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lundi 24 août 2009

Quincy Jones - Smackwater Jack (A&M Records - 1971)

Arrangeur, compositeur et producteur stakhanoviste (on lui doit près d'une cinquantaine de B.O. et une trentaine d'albums solos), Quincy Jones s'est mis à l'abri de tout souci matériel sur le tard en touchant le jackpot avec Jacko et sa trilogie de tous les records de vente (Off The Wall, Thriller, Bad). L'ami Quincy est sans doute d'ailleurs l'un des vrais gagnants financiers de la mort de son ex-poulain. Mais Quincy ne mérite pas d'être réduit à son image de requin de studio avide. Ses longues années de galères et de très bons albums solos dans les 70's parlent pour lui. Smackwater Jack a ainsi gagné avec le temps et au fils des rééditions son statut de classique, très largement samplé d'ailleurs. Savante, cohérente et habile macédoine de thèmes de B.O. (Ironside, The Anderson Tapes, The Bill Cosby Show), d'une reprise classieuse et jazzy d'un classique ultime du patrimoine soul (What's Going On), de jazz easy listening (Cast Your Fate To The Wind, Brown Ballad) et de funk (Smackwater Jack), Smackwater Jack s'achève avec un petit mégamix génial, Guitar Blues Odyssey: From Roots To Fruits, habile voyage dans le patrimoine musical afro américain de Robert Johnson à Jimi Hendrix. Le génie transpire de toutes les rainures de ce disque matois, qui bénéficie en outre du talent d'une tripotée de poids lourds du jazz (Milt Jackson, Freddie Hubbard, Jim Hall, Joe Beck, etc., etc. etc.) et permet d'entendre Quincy s'essayer au chant. La production, la direction et la tenue de l'ensemble en ont même laissé plus d'un pantois. L'ambition qui a présidé à la réalisation de Smackwater Jack, réaliser un album de pop avec les moyens du jazz ou le contraire, a gardé, de par sa volonté de briser les chapelles et de faire se rejoindre des publics disparates, toute sa contemporanéité et reste un postulat pleinement valable pour la grande hybridation musicale de notre ère post moderne. Meilleur exemple? La reprise de What's Going On. Après un début classiquement soul, bercé par la grâce de la divine voix de Valérie Simpson, le morceau se brise pour dériver sur les traces du jazz manouche et retomber sur de solides pattes jazz funk. Dans la grande partouze musicale du XXI ème siècle, Quincy Jones apparaît plus que jamais comme le pimp suprême.

Quincy Jones - Smackwater Jack

This album is so good it can just heal the world from all its illness. Well maybe not, but it still rocks like hell and is probably the best try of Quincy Jones long career.

dimanche 5 juillet 2009

A Perfect Day (Storace Records - 2009)

Il y a très peu d'informations disponibles sur cette compilation visiblement considérée avec dédain par les vendeurs du rayon jazz de chez Gibert et reléguée au fond d'un bac de rangement en plastique. Or il est notoire qu'il peut être plus facile d'engager une discussion avec un Taliban de la province de Wardak qu'avec un puriste jazzeux, surtout lorsqu'il s'agit d'une compilation. Loin d'être infamant, A Perfect Day s'avère même sacrément intéressant en réunissant 21 raretés issues du jazz vocal. Tous les morceaux sont soigneusement annotés, plutôt bien sentis et pour certain d'entre eux, il s'agit même de la première réédition sur CD connue. Il y a bien sûr quelques noms célèbres au traklisting (Sarah Vaughan, Shirley Horn, le crooner Tony Bennet, Al Jarreau) mais le rare de chez rare, la curiosité sur laquelle se jettera tout amateur un peu sérieux est une reprise du standard Take Five, composé à l'origine par Paul Desmond, par Richard Anthony. Oui oui, vous ne vous trompez pas, il s'agit bien de notre Richard Anthony national, alors embarqué dans une éphèmére tentative de percer sur le marché anglais. On est très loin du train qui siffle: l'orchestre symphonique qui l'accompagne ne fait pas petit bras, le batteur s'éclate comme une bête avec des breaks de folie et Richard Anthony chevauche le morceau avec la classe d'un grand mais pitché à +10. Encore plus sciant que l'excellente période disco de Demis Roussos !!!

