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mercredi 3 juin 2009

Brother Ali - The Truth Is Here (Rhymesayers - 2009)

Eddy L. Harris pointait dans le dernier numéro des Inrocks: "A Paris, je suis ce que je ne suis pas dans le pays qui aurait pu être le mien. A Paris, je suis écrivain-noir, mais écrivain. A Paris, je suis américain-noir, mais américain. A Paris, je suis tout simplement. Aux Etats-Unis, je reste avant tout et pour toujours un Noir". Quel effet cela fait donc d'être albinos dans ce pays où la question raciale est centrale et fondamentale, effet Obama ou pas? Avec son nom de scène ouvertement musulman, Brother Ali, bien que blanc albinos, a souvent été pris pour un Noir. Une brutale et saisissante traversée du miroir... Des livres ont été écrits sur ce thème (Dans La Peau d'Un Noir de Griffin). Un sinistre genre musical est même né du postulat inverse (le Minstrel, des blancs grimés chantant comme des Noirs). Le pigment de sa peau ne pouvait, avec un tel atavisme et en aucun cas, faciliter la vie de Jason Newman. A sa place nulle part, soumis aux quolibets de son entourage, du moins d'après sa bio sur Wikipédia, Brother Ali avait toutes les qualités requises pour devenir au choix toxico, motard ou punk. Il a choisi une voie encore moins facile et plus singulière: rappeur underground dans le sillage d'Atmosphere (c'est d'ailleurs Ant qui signe ses instrus). Voilà donc un albinos qui tente de percer dans un genre archi-dominé par les Noirs mais dont le public est essentiellement blanc. Et pourtant, il y a peu de trace de colère, de haine ou de ressentiment dans ses textes. Plutôt une force de conviction peu commune et de la substance. Du coup, le bonhomme s'est, en deux (très bons) albums (Shadows On The Sun et The Undisputed Truth), trouvé une place de choix dans la playlist des backpackers. Place qu'il devrait garder tranquillement au chaud avec The Truth Is Here, excellent EP compilant inédits et raretés. Le DVD live qui l'accompagne, est lui réservé aux fans hardcore et ne présente pas un réel intérêt.

Brother Ali - The Truth Is Here

Brother Ali can be qualified as one of the best actual underground rapper. Discovered at the beginning of the 00's by Atmosphere, the life of this blind albinist has never been a piece of cake. And this is mainly what is music is all about. Surprisingly, you don't feel the anger you can find in the work of others born white-trash rappers (Eminem, Bubba Sparxxx and co.)

dimanche 3 mai 2009

Ugly Mac Beer Invasion II - Happy...Doomsday ! (Mixtape - 2009)

Puisque ces derniers jours j'ai cité dans chaque post le nom d'Ugly Mac Beer, autant signaler cette mixtape non officielle de MF Doom dont il est l'auteur. Légende vivante, symbole ultime du hip hop backpacking (le genre qui ne fera pas vraiment votre copine et dont l'auditoire est à 90% masculin et plutôt blanc), MF Doom a multiplié les projets, les apparitions et les pseudonymes depuis son apparition au mitant des années 90 (Viktor Vaughn, King Geedorah, Madvillain (son projet avec Madlib), Dangerdoom (son projet avec Danger Mouse), GhostDoom ou encore Metal Fingers, son projet instrumental) mais sans jamais quitté un masque de métal d'opérette qui cache son véritable visage. Ugly Mac Beer réalise avec Happy...Doomsday ! un excellent florilège de l'oeuvre protéiforme du super-héro du hip hop. Bien sûr, les amateurs ont déjà plusieurs de ses albums et il y a peu ici de morceaux inédits, tout juste un remix de Hoe Cakes et un autre de Datura Stramonium. Mais ils pourront toujours se ratrapper en se livrant au grand jeu du blind test en tentant de deviner de quel album chaque morceau est tiré.

Ugly Mac Beer Invasion II - Happy...Doomsday !

MF Doom is a true underground legend. His mixtapes are pretty rare and this one must not be neglected, even if is not very rich with unreleased material.

samedi 2 mai 2009

Chinese Man records - The Groove Sessions Vol. 2 (Chinese Man Records/Differ'ant - 2009)

J'en vois déjà qui frémissent: non seulement les chinetoques nous piquent notre boulot, nous fourguent du lait frelaté à la mélanine, nous empoisonnent avec leurs nems au rat malade, humilient notre bon Président en nous prenant pour des nains géopolitiques, mais en plus ils se mettent à nous faire danser. Holà, doucement, calmez-vous: Chinese Man records n'est pas plus la cinquième colonne de la Chine comuniste que le Wu-Tang Clan n'est constitué d'acteurs de la Shaw Brothers reconvertis. Chinese Man records a ses racines ancrées dans le pastis, la pétanque, le mistral et le Panier et la dégaine tranquille de bobos marseillais. Pendants sudistes d'Ugly Mac Beer et de Mister Modo, dont je parlais hier, les trois producteurs du collectif (Zé Mateo, Sly et High Ku), revendiquent leur filiation avec la galaxie abstract hip hop, le rap east coast des 90's et son pendant plus récent de la côte Ouest (les galaxies Quannum et Stones Throw), avec une petite pointe de sono mondiale (baile funk, afrobeat, bollywood) pour épicer les samples. Sur le Volume 2 de leurs Groove Sessions, nos compères enrichissent leur répertoire et la recette déjà utilisée sur le Volume 1, n'hésitant plus à faire appel à des rappeurs, inconnus au bataillon, (CYPH4 sur Post Trauma, White Jive sur Ordinary Man, Plex & Lush One sur Batteries Not Included, Franco sur Our Time) avec en guise de cerise sur le gâteau, un remix de DJ Sandrinho de l'africanisant Ayoyo Na Macumbinha et, comble du luxe, un remix réalisé pour Femi Kuti (Day By Day). Que du bon.

