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dimanche 6 juillet 2008

Wiz Khalifa - Say Yeah

Est-on réellement obligé de se coltiner ça? Depuis une bonne décennie, les sorciers de studio américains ont bouleversé la donne en matière de production musicale, influençant durablement non seulement leurs genres de prédilection, le hip hop et le R&B, mais aussi plus globalement l'ensemble de la planète pop. Timbaland, The Neptunes, DJ Premier, Madlib et consorts ont donné de sérieux coups de pieds au cul à l'industrie musicale, bouleversant les canons du genre et gommant pour de bon la barrière entre mainstream et underground. Et puis, et puis... Eh ben un truc semble s'être cassé en route, puisque une dangereuse tendance se fait actuellement jour des les charts US, l'utilisation abusives d'atroces samples de tubes eurotrance et eurodance des 90's. Le principe est assez simple: récupérer des arpèges de synthé crispants et les poser en boucle sur une rythmique Dirty South. On en est au degré 0 de la création et de la production mais au degré 100 du cassage de burnes en règle. Say Yeah de Wiz Khalifa, que l'on doit à un certain Johnny Juliano (un neveu de Tony Soprano?), est même en celà un cas d'école. Le sample de cette bouse de Better Off Alone d'Alice Deejay (j'avais même oublié le nom de ces malfaisants) est tellement exaspérant et colle tellement à la tête que l'on a l'impression d'écouter une sonnerie de portable durant plus de 3 minutes. Mais putain y'a pas un enculé qui va se décider à décrocher ce putain de merde de téléphone!!! Et je sais ce que vous allez me dire: tu est trop vieux, si tu as plus de 15 ans tu ne peux pas comprendre et gnagnagan et gnagnagna. Mais merde à 15 ans j'écoutais EPMD, Eric B & Rakim, Public Ennemy, NWA et De La Soul!!! Y a quand même une nuance de taille avec Wiz Khalifa!!! Alors toi le jeune, qui s'apprête à télécharger Wiz Khalifa pour en faire une sonnerie pour ton portable, apprend qu'Alice Deejay était le fruit du cerveau malade d'une bande de Bataves blafards aux noms imprononçables et grotesques (Alice Pronk, Sebastiaan Molijn, Eelke Kalberg, DJ Jurgen, Dennis van den Driesschen , Wessel van Diepen, Pronti et Kalmani), qui s'en sont mis plein les fouilles avec leur tube pourri, écoulé à plusieurs millions d'exemplaire et martelé en boucle dans les boîtes les plus ringardes de l'hexagone (il me semble l'avoir entendu au Macumba de Saint Julien en Genevois et à la Mare au Diable d'Hérouville Saint Clair). Tous sont maintenant devenus des has-been quadragénaires bedonnants et il ne serait pas opportun de les enrichir plus avant.
Based on an annoying sample of Alice Deejay, Say Yeah is the absolute proof that something is going wrong in hip hop. Jay Dee please come back !!!

Wiz Khalifa - Say Yeah

mardi 10 juin 2008

Lil Wayne - That Carter III (Cash Money Records/Universal Motown - 2008)