Richard Anthony - Take Five


This vocal jazz compilation is pretty rare and is a must have, if only for one track: a version of Take Five by cheesy French pop singer Richard Anthony. How do describe it properly? Well, it is the same kind of shock than discovering an acoustic cover of Nick Drake by Lady Gaga.

mercredi 24 juin 2009

Mongo Santamaria - Afro-Indio (Vaya Records - 1975)

La réédition depuis 2/3 ans de la quasi intégralité du catalogue Fania (Fania, Vaya, Tico, Alegre) est une véritable malédiction pour tout acheteur compulsif de disque un tant soit peu sérieux. Est-il en effet envisageable, en effet, une fois que l'on en possède un, de faire autre chose que de chercher à se procurer frénétiquement à la moindre occasion l'intégralité du catalogue du label latino créé par Johnny Pacheco et Jerry Masucci? Certes, à l'heure d'internet, cette soif inextanguible peut être vite rassasiée grâce aux bons soins d'un connection ADSL et du p2P. A moins d'avoir gardé un peu d'économies du temps où l'on officiait en qualité de trader et d'avoir de quoi acheter d'un coup toute l'intégrale. Mais tout celà est trop facile. Pour me compliquer la tâche, je ne traque les disques Fania que d'occasion et vendus à un prix raisonnables en CD (- de 10 euros). Là c'est plus ardu, plus excitant aussi. Je suis donc amené à fouiller compulsivement et régulièrement les bacs des quelques disquaires survivants de la capitale. Afro-Indio est ma dernière trouvaille dans cette quête. Trouvaille d'autant plus originale qu'il s'agit d'une tentative jazz et jazz-funk, soit une quasi anomalie sur un label comme Fania, quasi exclusivement consacré au boogaloo et à la salsa. Mongo Santamaria fait partie de ces percussionnistes mythiques de la musique latino, maniant les congas avec la même dextérité que Willie Bobo les bongos et Tito Puente les timbales. Afro-Indio, qui se veut la traduction musicale de l'expérience du peuple noir, lui donne l'occasion de toucher à tous les genres, passant du R&B (Creepin, belle reprise de Stevie Wonder) au funk (Funk Up, Funk Down), de l'afro-beat (What You Don't Know) aux ballades un peu sirupeuses avec un soupçon de bossa nova (Song For You). On regrettera juste de temps à autres des solos de guitare ou de cuivres un peu bavards et envahissants, mais c'est quand même souvent le cas avec le jazz funk. Et il suffit d'une bonne reprise de Lady Marmelade, morceau à l'origine chanté par Patti Labelle, pour permettre à Mongo d'enflammer le dancefloor le plus anémié.

Mongo Santamaria - Lady Marmelade


Afro-Indio is a curious experience on Fania Records. Far from the classic boogaloo or salsa associated with the label, Mongo Santamaria ventures into jazz and jazz funk, trying to render the total black experience in sound. The scorcher of the record is a fantastic cover of Lady Marmelade.

mardi 9 juin 2009

Herbie Hancock - Future Shock (Columbia/Legacy - 1983)