Chinese Man - Ayoyo

Chinese Man records is a French southern collective of producers and a record label from Marseille. Largely influenced by the classic boom bap hip hop of the 90's and by the californian abstract hip hop school (Quannum, Stones Throw), they dig deeper this time with strong bollywood, african and bresilian samples.

vendredi 1 mai 2009

Mister Modo & Ugly Mac Beer - Modonut (Kif Records - 2009)

Artificiers malicieux du sample et du beat qui frappe, Mister Modo et Ugly Mac Beer reprennent les choses là où les compilations Source Lab, Headz et la première vague French Touch les avaient laissées: un abstract hip hop malicieux, inventif et léger. Il faut dire que toute cette école de producteurs biberonnée à l'époque dorée du hip hop east coast (DJ Premier, Prince Paul, Pete Rock, Large Professor, RZA) et très influencée par ses descendants plus contemporains (Madlib, Jay Dee, 9th Wonder, Kanye West, Just Blaze) avait faillit être balancée avec l'eau du bain de l'infâme vague lounge et ses compilations de limonadiers. Pourtant, il y a fort peu de risques que Mister Modo et Ugly Mac Beer se soient hasarder à aller prendre leur petit déjeuner à l'Hôtel Costes en compagnie de Stéphane Pompougnac, trop occupés à fumer des tarboules dans leur studio en écoutant des BO de porno des 70's ou des albums de MF Doom. Modonut, très largement playlisté par Radio Nova ces derniers mois, remplit donc complètement son contrat entre nu soul, grâce à la formidable voix de Jessica Fitoussi, hip hop, avec le renfort d'El Da Sensei, Mike Ladd et Kancick, breakbeat et interludes rigolos (Dernier Verre notamment, avec un clône vocal d'Edouard Balladur). Pas vraiment révolutionnaire pour un 1er mai, Modonut reste néanmoins très largement satisfaisant pour chiller au soleil après la manif.

Mister Modo & Ugly Mac Beer feat. Jessica Fitoussi - Not Afraid (7inch Version)

Mister Modo and Ugly Mac Beer are two French producers largely influenced by the east coast hip hop classic sound of the 90's. Between nu soul, hip hop and breakbeat, Modonut reminds the time of the Source Lab and Headz compilations.

mardi 28 avril 2009

Common - Universal Mind Control (Geffen - 2008)

Mais pourquoi ont ils été aussi méchant avec mon Commonounet? Laminer son dernier album comme un Wiz Khalifah de base. Sous le fallacieux prétexte que notre homme aurait succomber à de vagues sirènes commerciales pour se faire un peu de cash, faisant appel à des requins de studio considérés comme frelatés après voir été vénérés comme des demi-dieux (The Neptunes). Comme si notre homme n'avait pas le droit d'un peu s'amuser. C'était même tout le propos de Universal Mind Control: se préoccuper de cul et de danse, relâcher un peu la pression après avoir porté sur les épaules la (mauvaise) conscience du hip hop pendant plus de 15 ans. Et puis qu'est-ce que voulait la critique: un nouvel Electric Circus? Notre homme serait désormais sans contrat s'il avait persisté dans cette voie expérimentale. Là, par contre, ce serait soi-disant incompréhensible que notre homme se fasse lourder par son label. Son Punch Drunk Love, avec Kanye West, est dans la lignée des récents succès digitaux du bonhomme. Make My Day, dansante production de Mr. DJ avec Cee-Lo, pourrait être issu du prochain album d'Outkast, groupe auquel personne ne casse pourtant les couilles (Hey Yah, c'était peut-être du Rakim?). Et puis, je trouve que The Neptunes sont ici plutôt en forme. Visiblement, s'ils avaient gardé leurs chutes de studio les plus merdiques pour Madonna, ils ne se montrent pas chien avec Common et lui livrent même leurs meilleures prods depuis un petit bout de temps, même s'ils leur arrive de radoter encore un peu(le très punk funk What A World sonne quand même un peu trop comme un remake de Say Good Bye To Love, produit pour Kenna). Et puis merde alors: une fois de plus Common prend de vrais risques: Everywhere, avec Martina Topley-Bird, est ainsi un pur morceau de liquid drum&bass, que l'on jurerait tiré du catalogue du label Hospital et ce n'est quand même pas toujours que l'on emploie le qualificatif de punk funk pour écrire sur un album de rap. La plupart des morceaux, en allant flirter allégremment avec la pop indé, lui aliènent le public hip hop traditionnel, assez conservateur dans l'ensemble, tout en restant éloigné des canons qui plaisent à coup sûr au grand public. Et si Common, tout bien considéré, nous avait refait le coup d'Electric Circus?

