de la house du début des années 90 (Frankie Knuckles, Junior Vasquez, David Morales). Les morceaux purement disco sont exceptionnels d'inventivité (les cuivres et le refrain de Hercules Theme, collant comme un chewing-gum, Raise Me Up qui se part de surprenants atours dub, l'irrésistible et tubesque Blind, les accents punk funk et jazzy de This Is My Love) mais ce serait être réducteur de réduire l'album au seul disco. La ligne de clavier plus classiquement house de You Belong rappelle irrésistiblement des groupes qui se terminaient par city (Inner City et Ten City) tandis que le neurasthénique Iris est du niveau de ce que sort Italians Do It Better. Les morceaux d'Andrew Butler bénéficient en fait de trois gros avantages. D'abord ce sont avant tout de putain de grandes chansons, très bien écrites. Ensuite, ce dernier reçoit un renfort de poids en Tim Goldsworthy, magicien avéré, qui s'occupe de la programmation des rythmiques. Enfin, les vocaux sont assurés par des interprètes de première, dont, excusez du peu, Antony Hergarty, qui a laissé ses Johnsons au vestiaire. Puisque arrive à grands pas l'heure des bilans de fin d'année, je me rend compte que ce disque est resté sur le haut de la pile depuis plusieurs mois. C'est tellement rare d'écouter un CD pluieurs fois de nos jours... Un treizième travail d'Hercule...

Hercules And Love Affair - You Belong




Astounding album. A must have for 2008, that will stand the test of time. Hercules And Love Affair is the proof that an overtly gay band can be something else than camp sissies.

Hercules And Love Affair - Blind



lundi 29 septembre 2008

Collection Automne (septembre 2008)

Mes quelques lecteurs me suppliaient depuis un moment déjà. Soit réaliste Zorba le Break, ton blog avec ses chroniques d'albums déjà sortis depuis 6 mois et de films asiatiques, personne n'en a rien à foutre et la majorité s'en bât même carrément les couilles. Non fait plutôt comme les autres: mets nous à disposition du cul et des morceaux subjectivement sélectionnés, bien commentés, pertinents, comme sur plusieurs millions d'autres blogs musicaux. Peu importe le genre et le style, on veut juste du son pour nos lecteurs MP3 affamés et voraces. Dont actes mes petits... Voici donc un premier essai en la matière avec pour unique fil conducteur le concept de disco sexy.

On va commencer sans subtilités aucune avec Tittsworth, prodige du Baltimore Club, le genre de musique de ghetto énervée basée destinée à faire se secouer du bassin et en général bassée sur uniquement deux breakbeats (c'est pas moi, c'est Wikipédia qui le dit http://en.wikipedia.org/wiki/Baltimore_Club): Sing Sing de Gaz, et Think (About It) de Lynn Collins.

Tittsworth - Broke Ass Nigga

L'efficacité n'a pas non plus été perdue de vue par DJ Koze qui se livre à un pastiche de Alan Braxe & Fred Falke avec son remix du Minimal de Matias Aguayo, qui envoie Kompakt danser à la fin des années 90 aux soirées Respect du Queen. Rien n'a été oublié, pas même le Radio Edit et ce titre devrait bientôt figurer en synchronisation avec les reportages de M6 sur comment vendre sa maison.

Matias Aguayo - Minimal (DJ Koze Maxi Version)

Puisque nous sommes au rayon French Touch, Sébastien Tellier constitue une magnifique passerelle entre les 1.0 et 2.0. Découvert par Air, notre dandy barbu se fait aujourd'hui tailler un costard électro saturé et fluo par Sebastian.

Sebastien Tellier - Sexual Sportswear (Sebastian Remix)

Après la French Touch 2.0, deux sous-genres se doivent d'être représentés de nos jours pour avoir l'air cool: la deep house et le néo kraut/cosmic/disco (rayer la mention inutile).

Côté deep house, c'est une fois de plus chez les Allemands et notamment du côte d'Innervisions que ça se passe, avec une aproriation electro du concept de super-groupe, pourtant souvent réservé au rock, pour un voyage tribal du côté de Detroit.

Ame, Henrik Schwarz, Dixon - D.P.O.M.B. (Version 2)

Pour le côté disco cosmique, la vérité vient du Nord avec ce long remix trippant de Dolle Jolle par Todd Terje, découvert sur le blog des Fluokids.

Dolle Jolle - Balearic Incarnation (Todd Terje's Extra Doll Mix)

That's all folks!!!

dimanche 14 septembre 2008

Simian Mobile Disco - Sample And Hold: Attack Decay Sustain Release (Wichita - 2008)

Les Simian Mobile Disco ont réussi un quadruple exploit:

- Devenir les producteurs (enfin surtout James Ford) parmi les plus capés et hype de la planète;
- Etre un des seuls groupes marquants de ces dix dernières années officiant dans le secteur, pourtant jadis porteur, des musiques électroniques;
- Etre aussi forts en live que sur disque (du moins paraît-il car je ne les ai, hélas, jamais vu);
- Réhabiliter avec succès le genre de l'album de remixes, en général peu propice aux chefs-d'oeuvre mais beaucoup plus aux bouses opportunistes.