Ce soir, c'est la finale de La Nouvelle Star sur M6: un gros thon odieux vs un charclo. Face à l'apocalypse annoncé pour le bon goût et le talent, autant se réfugier dans un bon vieux classique. J'ai une tendresse particulière pour Future Shock et son morceau phare, le séminal Rockit. Sans doute que parce-que, comme une bonne partie de ma génération, ce morceau a servi de bande-sonore à l'introduction de la break dance en France. A l'époque, on confondait tout ça avec le smurf et l'hexagone s'entrainait devant son miroir à faire la guirlande électrique ou le mur de verre. Il y avait même des concours de break dance dans les bals de village. J'ai un souvenir particulièrement précis de péquenots ayant sorti les gants blancs en tentant des freezes pour une battle lors du bal du 14 juillet sur la place d'un village de la Drôme, tandis que l'orchestre de baloche massacrait...Rockit justement. Le mec derrière les claviers se la jouait même grave. Il faut dire que les moustachus à nuque longue qui s'éclataient sur la scène ce soir là se mesuraient à Herbie Hancock himself derrière tout un tas de synthès, Bill Laswell à la basse et Grand Mixer D.S.T. aux platines, le scratch étant un élément fondamental du morceau. Et à l'époque, personne ne scratchait en France... Par contre, il m'a fallut beaucoup plus de temps pour découvrir Future Shock, de loin l'un des albums les plus accessibles du Herbie Hancock de l'époque. Au-delà de Rockit, Herbie Hancock y fait une démonstration en règle de funk (Future Shock, Rough), de breakbeat spacey (Earth Beat) et d'électro jazz limite audible (Autodrive). Sly Dunbar vient même donner un petit coup de mains à la batterie. Fondamental et essentiel vous dis-je.

Herbie Hancock - Future Shock

Rockit introduced France to break dance and hip hop. This is kind of weird because Future Shock is not properly a hip hop album but a jazz album with a hip hop and urban feeling in it. Anyway, all the kids at the time were training hard in front of their miror to succeed freezes.


dimanche 17 mai 2009

Jimmy McGriff - Dig On It (Connoisseur Collection - 2000)

Vous causer hier d'orgue Hammond m'a donné envie de continuer aujourd'hui dans la même veine en abordant le cas de Jimmy McGriff, notamment les années Groove Merchant du bonhomme, ici résumées. McGriff avait auparavant sévi sur Sue, Solid State et Blue Note (Electric Funk, sorti en 1969, est ainsi absolument obligatoire, ne serait-ce que pour sa mythique pochette), mais ses albums réalisés pour Groove Merchant au fil des années 70 constituent, au sens de beaucoup , l'apogée créative de sa carrière. Sa patte jazz, déjà fortement influencée par la soul et le funk, subit aussi alors les assauts du disco et de l'électronique naissante. Il n'y a peut-être que Roy Ayers ou les deux frères Mizell pour avoir su aussi bien maîtriser ces quatre genres rois à la fois et surtout de façon aussi accessible, durant cette période. Qu'il reprenne Isaac Hayes (Theme From Shaft), Marvin Gaye (What's Going On), James Brown (Ain't It Funky Now), qu'il s'essaie au space disco avant l'heure (Space Cadet, sommet mélancolique du disque) ou reste fidèle à sa sauce jazz groovy qui a fait sa renommée, Jimmy Mc Griff ballade son toucher magique avec une classe inégalée. Le mot cool n'est pour une fois absolument pas galvaudé pour le qualifier. Questions breaks, ils sont aussi beaucoup à lui devoir une fière chandelle, tant le bonhomme fût largement samplé par les planètes hip hop et electro. Rien que les albums sortis sur Groove Merchant ont ainsi largement alimenté les Chemical Brothers, A Tribe Called Quest, Black Sheep, Latryx, OC, KRS-One, Cypress Hill, Onyx et même Westside Connection. Tous les morceaux ainsi utilisés ne figurent pas (hélas) sur Dig On It mais il s'agit d'une excellente première approche de son oeuvre, qui donnera immanquablement envie de s'attaquer ensuite à la recherche des originaux, encore largement disponibles en CD.