Common feat. Martina Topley-Bird - Everywhere

Universal Mind Control has been coldly received, especially by critics. In fact, it's an album impossible to classify easily. If its root are undoubtely hip hop, Common ventures here into territories not often associated with american rap: punk funk, indie pop or drum&bass. With this experimental twist, Universal Mind Control is certainly the most experimental try of Common and the closest to Electric Circus, which was certainly not the aim at the beginning.

dimanche 5 avril 2009

Disco Juice - Volume 2 (Counterpoint Records - 2002)

Autres temps, autres moeurs: alors que le volume 1 de la série Disco Juice, explorait la face purement disco du label new-yorkais underground P&P, le volume 2 témoigne des mutations du genre à l'aube des 80's. The Groove I'm In de Florence Miller se rapproche ainsi davantage de la tradition soul tandis que le hip hop fait son apparition, le plus souvent en apposant un rappeur sur des instrumentaux classiques du label. Willie Wood & Willie Wood Crew collent ainsi leur rap old school sur le dévastateur Johnson Jumpin' de Johnson Products, pour un résultat qui égale en efficacité le classique Rapper's Delight de The Sugarhill Gang. Le même Johnson Jumpin' est aussi remixé façon dub par Super-Jay et devient le Super- Jay Love Theme. La production se fait par contre beaucoup plus electro sur Game Of Life de Lavaba & E. Mallison, ne retenant du disco qu'une énorme ligne de basse mixée en avant et servant d'ossature du morceau. C'est à Cloud One que revient l'honneur de clôturer le disque avec Dust To Dust, une ballade jazzy aux claviers omniprésents, un peu dans la veine de ce que faisait Roy Ayers à l'époque.

Willie Wood & Willie Wood Crew - Willie Rap


Disco Juice Volume 2 is as good as Volume 1 but slightly different, exploring the mutation of the P&P sound at the end of the 70's and the beginning of the 80's toward classic soul, electro and hip hop.

samedi 28 mars 2009

Rev. Shines - Mass Education For Your Ears (Mass Corporation - 2007)

Mass Education For Your Ears peut être opportunément qualifié d'album de breaks. Rev. Shines a soigneusement consulté les samples crédités dans les notes de pochettes de ses albums de hip hop favori, a déniché les morceaux originaux et nous livre avec le tout cette parfaite mixtape: ça balançe, ça swingue, ça soul et jamais ça ne saoule. Les plus acharnés des crate-diggers ou des trainspotters joueront au grand jeu du blind test et tenteront de retrouver le nom des classiques ayant inspiré ce mix (le jeu consiste à retrouver le samplé ET le sampleur, avec le noms des morceaux et des albums bien sûr, l'année de sortie pouvant être utilement exigée en fonction du niveau des joueurs). Pour ma part, si au moins 50% des morceaux me font effectivement penser à quelque chose (mais putain, où est-ce que j'ai déjà entendu ça?), j'ai eu la flemme de faire le job pour vous en explorant mes skeuds et mp3. Il me semble juste que les amateurs d'A Tribe Called Quest, Black Sheep, Common, Pete Rock ou du Wu Tang Clan ne seront pas deçus, d'autant que Rev. Shines glisse quelques indices dans le nom des morceaux (Tribal Era, Sheepish, Quannum Leap, etc.). Il faut dire aussi que j'étais pas mal occupé à tout simplement écouter cette tape, absolument parfaite dans le genre.

NB: Pour les amateurs, une visite sur le site de Mass Corporation s'impose, tant les trésors à charger pour votre IPod y sont nombreux: http://masscorporation.com/

Rev. Shines - Tribal Era

This breaks mixtape is just perfect: Rev. Shines digged in his hip hop collection, collected the names of the samples, found the original records and mixed it up with his little magic fingers. Brilliant work.

dimanche 22 mars 2009

Ludacris - Theater Of The Mind (Disturbing Tha Peace/Def Jam - 2008)

Christopher Brian Bridges, alias Ludacris, a tout réussi, ou presque, sur l'échelle de la réussite hip hop bling bling. D'abord simple animateur radio, il est signé sur Def Jam en 2000 et s'est depuis fait des coucougnettes en or en engrangeant les tubes platinés, se forgeant une image de rappeur sympa, marrant et doué. Ce charisme l'a très vite propulsé sous les feux de la rampe hollywoodiens, Luda enchaînant les tournages, surtout dans des navetons à gros budgets. Mais bon, tout cela ne suffit pas à notre homme, qui ne s'estime pas reconnu à sa juste valeur par ses pairs et les amateurs de hip hop. Loin de se contenter de son image d'un rigolo doué du micro, Ludacris se rêve l'égal d'un Rakim ou d'un Biggie Small et de marquer l'histoire du hip hop par son flow et ses textes autant que par ses ventes. Theater Of The Mind transpire de cette ambition par tous les pores. Seul problème, sans doute tenaillé par la peur d'un échec qui remettrait en cause son côté bankable, Ludacris ne prend aucun risque et s'invente un nouveau style, le rappeur Benetton, qui réserve un morceau pour chaque segment d'un public hip hop uniquement perçu comme un assemblage de niches à conquérir. Les gonzesses et les radios en ont donc droit à des featurings de T-Pain, Chris Brown, Plies ou Jamie Foxx. Les gangsters sont eux abordés grâce au concours de T.I., Lil Wayne, The Game ou Rick Ross. Quant aux backpackers, Ludacris compte sur une prod de Primo (MVP) et une autre de 9th Wonder (Do The Right Thang) pour se faire une place dans leurs IPod. Et histoire de cimenter son statut, Ludacris se paie les services des meilleurs rappeurs actuels (Nas, Jay-Z et Common) pour des featurings de luxe, histoire de démontrer qu'il en a une aussi grosse qu'eux et qu'il en faut plus pour le déstabiliser. Faire appel à The Runners, Don Cannon, les Track Masters, Streerunner, Rodney "Darkchild" Jerkins, Swizz Beatz, Scott Storch pour ses productions, c'est l'assurance d'avoir un album gavé jusqu'à la gueule de tubes, mais aussi formaté qu'un épidsode de Dr House. C'est séduisant, on s'y laisse prendre, mais on l'oublie aussitôt. Dommage pour Luda, mais le hip hop est comme un sport extrême: sans prise de risque minimum, on n'arrive à rien. Theater Of Mind ne sera pas ce grand album malade qu'on aurait pu attendre de lui.