Dans ce dernier domaine, je me suis amusé à essayer de dénombrer les albums vraiment réussis dans le genre et que j'écoute toujours. J'ai à vrai dire eu beaucoup de mal à trouver un titre. A part peut-être Jazzanova et l'album de remixes d'In Between, Remixed, je pense vraiment réussi. Ah remix, genre maudit, que de merde a-t-on assemblé à la va-vite en ton nom, fournissant des piges à des cachetonneurs de studio qui ne peuvent quand même pas être inspirés à chaque coup (n'est-ce pas les Masters At Work).

Pour tous ces vampires de la médiocrité, écouter Sample And Hold c'est convoqué l'ail et le crucifix. A cause du choix des remixeurs en faît, rares, pour le moins pointus, de bon goût et n'ayant pas encore dépassés la date de péremption en matière d'inspiration mais plutôt en pleine possession de leurs moyens. De Simon Baker, nouveau prodige anglais de la deep house, proche de Jamie Jones, à Invisible Conga People, nouveaux espoirs de DFA, qui envoient I Got This Down se promener du côté de The Orb et de Detroit au tournant des 90's. De Shit Robot, qui assaisonnent It's The Beat à la sauce electro rock à Joakim, qui fait danser l'electro boogie à Hustler. De Pinch, qui se livre au numéro dubstep de rigueur sur I Believe, à Cosmo Vitelli qui n'abandonne pas la pop sur Hotdog mais retrouve le sens du pied qui cogne. Du space disco de Wooden, parfait exercice de Danton Eeprom, à Love, dans la même veine de par les bons soins des Beyond The Wizard's Sleeve, alias Erol Alkan et Richard Norris. Ne reste plus que l'exercice d'electronica noisy des légendes ressucitées (Scott remixé par les mythiques et cultes new-yorkais de Silver Apples) et le portnawak de Chrome Hoof qui reprend Clock, on dira de façon assez absconce dans son approche, et le panorama de ce qui fait frétiller de joie l'internationale des dance-floors élitistes est complet.

Simian Mobile Disco don't satisfy themselves by being one of the best band around. They reinvent the remix album concept with a devastating selection of top notch remixers.

Simian Mobile Disco - Hustler (Joakim Remix)

mardi 9 septembre 2008

Shapes 08:01 - Compiled By Robert Luis (Tru Thoughts Recordings - 2008)

Avec une régularité de métronome suisse, selon une tradition maintenant bien établie et dans l'indifférence la plus totale, Tru Thoughts a sorti juste avant l'été sa compilation/collection de mi-saison, avant une prochaine livraison sans doute pour la fin de l'année. Pour le moment, comme heureusement encore quelques indépendants, le label anglais semble tirer son épingle de jeu en misant et restant fidèle aux genres qui le rendent si précieux aux yeux de ses aficionados: le trip-hop, la soul et le hip hop, avec pour point commun une qualité et une chaleur qui rendent le son Tru Thoughts immédiatement reconnaissable. Ce n'est pas pour rien que Radio Nova vient fréquemment piocher dans les références du label pour constituer sa playlist! Le seul problème des labels à l'image et au son aussi marquants est la difficulté pour les artistes qui y sont signés d'exister en tant que tels et à sortir du lot, aussi brillants soient-ils. Pour le moment seuls Quantic, Nostalgia 77 et Kylie August me semblent y être parvenus et Tru Thoughts et son sous-label Zebra Traffic sont encore à la recherche d'une signature hip hop qui dépasse l'anecdotique aimable. On se jettera néanmoins, à ces deux réserves près, avec gourmandise sur l'ensemble des titres de Shapes, d'autant qu'une bonne moitié sont des remixes inédits. Le Belly Full Of Lead d'Unforscene est une excellente mise en bouche trip hop, qui nous ramène au milieu des 90's, avant le très bon remix reggae d'Humankind d'Alice Russel par le revenant Grant Phabao. Le nouveau venu Milez Benjiman se lance, lui, dans un exercice de R&B un peu pute mais dansant avec Crazy 'bout Ya. Par comparaison Owusu n'a pas de mal à se distinguer en envoyant le Be Known de Up Hygh flirter avec le dubstep, preuve somme toute que le label sait aussi se renouveler, gardant un pied dans l'underground et un autre à l'Hôtel Costes. Pompougnac ne devrait ainsi avoir aucun mal à compiler le remix très deep house de It'll Come de Belleruche par les classieux revenants de Yam Who? Mais la vraie révélation est Kylie Auldist, chanteuse qui ne peut pas ne pas faire penser à Amy Winehouse. Tru Thoughts tient peut-être là sa véritable pépite. Une voix rocailleuse, des cuivres soul, une mélodie qui se fredonne sous la douche: avec d'autres titres du calibre de ce Community Service Announcement et dans un monde parfait , ce serait cette Kylie là qui donnerait des concerts dans les stades.

New compilation by the excellent label, Tru Thoughts Recordings. For this offering, Tru Thoughts keeps its basics and what made each of its references a must-have for crazy collector in mind: trip hop, soul and hip hop.