Jimmy McGriff - Space Cadet

My last post, about Hammond organ, makes me want to write a little something about Jimmy McGriff and his magic organ. No I'm not talking about a gay porn star but about the jazz musician. Dig On It is an excellent introduction to the guy and his records made for Groove Merchant during the 70's, the best of his carreer, when he blended perfectly his jazz with funk, soul and, yes, disco.

mardi 5 mai 2009

SK 200 - Compiled By Jazzanova (Sonar Kollektiv - 2008)

Les Jazzanova se trainent l'image de mecs qui passent leur temps à écouter du broken beat et de l'acid jazz en compagnie de Gilles Peterson. Ce n'est quand même pas complètement faux et l'on retrouve pas mal de ces deux genres sur SK 200, compilation réalisée pour fêter la deux-centième sortie de leur label, Sonar Kollektiv. Mais il serait réducteur de réduire ce formidable groupe allemand à ces deux genres. DJ's accomplis mais éclectiques (l'une de leur soirée au WMF de Berlin est l'un de mes meilleurs souvenirs clubbing), producteurs de talents, les Jazzanova font aussi parti de ceux qui ont remis la deep house au goût du jour (ils furent les premiers à distribuer Innervisions, le label de leurs potes Âme et Dixon), sont capables de défricher infatigablement des pépites oubliées, que ce soit une merveille psyché brésilienne (Like A Rainy Night de Paul Bryan) ou du rare groove cubain (Y Que Se Sepa d'Orchestra Los Van Van), de sélectionner un morceau de house à rendre Carl Craig jaloux (Inner Soul de Roland Appel), sans oublier de prendre avec le même bon goût le train folk, avec les excellents Thief ou Clara Hill's Folkwaves. On regrettera juste l'absence d'inédits sur SK 200, l'immense majorité des titres proposés étant issus du catalogue des sorties récentes du label. Mais ce sera une excellente occasion de découvir la magie Sonar Kollektiv pour les néophytes et celà permettra à tout ceux laissés sur place par le rythme soutenu des sorties du label de se rattraper.

Paul Bryan - Like A Rainy Night

SK 200 is a compilation realised by Jazzanova for the 200th catalogue number of their label , Sonar Kollektiv. Quality and ecclectism assured: you can buy it your eyes closed but your ears wide opened.

mercredi 29 avril 2009

Sex Sleaze And Soul (Nice Treat - 2004)

C'est maintenant sûr: on va tous crever comme des chiens de la grippe mexicaine. Quoique ce serait plutôt comme des porcs. En tout cas, le battage médiatique autour de cette nouvelle épidémie semble irréelle et me donne surtout l'impression d'avoir été téléporté dans une série B. La série B (voire Z ou X), c'est justement tout le propos de Sex Sleaze And Soul: 30 bandes annonces ou extraits audio et 11 thèmes originaux issus du cinéma d'exploitation des 60's et 70's. Pour les bilingues, écouter les pubs pour de purs nanards comme Some Of My Best Friends Are, Naughty Stewardesses, Incredible 2-Headed Transplant, The Gay Deceivers ou The Big Doll House réserve de purs moments de bonheur. Même le son parfois un peu limite et l'absence complète de crédits sont complètement raccords avec le projet.

Johnny Pate - Bucktown (Title Theme)

De quoi en fait avoir sacrément envie de voir les films en question. Petit mirale de l'internet, les bandes annonces se trouvent assez facilement sur les sites de partage video. Rien que pour vos yeux ébahis, vous pourrez donc vous extasier devant les charmes des Naughty Stewardesses et frémir devant le mythique Incredible 2-Headed Transplant.



Sex Sleaze And Soul is a brilliant collection of 30 genuine radio spots (adverts) for 60s and 70s exploitation movies along with 11 funky/soulful main themes from 60s and 70s exploitation (mainly blaxploitation) movie soundtracks. After listening to it, you just want to watch the full movies.



vendredi 17 avril 2009

Jazz Toys - Presented By Marcus Hacker (Perfect Toy - 2005)