Ludacris - MVP

With an all stars cast of producers and featurings, Theater Of The Mind was supposed to consolidate Ludacris print in hip hop. Unfortunately, by avoiding to take any risks, Ludacris stormed undoubtely the charts but certainly not hip hop history.

samedi 7 mars 2009

Q-Tip - The Renaissance (Universal Motown - 2008)

J'ai mis un sacré bout de temps à oser écouter ce disque, le laissant reposer en paix à côté des mes enceintes. La faute à Q-Tip aussi. Un album solo de Q-Tip, c'est l'équivalent d'un album solo de John Lennon pour un fan des Beatles. Sauf que là je suis suffisamment grand pour vivre en direct la légende. Et ça, on l'a peut-être un peu vite oublié. A Tribe Called Quest fût sans le sinon l'un des plus grand groupe de l'histoire de la musique pop en général, avec 5 chefs-d'oeuvre au compteur, soit la totalité de leur discographie: People Instinctive Travels And The Paths Of Rythm (1990), The Low End Theory (1991), Midnight Marauders (1993), Beats, Rhymes And Life (1996) et The Love Movement (1998). Du coup, lorsque le groupe a éclaté, j'ai suivi un peu inquiet leurs différentes aventures solo, toutes honorables, loin d'atteindre le niveau de leur splendeur passée et de toute façon pas forcément bien accueillies par leurs labels respectifs. Q-Tip, lui-même, vit plusieurs de ses projets refusés par plusieurs directeurs artistiques aux oreilles bouchées et a plutôt galéré pendant près de 10 ans jusqu'à cet an de grâce 2008, au cours duquel le miracle est arrivé: The Renaissance est sans doute l'un des meilleurs albums de hip hop des années 2000 avec un Q-Tip au sommet de son art, que ce soit en tant que producteur ou rappeur. En tant que producteur unique (à l'exception de Move, signé J. Dilla), sans inventer radicalement de nouvelles formes, il parvient à transcender ce qu'il sait faire de mieux: un soin important apporté au renouvellement des ryhthmiques, une construction délicate des morceaux avec une sélection habile et discrète de samples soul et des refrains accrocheurs s'inscrivant immédiatement dans la mémoire collective. S'appuyant sur quelques invités de luxe (Raphael Saadiq, Amanda Diva, Norah Jones, le revenant D'Angelo), Q-Tip le rappeur parvient à recréer la magie d'antan: son timbre nasillard et sa cadence sont intacts, alternant acrobaties verbales (Dance On Glass), commentaires sociaux, réflexions sur les relations entre hommes et femmes (Manwomanboogie) et ode à Obama (Shaka).

Q-Tip - Gettin' Up

After nearly ten years of label drama and several projects shelved by deaf AR's, Q-Tip reinvent himself at his best with The Renaissance, which is closed in quality to what A Tribe Called Quest was doing.

samedi 7 février 2009

Jean-Jacques Perrey - E.V.A. - The Best Of (Ace Records - 1997)

Jean-Jacques Perrey c'est d'abord un tube, E.V.A., ovni intemporel, séminal et psyché composé en 1970. Samplé et remixé à outrance, utilisé à toutes les sauces comme synchro dans un paquet de pubs, E.V.A. fût avec le Psyché Rock de Pierre Henry et quelques morceaux de Gainsbourg, le morceau français qui eut le plus d'influence sur le cours de la musique pop jusqu'à l'avénement de la French Touch. Artiste pionnier et visionaire, Jean-Jacques Perrey puisa dans les nouvelles technologies (les premiers synthétiseurs Moog l'Ondioline) la matière première à ses créations. Le potentiel technologique de l'instrument y fait jeu égal dans le rendu final avec le talent du musicien, ce qui est profondément novateur pour l'époque. Si l'on peut rejouer les morceaux des Beatles à l'harmonica ou au balafon sans perdre leur richesse harmonique, la musique de Jean-Jacques Perrey s'installe dans une autre dimension, le fond étant indissociable de la forme. Une barrière était franchie et nous y sommes encore: une partie importante de la musique pop est aujourd'hui complétement conditionnée par les possibilités technologiques des plug-ins utilisés pour sa production.

E.V.A. fût aussi, subjectivement, le seul morceau vraiment génial de Jean-Jacques Perrey. Le reste de son oeuvre, du moins pour ce que l'on peut en juger dans ce florilège, oscille entre le très bon, le sympathique, le kitsch et le plus anecdotique, reflétant les modes et les goûts de son époque (épopée spatiale, futurisme, psychédèlisme, confort petit bourgeois des 30 Glorieuses), même si son influence musicale et esthétique (les Beastie Boys plagièrent ainsi la pochette de The In Sound From Way Out ! pour leur propre album instrumental homonyme) sur les scène electro et hip hop reste indélébile et évidente.

Jean-Jacques Perrey - E.V.A.