Lil Wayne est très loin d'avoir le même pédigrée que la plupart de ses confrères du hip hop américain. Au lieu du parcours "classique" (enfance dans une famille mono parentale, embrouilles dans la rue, deal de drogue, prison puis rédemption via le hip hop), Lil Wayne, de son nom de baptême Dwayne Michael Carter Jr a été signé à l'âge de 13 ans par ses patrons actuels, Brian "Baby" Williams et Ronald "Slim" Williams sur Cash Money Records pour jouer les seconds rôles sur la scène rap de la nouvelle Orléans. Son quart-d'heure de gloire semble sonner avec le succès des Hot Boyz, le groupe qu'il forme en 1997 avec Turk, Juvenile et B.G. et qui s'impose très rapidement dans les charts US, faisant de Cash Money le successeur de No Limit et initiant la vague du rap sudiste, dont on attend encore aujourd'hui le reflux. Le groupe explose rapidement après trois albums et la carrière solo de Lil' Wayne ne décolle pas vraiment à la hauteur de ses prétentions, le renvoyant à son rang et statut de second couteau alors que notre jeune homme se rêve de la stature d'un Nas, d'un Jay-Z ou encore d'un Snoop Dogg. Aspirant à rien de moins que le titre de "plus grand rappeur vivant", Lil Wayne se lance alors, consciemment ou pas, dans l'un des plus formidables hold-up du hip hop des années 2000: puisque le monde du hip hop ne veut pas de lui, il va devenir litérallement le monde du hip hop à lui tout seul. En quelques années, avec une force de travail et une constance dans l'inspiration qui force le respect, Lil Wayne a sorti ou est apparu plusieurs centaines de morceaux sous toutes les formes (mixtapes, remixes, albums solo ou avec Baby) saturant litérallement le marché, gagnant une réelle popularité et ses galons de superstar. Tha Carter III était donc attendu comme le messie du renouveau du hip hop. Rien que la photo de bébé sur la pochette est gonflée, plaçant stylistiquement Tha Carter III sur les traces du Ready To Die du Notorious B.I.G. et du Illmatic de Nas. Ne vous attendez pas cependant à la même claque. Tha Carter III est bon album de hip hop mais qui contrairement à ceux d'un autre et illustre Carter, marquera moins l'histoire du hip hop pour ses qualités intrinséques que pour l'incroyable charisme de son auteur. Lil' Wayne est surtout désormais une putain de rockstar, avec un flow particulier et immédiatement reconnaissable comme celui des plus grands et est capable de fulgurances verbales comme peu. Après on lui pardonnera donc le côté ouvertement FM des choeurs sur pas mal de ses morceaux, ne serait-ce que par qu'il sait contrebalancer des duos avec Babyface comme T-Pain avec le conceptuel Dr. Carter, le très efficace Lollipop ou l'infernal A Milli. Bienvenue en première division Lil Wayne. A toi d'y rester.

You probably already know everything about Tha Carter III. So what's the point?


Lil Wayne - A Milli

dimanche 8 juin 2008

Sage Francis @ Villette Sonique, 8 juin 2008, Paris

Après plusieurs jours de météo pourrie, le soleil semble enfin vouloir faire une timide apparition et la température devient plus clémente. Le temps idéal pour aller flâner avec femme et enfants au Parc de la Villette et profiter du festival Villette Sonique. D'autant que Sage Francis est de passage à Paris et que le boss du label Strange Famous Records bénéficie d'une excellente réputation scénique. La première partie est assurée par B. Dolan, gros nounours à la dégaîne de biker (barbe et crâne rasé) pour un rapide show qui fait le grand écart entre hip hop dark d'obédience East Coast et le barnum où vêtu d'une magnifique et seyante combinaison blanche à pattes d'éléphant notre homme tente, entre trois vannes foireuses, de battre son record personnel de saut par dessus d'un ampli de retour. Le public est bon enfant, apprécie et est chaud bouillant pour l'arrivée de Sage Francis, poids lourd, au propre comme au figuré, du hip hop backpacking. L'homme est définitivement un O.R.N.I: un Objet Rapologique Non Identifiable, à mille lieux des clichés hip hop. Farouchement indépendant, plutôt engagé politiquement, fortement ancré dans l'expérimentation, son répertoire se référe autant au hip hop old school, qu'à la house (le sample du Pump Up The Volume de M/A/R/R/S utilisé sur Civil Obedience), la country (Johnny Cash bien sûr, qui semble gagner ces derniers temps ses galons d'OG parmis le milieu hip hop) ou plus classiquement le rock alternatif. Son univers n'est ainsi pas forcément des plus immédiatement accessibles mais a néanmoins le mérite d'être réellement personnel et surtout délaisse le jus de cerveau pour ne pas oublier l'essentiel: un bon morceau de rap n'est rien sans un gros beat qui tue. Malgré une mise en scène pour le moins minimaliste (un lecteur CD pour jouer ses instrus et un micro) et semble-t-il assez handicapé par son poids pour bouger, Sage Francis, loin du minimum syndical de pas mal de poids lourds ricains dès qu'ils traversent l'Atlantique, a su assurer un excellent show d'une bonne heure, prouvant ainsi qu'il est sans doute le meilleur rappeur blanc barbu du circuit.
Sage Francis, accompanied by his Strange Famous Records label mate and showman B. Dolan made an impressive show at Villette Sonique outdoor festival in Paris.

samedi 31 mai 2008

Kurtis Blow - The Breaks

Rendons à César ...
Give back to Cesar ...