Je me suis jeté dessus avec la même avidité qu'un cracké sur sa dose quotidienne, renonçant presque à lire une histoire à mes enfants avant qu'ils ne se couchent. Mais qu'est-ce qui peut ramener un mâle occidental moyen du 21ème siècle au Néanderthal me demanderez-vous? Eh bien c'est simple: mon colis de CD à 5 dollars tout juste arrivé de Dusty Groove. De quoi alimenter une vingtaine de posts sur ce blog et rassasier mes oreilles pour les 18 jours qui viennent. Du funk, de la soul, du disco, des BO italiennes des 60's, du funk de Bollywood et un peu de jazz sont donc au menu des prochaines heures. Pour commencer, examinons donc le cas de Jazz Toys, compilation de rare groove européen sortie en 2005 sur Perfect Toy. le sélecteur, Marcus Hacker, est allé cherché des raretés aux quatre coins de l'Europe, nous concoctant ici un formidable florilège de ce qui s'est fait de mieux en rare groove jazzy ces trente dernières années, bien qu'étant resté dans une scandaleuse obscurité. D'une reprise de Soul Samba par les mystérieux The Earthquakers à celle de Fever par les Allemands de Wendy And The Nolan Ranger Orchestra, de I Mimi, tuerie funky à la ligne de basse de fou chantée en grec par Idili Tsaliki, à Salsamba, morceau d'inspiration samba né de la collaboration dans un studio parisien d'un Chet Baker ruiné, en quête de cachets pour se payer ses doses d'héro, avec The Boto Brasilian Quartet, Jazz Toys n'est définitivement pas une compilation de rare groove à l'eau pour tafioles. Comme tout ce qui se fait en Allemagne, c'est du solide, bien foutu et conçu pour durer.

Idili Tsaliki - I Mimi

Jazz Toys is a killing compilation of european rare groove of the last 30 years, with a deep jazzy influence. In fact, it is just amzing how good this record is, if you're not allergic to fusion jazz of course.

lundi 13 avril 2009

The Brothers Johnson - Look Out For #1 (A&M - 1976)

Les canons du R&B concernant la beauté masculine ont quand même singulièrement évolué en 30 ans. Alors que désormais le moindre choriste se doit de posséder une musculature de gladiateur et dépense mensuellement l'équivalent du PIB du Burkina Faso en coiffeur, les frères Johnson tenaient plus de la crevette filiforme à coiffure afro. Musiciens de studio jouissant d'une plutôt bonne réputation dans le métier, Georges et Louis Johnson sont rapidement repérés par Quincy Jones qui les recrute en 1975 pour une tournée au Japon et pour donner la touche finale à son propre album, Mellow Madness. Le courant passe si bien que Quincy pousse A&M à signer les deux frères et décide de produire lui-même leur premier album, Look Out For #1. C'est le jackpot: l'album finit numéro 1 des ventes à l'été 1976 et deux énormes tubes en sont extraits, I'll Be Good To You et Get The Funk Out Ma Face. Comme quoi, la splendide chemise lamée aluminium à col pelle à tarte que porte Louis Johnson sur la pochette devait être à l'époque le summum du cool. L'album n'est pourtant pas forcément des plus accessibles, tirant autant sur le jazz rock que sur le funk. En fait, Look Out For #1 est avant tout un album de musiciens virtuoses et un peu frimeurs, les deux compères et Quincy ayant peut-être tendance à en faire trop. Certains solos de guitare ou lignes de synthé ont ainsi quand même pas mal vieilli. Attention j'ai bien écrit pas mal et non mal. C'est aussi sur cet album que l'on peut trouver Tomorrow, splendide ballade soul futuriste et instrumentale, break archi connu dont la mélodie a été très largement samplée.

The Brothers Johnson - Tomorrow

Look Out For #1 was brothers Louis and Georges Johnson first album and was produced by Quincy Jones. It enjoyed massive success and features the classic break Tomorrow, a splendid and futuristic soul ballad that was heavily sampled.


vendredi 27 mars 2009

Flora Purim - Carry On (Warner - 1979)