Jean-Jacques Perrey, 30 years before the French Touch, stormed the world by surprise with E.V.A., which has been massively sampled since then. After a quick search on The Breaks (http://www.the-breaks.com/search.php?term=perrey&type=0), the following songs include at least a sample of E.V.A.:

- A Tribe Called Quest - Same Ol' Thing
- Arianna Puello ft Mucho Mu - A Por Todas
- Artifacts - Lower the Boom
- DJ Spooky - Galactic Funk
- Dr. Octagon - 3000
- Erick Sermon - Freak Out
- GangStarr - Just to Get a Rep
- House of Pain - Fed Up
- Ice T - The Lane
- Kwest tha Madd Ladd - Skin Care
- Lord Finesse - Game Plan
- Monstarrs - Hit 'em High
- OGC - No Fear
- OPM - El Capitan
- Young Black Teenagers - Blowin' Up the Spot
- Youngstas - It'z Natural

vendredi 6 février 2009

Armand Van Helden - New York: A Mix Odyssey 2 (Southern Fried Records - 2008)

Armand Van Helden fait son entrée dans la cour des grands en 1997 avec son remix du Professional Widow de Tori Amos, tube house de l'été à la ligne de basse démoniaque. Suivent deux efficaces morceaux breakbeat basés sur des samples vocaux de Redman (Ultrafunkula et The Funk Phenomena) et deux excellents morceaux house garage, You Don't Know Me et Flowerz, sortis tous les deux en 1999. Et puis plus rien, le gros coup de mou, le pédalage dans la semoule caractérisé. Tandis que ses grotesques tenues hip hop le faisait surtout ressembler à un clone d'Ali G, Armand n'a plus été capable que d'enchaîner merdes, foirades grotesques et mix ringards. Bref, on s'apprétait à définitivement l'oublier et à la faire rentrer dans la rubrique "Mais que sont-ils devenus les héros house de notre adolescence ?", lorsque soudain, sans crier gare et sans que l'on ne lui ait demandé non plus, notre Américano-indo-néerlando-franco-libanais préféré revient avec un formidable mix hip house, alternant classiques old school (Juice (Know The Ledge) d'Eric B & Rakim, tueries hip house oubliées (Let It Roll de Doug Lazy) ou non (I'll House You des Jungle Brothers), déflagrations acid house (This Is Acid de Maurice) ou electro (Don't Stop The Rock de Freestyle) le tout couplé à de nouvelles et très réussies compositions personnelles. En opérant un retour remarquable à ses fondamentaux et aux racines musicales à fortes connotations ghetto qui ont baigné sa jeunesse à la fin des 80's (le hip house, donc, mais aussi l'electro, la house chicagoanne du label Trax, etc.), Armand Van Helden retrouve l'inspiration qui l'avait quitté et se permet même de se poser en sérieux concurrent de Diplo au rayon ghetto house qui tue.



Armand Van Helden could legitimately be considered like an has-been. But with this fantastic hip house mix, he is an unexpected serious competitor for Diplo.


dimanche 18 janvier 2009

Kanye West - 808s & Heartbreak (Roc-A-Fella/Def Jam - 2008)

Bon tout le monde a un point de vu sur ce nouvel album de Kanye West et toutes les gazettes en ont parlé. Je ne vais donc pas en rajouter une louche, vu que je ne vois vraiment pas ce que je pourrais écrire d'original sur le sujet, juste qu'il est difficile de passer à côté, au moins pour se faire sa propre idée sur l'objet. D'ailleurs, la plupart des commentaires sont assez manichéens: 808s & Heartbreak est soit un chef d'oeuvre, soit une grosse bouse. Il reste en tout cas hautement original dans le hip hop actuel, à tous les points de vue.

Kanye West - Heartless

Everybody has already writtent something on it or have an opinion on it. It's just really difficult not to mention it.

mercredi 24 décembre 2008

Yo Majesty - Futuristically Speaking...Never Be Afraid (Domino - 2008)

Le hip hop est un milieu vachement conservateur. La vision hip hop de la norme est un peu différente de celle communément admise dans le reste de la société mais en fait pas si éloignée que ça: une hypertrophie machiste, où l'appât du gain et le lucre règnent en maître, l'imagerie gangsta en plus. Bien sûr, il y a des exceptions, qui tentent de donner au genre une (bonne) conscience sociale mais soniquement, ils ne s'éloignent pas beaucoup non plus des sentiers battus. Il n'y avait donc qu'un label de rock blanc, Domino, pour signer deux rappeuses lesbiennes de Miami, plus au moins born again, qui rappent aussi vite que les Fu-Schnickens et dont les préoccupations consistent à gober des ecstas, sortir en boîte et fister leurs copines. En fait c'est juste le changement de perspective avec le côté lesbien de l'affaire qui sort de la norme parce-qu'il est vrai qu'autrement, en se basant sur une analyse objective des thématiques stricto sensus, drogue, fête et taspés font partie des sujets de prédilection du genre depuis ses origines. Reste que Jewel B et Shunda K ont une énergie punk assez contagieuse, remarquablement servie par la production des Anglais Hardfeeling UK, avec le renfort de quelques cadors de l'électro européenne (Basement Jaxx, Radioclit, l'ancien Funkstörung Chris De Luca). Entre europunkcrunk lo fi et hip booty house, Futuristicaly Speaking...Never be Afraid est à mille lieu de toutes les productions ultra sophistiquées US. Et si le fan club de Peaches devrait être ravi, les rappeurs, les pushers, les hustlers, les pimps, les gangstas et les dealers le recevront comme un bon gros coup de pied dans les couilles. Quant aux pétasses du R&B, j'ai déja décrit un peu plus haut le sort que Yo Majesty comptait leur réserver.