Kylie Auldist - Community Service Announcement

lundi 14 juillet 2008

Verve - Remixed 4 (Verve - 2008)

Passage obligé du temps où les disques se vendaient, l'album de remixes se fait de plus en plus rare. Il faut dire que le genre fût à l'origine d'un certain nombre de ratages assez consternants, surtout quand il s'agit de remixer des grands classiques du patrimoine musical afro-américain qui n'avaient rien demandés. Mes oreilles gardent encore des souvenirs douloureux d'une compilation de remixes foirés de Motown, d'une autre de remixes de Curtis Mayfield qui frisait le n'importe quoi, sans parler de celle de remixes de James Brown, lamentable. Seuls ou quasiment à échapper à ce marasme, en fait, les compilations initiées par Blue Notes ou, ce qui nous intéresse ici, par Verve sur sa série Remixed, qui en est à son quatrième volume. Sans doute parce-que les remixeurs ont préféré un léger relift, modernisant ou appuyant davantage la rythmique des morceaux, à une relecture complète. L'exercice aurait pû être plus intéressant mais aussi éminement plus casse-gueule et l'unité sonore du disque aurait pu être compromise. Le grand talent de Verve est aussi en fait d'avoir évité de confier ses morceaux immenses à des tâcherons de la house pouet pouet ou du lounge, préférant faire appel à des talents confirmés mais pas encore avariés. Avec un casting composé de Kenny Dope, Diplo, Pilooski, Psapp, Mocky, Antibalas, 9th Wonder ou encore les Cinematic Orchestra, il y avait peu de chances de se planter. Les divas du jazz (Dinah Washington, Nina Simone, Sarah Vaughan, Ella Fitzgerald) se font donc gentiment rajeunir (encore que l'on ne puisse pas réellement dire que leurs morceaux aient vieilli, mais plus qu'ils ont été faits il y a longtemps) tandis que les morceaux cramés tant ils ont été samplés (California Soul de Marlena Shaw, Everybody Loves The Sunshine de Roy Ayers) sont finalement assez finement revus par respectivement Diplo et 9th Wonder. Et, comme souvent, c'est en fait avec le moins que l'on en fait le plus, la réorchestration folk du I Get A Kick Out Of You d'Ella Fitzgerald par Cinematic Orchestra s'avérant être une petite bulle de bonheur.
A good remix of an absolute classic is pretty damn rare. But Verve, with their Remixed albums, succeed every time, thanks to a classy selection of top notch remixer.

samedi 14 juin 2008

Ed Rec - Vol III (Ed Banger Records/Because - 2008)

Jusqu'à il y a un mois, tout allait bien pour Ed Banger. Pedro Winter, boss du label, faisait même la une du Monde 2, consécration ultime pour le manager des Daft Punk. Avec Kitsuné et Institubes, son label était le fer de lance de la French Touch 2.0, imposant à nouveau le son français sur tous les dance floors de la planète et faisant de Pedro le king intouchable des branchés et de Paris. Et puis il a fallu un clip pour que tout bascule, celui illustrant le morceau Stress de Justice. Pas franchement plus choc que pas mal de videos de gangsta rap, Stress s'est retrouvé néanmoins au centre d'un débat franco-français bien clivant comme on les aime (en gros il y a les pours et les contres), débordant très vite des blogs et forums pour atterrir dans la presse nationale et sur les grandes chaînes de télé. Avec en sus une plainte bien démago du MRAP pour incitation à la haine raciale. Toujours est-il que ni Ed Banger ni Justice n'ont franchement sû se sortir de ce mauvais pas, visiblement pas franchement armés pour affronter une polémique de cette ampleur. Baignant dans son cocon de hype, de musique et de design, Ed Banger s'est pris la porte du réel en pleine gueule et c'est sûr que ça peut faire mal, surtout quand on considère le niveau global de réflexion intellectuelle actuel dans les médias grands publics en France. La troisième compilation du label, Ed Rec Vol III, était donc pas mal attendue histoire de se recentrer sur les fondamentaux: la musique. On retrouve toutes les caractéristiques du son Ed Banger: les influences 80's (le solo de guitare sur le Over The Top de Mr Flash, beau comme la B.O. d'un épisode de Supercopter), le hip hop (Murs, invité sur To Protect And Entertain de Busy P, les très surprenants DSL qui avec Find Me In The World signent le meilleur morceau de l'album, Uffie bien sûr, égérie du label et son Robot Oeuf qui ne fera néanmoins pas d'omelette), le hard rock (Dog de Sebastian permet de comprendre pourquoi le label se nomme Ed Banger) mais aussi la house filtrée (Minuteman's Pulse d'un Mr Oizo back to the 90's), le disco et on pourrait en citer plein d'autres comme celà. Bref que du bon et la preuve que si Pedro s'est pour une fois pris les pieds dans le tapis de la hype mal contrôlée, il a su préserver ses oreilles des sifflements.
In spite of the controversy surrounding the Stress Justice video, Ed Banger Records artists keep doing what they do the best: kicking ass electro, fused with hip hop, heavy metal, house and disco.

DSL - Find Me In The World