Carry On est le genre même de l'album inclassable, qui rend absolument vain à l'avance toute tentative de classification de la musique par genre et est, de par ce simple fait, définitivement indémodable. Produit par George Duke, Carry On n'est donc pas vraiment un disque de jazz funk, encore moins un disque de MPB ou de pop. Mais en fait un peu tout cela à la fois en faît. La production et l'écriture peuvent s'y montrer tour à tour furieusement avant-gardiste (Sarara, composé par Gilberto Gil dans un style tropicaliste/reggae/ punk funk), nous propulser sur le dance floor de feu les soirées Dingwall avec Gilles Peterson ou Patrick Forge aux platines (le classique absolu From the Lonely Afternoon, le très Earth Wind And Fire Carry On), revenir à de délicates ballades entre folk et bossa acoustique (Niura Is Coming Back, Once I Run Away) ou flirter avec la MPB et ses synthès un peu cheap (Beijo Partido). Tout n'est pas forcément bon, mais absolument rien n'est inintéressant. Là où beaucoup d'albums de jazz, surtout vocal, peuvent s'avérer inoffensifs à l'écoute, Flora Purim, avec sa voix de Minnie Riperton féline et ses petits cris , nous oblige à l'écouter.

Flora Purim - From The Lonely Afternoon

Flora Purim is what you can call an avant-garde singer, far away from a brasilian MPB diva. In Carry On, she successfully flirt with jazz, funk, disco, pop, bossa and MPB with an equal talent. So much that it is just impossible to classify this album produced by George Duke: nowhere, everywhere and definitely in a basket named " classic".

mercredi 25 mars 2009

Du Rififi Au Ciné - Bandes Originales De Polars Des Années 50-60 (Playtime/FGL - 1999)

Ne vous laissez pas abuser par le titre bien franchouillard et l'imitation cheap de couverture de série noire qui sert de pochette. Si les Gabin, Ventura, Blier et Belmondo qui y figurent en bonne place enchantèrent nos dimanches soirs de gamin, les bandes originales de leurs films sont parmi les meilleures composées pour le cinéma français. Emmenées essentiellement par la sainte trinité de la B.O. française qui tue, j'ai nommé Michel Magne, Georges Delerue et Michel Legrand, les thèmes de Touchez Pas Au Grisbi, Mélodie En Sous Sol, Razzia Sur La Chnouf ou autre Classe Tous Risques fournissent leur lot de jazz classieux ou de breaks qui tuent . Il ne manque en fait au palmarès de ce disque que François de Roubaix. Les collectionneurs ou amateurs éclairés bouderont cette compilation, assez pédagogique et loin d'être exhaustive, mais les autres auraient tort de faire la fine bouche, d'autant que l'on y trouve aussi, parmi les thèmes des grands classiques, quelques titres moins connus ou alors composés par seconds couteaux non moins talentueux (Jean Wiener, Marc Lanjean ou encore Jo Boyer et Eddie Barclay). Chose curieuse, à la même époque, un phénomène similaire avait lieu en Italie, où des films plus ou moins bons ont permis à des génies musicaux d'éclore (Morricone, Umiliani, Rota and co).

Michel Magne - Hymne A L'Argent

This CD is a compilation of soundtracks of famous French detective movies of the 50's and 60's. Those movies are still pretty popular in France but hardly known outside, often for a good reason: they were not that good and the actors were a bit chauvinistic. But the soundtracks are really outstanding and made by some of the greatest comtemporary French music composers: Michel Magne, Georges Delerue and Michel Legrand.

dimanche 15 mars 2009

Dave Pike - Jazz For The Jet Set (Atlantic - 1966)