Yo Majesty - Club Action

Two lesbian rappers from Miami. It sort of change of your everyday rapper background, especially when the msuical background is a mix between punk, eurocrunk, electro, booty and hip house. The topics in the songs are a kind of usual anyway: drugs, bitches and party.


dimanche 23 novembre 2008

Move Your Ass

C'est dimanche, tu t'emmerdes dans ton petit appart de merde avec cette pluie qui tombe. Tu sais très bien que au fond de toi tu préférerais shaker ton ass sur le dancefloor avec ce genre de copine en te prenant pour un gangsta du Dirty South comme un gros mytho. Heureusement pour toi, Zorba est là. S'il ne pourra certainement pas te trouver une pouffe à gros seins pour copine, il a par contre pu trouver dans son disque dur de quoi shaker tous les ass de la terre. Et si tu connaissais déjà ces morceaux, alors dis-toi que tu as bon goût. Dans tous les cas, prépare toi: basses et rythmiques décollent la plève, et font danser la plèbe.

Jamie Foxx feat. T.I. - Just Like Me

Maintenant que vous commencez à être chaud, il faut compter sur DJ Montay.

DJ Unk - Show Out

Vous en voulez encore? Allez, Plies au micro, Chris J aux choeurs et JR Rotem à la production pour faire retirer ses derniers vêtements à votre copine une fois qu'elle a bien shaker son ass.

Plies feat. Chris J - Put It On Ya

Encore un petit dernier pour le plaisir des yeux?

Fiend feat. Lil Wayne - Gangsta Musik

Bon maintenant, l'affaire devrait être entendue. Avec ce qui suit, je pense que vous saurez quoi faire, même si des seconds couteaux ont supervisé cet énième réincarnation d'un 2Pac qui n'en demandait pas tant (Ron Fair, Ivan Barias et Carvin Haggins).

Keyshia Cole feat. 2Pac - Playa Cardz Right

dimanche 16 novembre 2008

Tapes 'n Tapes

J'ai déjà eu l'occasion de parler de Datpiff.com, la paradis des mixtapes. A peu près tout ce qui sort dans cet exercice indissociable du hip hop finit par y atterrir. A condition de parvenir de s'y retrouver dans cette profusion, c'est là une unique occasion de reprérer les futurs poids lourds de demain. Car désormais, tout aspirant rappeur n'a pas le choix: pour être repéré et passer à l'étape de l'album, il faudra d'abord qu'il fasse ses preuves sur mixtape. C'est la jurisprudence Lil'Wayne: les mixtapes sont devenues tellement populaire et les revenus financiers qu'elles génèrent tellement opaques que celles-ci sont désormais une industrie en soi. Les plus gros producteurs y placent des instrus et les cadors du micro squattent le genre avec un stakhanovisme qui force le respect, l'important étant aussi de ne pas se faire oublié. Etre visible et écouté partout, par tous et tout le temps: c'est la stratégie des grands groupes de communication appliquée au hip hop.

Nouvelle recrue de l'écurie Aftermath de Dr Dre, Bishop Lamont fait donc une irruption fracassante dans l'arène, allant recruter Scott Storch, 9th Wonder, Nottz, JR Rotem, Diverse ou DJ Khalil pour assurer la production. Résultats: au moins deux très bonnes tapes: N*gger Noise et surtout The Confessional.

Bishop Lamont - First They Love You (production: 9th Wonder)

Sur Ghetto Song, composé par Nottz, vous reconnaîtrez facilement le sample du Howling For Judy de Jeremy Steig, déja utilisé par les Beatie Boys sur Sure Shot.

Bishop Lamont - Ghetto Song (production: Nottz)

Autre rookie dont le nom s'affirme, Sha Stimuli et son excellente tape Hotter Than July, uniquement basée sur des samples de Stevie Wonder. C'est très bon de bout en bout, notamment Overjoyed dont le piano me fait un peu penser au Runnin' de The Pharcyde.

Sha Stimuli - Overjoyed

Dernier nouveau venu, Charles Hamilton, dont le titre de la mixtape annonce franchement dès l'origine la couleur: And Then They Play Dilla, soit l'utilisation judicieuse et astucieuse d'instrus de J. Dilla.

Charles Hamilton - Waterworks

Seule entorse à cette règle de mise en avant des jeunes pousses, il serait dommage de passer à côté du dernier effort du vétéran Royce 5'9'', The Bar Exam 2 et de son freestyle Ignorant Shit sur, il me semble, des extraits de Between The Sheets de The Isley Bros.

Royce 5'9'' - Ignorant Shit Freestyle

mardi 11 novembre 2008

Un jour j'irais à New York avec toi...

Si j'en crois les statistiques de connexion, la collection de novembre semble plutôt plaire. Comme tout bon commerçant, il me faut donc envisager un réassortiment. Pas question, cependant, de livrer de la marchandise frelatée ou de banalement me livrer à une exégèse du Dirty South. Concentrons nous plutôt sur la Grosse Pomme et ses héros du micro comme 9th Wonder. 9th Wonder n'a jamais livré le moindre beat frelaté. Tout au plus peut-on concéder de temps à autre un légère baisse de forme pas forcément étonnante, notre homme s'étant spécialisé dans la production d'albums entier. Si on tire un bilan de son actualité discographique de la rentrée, on émet un peu de réserve sur l'album de Buckshot mais par contre on s'enthousiasme sur le travail réalisé avec Jean Grae sur Jeanius, à base de beats qui claque ta face et de samples soul à faire pleurer ta mère.

Jean Grae - Love Thirst

GZA est lui aussi en pleine forme, le vétéran du hip hop quadragénaire s'étant décidé à venir fesser les fesses roses de ce gros bébé de 50 Cent sur Paper Plate, extrait de son nouvel album, Pro Tools, et produit par le metteur en son officiel du Wu Tang, dont le nom est tout aussi imprononçable que le sien, RZA.