Dave Pike est un joueur de vibraphone surtout connu dans le milieu des amateurs éclairés de jazz, qui n'a jamais eu, par exemple, la carrière d'un Roy Ayers. Il faut dire que l'instrument dans lequel il excèle est pas forcément ce qu'il y a de plus sexy et grand public pour accèder à la renommée, à part peut-être dans les musiques latines. Jazz For The Jet Set voit pourtant Dave Pike délaisser son vibraphone fétiche pour le marimba et partager l'instrumentation des mélodies avec Herbie Hancock, qui préfére lui, à son piano de l'époque, un orgue électrique. Là, j'avoue, ça devient un peu complexe, d'autant que la pochette du disque peut faire à priori craindre le pire. Un boudin de seconde main en tenue d'hôtesse de l'air de Braniff International Airlines dessinée par Pucci, la tête dans un bocal, de sémillantes bottines vertes, le titre même de l'album, Jazz For The Jet Set: tous les ingrédients du projet easy-listening sont réunis. Et pourtant... Si Herbie Mann, qui produit l'album, Dave Pike et Herbie Hancock trempent leur jazz dans la soul, le boogaloo et la pop des charts de l'époque, celà n'en fait pas pour autant des disciples de Herb Alpert (celà est d'ailleurs écrit avec le plus grand respect pour Herb Alpert et son Tijuana Brass Orchestra). Les solos, le toucher de batterie, l'incorporation des cuivres, la construction et la dynamique même des morceaux le prouvent: on est en territoire jazz, loin de la guimauve et de la chantilly, pas si loin en fait de ce qu'Herbie Hancock sortait sur Blue Note (Cantaloupe Island, etc.) à la même époque. Le morceau Blind Man Blind Man qu'il a écrit pour l'album est d'ailleurs exactement dans de la même facture. Bref, tout bien consideré, l'ami Dave Pike semble s'être quand même un tout petit peu fait piquer la vedette sur son propre album...

Dave Pike - Blind Man Blind Man

In Jazz For The Jet Set, Dave Pike plays marimba instead of vibraphone and Herbie Hancock plays organ instead of piano. Produced by Herbie Mann, the tracks are clearly influenced by the pop, boogaloo and soul records of the time but avoid falling into the easy listening trap, which is not obvious if you consider only the cover.

dimanche 8 mars 2009

Jazz Bizniz 2 - Deep Jazz, Raw Soul, Afro/Latin Boogie (Counterpoint - 2000)

Il y a des musiques parfaites pour les dimanches après-midi. Qui semblent avoir été uniquement composées pour se la couler douce au chaud tandis que la pluie qui tombe associée à une flemme aigüe rendent vaines à l'avance toute idée de sortie. A force, 19h arrive et on se dit "eh merde, déjà 19h, je n'aurais rien foutu aujourd'hui et il faut encore que j'arrose mes plantes et que je repasse des chemises". Summer Love de Billy Wright fournit la bande sonore idéale à ces après-midi palpitants. Dans l'histoire, il y a deux Billy Wright. Le plus connu était arrière latéral à Wolverhampton et fût à plusieurs reprises capitaine de l'équipe de foot d'Angleterre. Ce n'est donc pas lui qui nous intéresse aujourd'hui. Le second Billy Wright était un second couteau du jazz et du blues américain. Et c'est bien lui, cette fois, qui a composé et enregistré Summer Love en 1982, un pied dans le jazz et l'autre dans le disco, avec Eldee Young à la basse et Corky McCerkin au piano. Tout à fait le genre de morceau que joue Gilles Peterson dans son émission radio Worldwide sauf que là cette compilation est signée Russ Dewbury & Jake Behnin, vieux routiers des nuits jazz/acid jazz de Brighton.

Billy Wright - Summer Love

It is not summer time but Summer Love, by Billy Wright, the hilight of this cool jazzy Gilles Peterson like compilation, is perfect to chill on sunday afternoon when you just don't feel doing anything.

vendredi 6 mars 2009

Dee Dee Bridgewater - Dee Dee Bridgewater (Atlantic - 1976)