GZA - Paper Plate

Il serait dommage de parler du Wu Tang sans honorer la mémoire de son héros, Old Dirty Bastard, comme le font très bien ses protégés de Brooklyn Zu.

Brooklyn Zu feat. ODB - Do It For

AZ, lui, semble être à la poursuite de sa propre légende depuis les débuts de sa carrière. A propos, je note pour la première fois une étrange similarité entre son nom, AZ, et celui de GZA. Je n'avais même jamais fait attention, comme quoi tout arrive.

AZ - Undeniable

La moitié de Heltah Skeltah, Rock, a tout juste été libéré de prison pour présenter sa nouvelle mixtape, Shell Shock, quand pas mal basée sur ses dêmélés judiciaires. Tempmurda, avec son sample gros comme une poutre du morceau de Snoop Dogg, Murder Was The Case, est ma fois d'excellente facture. Par contre, je n'en ai pas trouvé le producteur.

Rock - Tempmurda

dimanche 9 novembre 2008

Collection Automne (Novembre 2008)

Mais qu'est-il arrivé à John Legend? Celui-ci semble avoir troqué son piano et sa splendide nu soul contre un synthé Yamaha échappé des 80's et nous pond Evolver, un album criard, prétentieux et boursoufflé, osant tout: les mélodies pompières , les chansons sirupeuses et un sample très premier degré de Dire Straits. Là, on ne suis plus, mais alors plus du tout. Du marasme on sauvera juste Green Light, qui, accompagné d'André 3000 d'Outkast, adopte le style drum & bass liquid d'Hospital Records.

John Legend feat. André 3000 - Green Light

De toute façon l'électro est la nouvelle terre que les producteurs américains viennent explorer à la recherche de matière première, que ce soit dans sa version eurodance (cf. T.I. ou Wiz Khalifa) ou au contraire, dans sa version minimaliste et tribale sous forte influence Detroit, à l'instard de Ron Brownz, accompagné des bourrins du Dipset Jim Jones et Juelz Santana sur Pop Champagne.

Ron Brownz feat. Jim Jones & Juelz Santana - Pop Champagne (Remix)

Je suis prêt à parier ma chemise que Siriusmo ne devrait d'ailleurs pas tarder à être pillé, vu la qualité des productions du teuton. Et quand c'est Boys Noize qui signe la version edit de Mein Neues Fahrrad sur son propre label, BNR, les jambes et/ou la nuque ne s'en remettent pas.

Siriusmo - Mein Neues Fahrrad (Boys Noize Edit)

Quelques uns pourtant se contrefoutent de l'electro et restent de fidèles gardiens du temple classique, tels Devin The Dude et son hip hop laidback et enfumé. Devin a frappé à quatre reprises cette année avec trois albums coup sur coup (Smoke Sessions Vol. 1, Hi Life, Landing Gear) et un best-of, Greatest Hits, pour Rap-A-Lot. Tout cela sent la fin de contrat et j'espère que Devin The Dude, l'un des rappeurs de Houston les plus injustement sous-estimés, rebondira très vite.

Devin The Dude - I Can't Make It Home

mardi 14 octobre 2008

T-Love - Long Way Up (The Basement Tapes) - (Brawl Records - 2008)

Long Way Back fût l'une des plus agréables suprises de l'année 2003. Depuis, on avait un peu perdu de vue la rappeuse Taura Love, alias T-Love, jusqu'à ce que ce florilège de titres rares et inédits sorte un peu par surprise. Si l'on en croit la bio de la rappeuse, il s'agirait même de son testament, la belle ayant décidé de se consacrer au chant de laisser tomber le rap. C'est dommage, car elle montre une parfaite maîtrise des deux disciplines, chose suffisamment rare pour être signalée. Pour son chant du cygne, justement, T-Love s'est plongée dans ses archives, exhumant 21 perles enregistrées entre 1988 et 2002 avec Mudfoot (devenu ensuite Alchemist), DJ Lethal (jadis DJ des sautillants House Of Pain), The Herbaliser, Kenny Segal, Frankenstein, Beyond There, Mike Green ou encore That Kid Named Miles. Bien que soniquement daté, force est de constater que l'ensemble est plus que solide et tient même encore franchement la route. Tout considéré, la qualité de l'ensemble est même mille fois plus fraîche que pas mal de trucs sortis dernièrement. C'est peut-être même là le problème: écouter des chutes de studio enregistrées dix ans en arrière et se rendre compte que c'est mieux que ce qui est fait aujourd'hui. Ou bien c'est la preuve manifeste que l'on vieillit et que décidemment tout était VRAIMENT mieux avant, ou bien c'est juste la preuve qu'une certaine partie de la scène hip hop contemporaine, une fois sorti de la grosse artillerie commerciale, n'a pas forcément brillé dernièrement par sa capacité à innover. et à inventer de nouvelle formes. Si pas mal de morceaux de Long Way Up sont bâtis sur le même schéma (une boucle jazzy, quelques scratchs et échos sur un beat boom bap), quelques morceaux se détachent particulièrement et se révèlent être même de purs et rares moments de grâce. On My Mind, produit par Beyond There, s'avère être très largement au niveau de ce que fait aujourd'hui à prix d'or Mark Ronson pour Amy Winehouse. Quand on écoute Foolish Pride, on comprend aussi beaucoup mieux la longévité d'un groupe comme Herbaliser, responsable de l'instru. Take Control, oscille lui entre drum&bass et nu-soul tandis qu' Aromatherapy retrouve l'esprit des premiers morceaux de Portishead. On soulignera enfin l'efficacité de Fortress, comme échappée d'une session avec DJ Premier, même si c'est Frankenstein qui est derrière la console. On signalera tout de même juste pour rire qu'il existe aussi un chanteur polonais atroce qui répond au nom de T.Love. Par pitié pour vos oreilles, vous ne trouverez dans ce blog aucun lien conduisant vers des extraits de son oeuvre.

T-Love - On My Mind

Long Way Up is the last effort of T-Love in hip hop, T-Love (who must not be mistaken for the shitty polish singer named T.Love) renouncing to rap for a full-time signing career. She digged deep in her personal archives to exhume 21 excellent songs, some of which are absolutely oustanding (On My Mind, Foolish Pride, Take Control, Aromatherapy, Fortress).

vendredi 26 septembre 2008

Ghostface Killah - The Big Doe Rehab (Def Jam - 2008)

Coucou le revoilou, le plus fameux des rappeurs masqués, le catcheur du hip hp, Dennis Cole aka Ghostface Killah, en pleine fixette Scarface avec sa pochette d'un goût exquis, hommage à Long Live The Kane de Big Daddy Kane. Sur fond de billets de 100 dollars, notre homme, vécu d'un magnifique costume blanc, d'une délicieuse chemise rouge au col italien parfaitement associée à un petit bonnet en laine rouge et surtout, cerise sur le gâteau, à une chaîne en or et des bagouzes tout en retenue et en discrétion. Touche ultime de sophistication, une distinguée et plantureuse infirmière, mamairement avantagée, lui éponge amoureusement et délicatement le bonnet en laine. Rien n'est laissé au hasard: la couronne en velours violet posée sur le tas de billets devant Ghostface est assortie à la chaise sur laquelle est assis notre homme. Je suis un peu déçu que Ghostface n'ait pas trouvé de trône style empire. C'est bien simple, depuis les fameuses pochettes des albums sortis par No Limit et réalisées par Pen & Pixel, on n'avait pas fait plus classe dans le hip hop. On peut peut-être aussi même créer une sous-catégorie dans le rap, celle des albums avec une pochette à la thématique médicale. Personnellement, je vois déja dans cette catégorie

- Dr Octagonacologyst de Dr Octagon,
- We Can't Be Stopped des Geto Boys,
- Malpractise de Redman.

Promis dès que j'en trouve d'autres, je les rajouterais à la liste.

Bon vous me direz, c'est bien beau tout ça mais comment ce héro des 90's comme le fût Ghostface, parvient-il à survivre aux années 2000? Eh bien pas trop mal en fait, grâce à une fidélité à son jeu et à ses fondamentaux : samples soul gros comme le bras (et même parfois archi-cramés comme le Superman Lover de Johnny Guitar Watson), rimes complexes, rythmiques boom-bap classiques et invités de prestige de la galaxie Wu-Tang venus cachetonés (Raekwon, Method Man, Cappadona, Masta Killa, U-God).

Hip hop icon of the 90's, Ghostface Killah achieve to survive to the 00's by delivering another strong offering, despite an awful artwork.



Ghosface Killah feat. Kid Capri - We Celebrate

samedi 19 juillet 2008

Subtle - ExitingARM (Lex - 2008)

A la première écoute ExitingARM est immédiatement séduisant. Il s'agit moins que jamais de hip hop à proprement parler et ce n'est pas complétement non plus de la pop indé. Ou alors avec un côté electronica et psychédélique. On ne s'en sortira de toute façon jamais à essayer de qualifier la musique de Subtle en la rattachant à des genres existants ou en tentant de la mettre dans des petites cases. Le sextet mené par Doseone a depuis longtemps largué les amarres pour explorer un univers profondément conceptuel et personnel. En lisant la critique du disque sur Pitchfork (http://www.pitchforkmedia.com/article/record_review/50606-exitingarm), j'ai ainsi appris qu'ExitingARM allait de paire avec un site internet qui en formait une prolongation voire même un nécessaire complément: http://www.exitingarm.com/. Ce qui est parfaitement raccord avec l'univers de Subtle et de Lex, label notoirement vénéré par les nerds, mais pas forcément pratique si l'on a pas d'ordinateur sous la main. En allant y voir de plus près, j'ai quand même trouvé que le site n'éclairait pas de façon complétement limpide le propos de l'album. C'est même peu de l'écrire. ExitingARM se veut la dernière partie d'une trilogie, commencée avec les albums A New White et For Hero: For Fool, qui tourne autour de l'obscure histoire d'un rappeur nommé Hour Hero Yes, ici retenu captif dans un monde parallèle par les méchants Ungodz et obligé de composer des chansons pop. Ce dernier espect est la grande force de l'album. Alors que souvent le hip hop "à la" Anticon s'avère profondément casse-couille, prétentieux et chochotte (genre "non les gars attendez, nous on n'est pas des zonards bourrins, analphabètes et vénaux qui dealent de la drogue et se font choper avec des flingues, on est avant tout des artistes conceptuels et sensibles"), les Subtle restent accessibles (si on se donne un peu de mal quand même, on reste dans l'ensemble assez loin de James Blunt), un peu comme des Beastie Boys hippie sous acide et folk ou des Gnarls Barkley travaillant dans une galerie d'art. Et voilà, je reviens à nouveau à des comparaisons.
ExitinARM is the last part of the Subtle trilogy started with the albums A New White and For Hero: For Fool. Catchy and innovative without being too arty, ExitingARM is one of Subtle and its leader Doseone best work so far.

Subtle - Unlikely Rock Shock