Dee Dee Bridgewater est une diva du jazz vocal. Mais ses débuts soul méritent réellement d'être explorés et reconsidérés, notamment ce très bel album de 1976, dont la pochette s'orne d'une magnifique photo en noir et blanc du visage de la chanteuse. Cette pochette est un peu la quintessence de celle d'un bon album de soul, dont la contemplation et la lecture des crédits seuls vont saliver à l'avance le festin sonore qui attend. Tomber sur ce disque par hasard dans les bacs d'un vrai disquaire procure un sentiment de plaisir que ne pourront jamais ressentir les adeptes de la numérisation et de la virtualisation totale. Enregistré entre les studios Muscle Shoals et New York, Dee Dee Bridgwater se promène entre disco (correct sans plus), ballades deep soul et morceaux midtempo, de loin le point fort de l'album. A ce titre, He's Gone est une petite merveille. Après un break d'introduction d'une minute des plus samplable, la voix apparaît, accompagnée de cordes d'abord en sourdine puis de plus en plus fortes et présentes au fur et à mesure que s'annonce le refrain. Véritable montagne russe d'allégresse, le morceau retombe tout de suite après pour être rehaussé en milieu de parcours par d'impeccables envolées de cuivres et se terminer dans une apothéose de choeurs et de cordes. Pour l'anecdote, une autre piste, My Lonely Room a été samplé par Alchemist pour It's Ours de Maylay Sparks.

Dee Dee Bridgewater - He's Gone


Another gem from Dee Dee Bridgewater, whose early soul discography largely deserves to be rediscovered.

jeudi 12 février 2009

Dee Dee Bridgewater - Bad For Me (Elektra/Warner Jazz - 1979)

Ah Dee Dee Bridgewater... Dee Dee Bridgewater c'est l'été, les festivals Jazz à Vienne ou Jazz In Marciac avec leur public de baby boomers thunés et aux tempes argentés, les rediffusions sur France Inter avec Julien Delifiori. Tout ça nous ferait presque oublier que sur la pochette de Bad For Me, Dee Dee pose alanguie, allongée au milieu de draps de soie noirs, vêtue de talons hauts et d'une combinaison rose qui lui moule les seins, avec une grosse ceinture dorée à rendre folles de jalousie Mariah Carey, Beyonce, Lil' Kim et toutes les biatches du R&B. Car Bad For Me est un vrai album de diva disco soul, faisant de Dee Dee Bridgwater l'égale des Jocelyn Brown, Cheryl Lynn ou Evelyn "Champagne" King. Avec George Duke à la production, on est même assez loin du jazz convenu et aseptisé qui est aujourd'hui la marque de fabrique de la membre du Haut Conseil de la Francophonie . Sa voix emporte tout et Bad For Me, s'il n'égale pas les classiques que sortaient à l'époque Salsoul, Prelude ou West End, groove quand même méchamment et sans temps morts. Par contre, chose curieuse, le patrimoine de Dee Dee semble avoir été très peu utilisé ou samplé et je n'ai rien trouvé du tout pour les morceaux de cet album.

Dee Dee Bridgewater - Bad For Me

Dee Dee Bridegwater is now an overrespected jazz institution, especially in France. But it's impossible to forget that she has also been an excellent disco soul diva.

samedi 6 décembre 2008

Donald Byrd - Thank You...For F.U.M.L. (Funking Up My Life) (Elektra - 1978)

Il faut croire que le jazz devait être sacrément emmerdant pour les cadors du genre dans les 60's et les 70's. Difficile en effet de continuer dans le mode classique pendant que les ouragans soul, funk et disco balayaient les rues américaines. Les stars de la soul et du funk carburaient aux mêmes drogues que les jazzmen (l'héro principalement) mais ils étaient eux parvenu à capter le poul et l'âme de l'Amérique noire: quand on pense lutte pour les droits civiques, Vietnam, émeutes, la bande son est composée par Marvin, Stevie, Isaac et tous leurs amis. Affront suprême, les principales innovations musicales avaient lieu dans les studios de Detroit, Memphis ou Muscle Shoals avec des sorciers comme Norman Whitfield ou Willie Mitchell. Bref, le jazz commençait à sentir le renfermer et il ne faut pas s'étonner que ses principales figures ont très vite essayé de prendre le large. Miles Davis, Herbie Hancock ou encore Donald Byrd ont très vite compris qu'il y avait là une formidable matière pour expérimenter, inventer de nouvelles formes et aussi, accessoirement, se faire un peu de blé. Donald Byrd va donc se mettre à dos les puristes pour plonger dans les délices du jazz funk, bénéficiant des doigts d'or des frères Mizell. En 1977, en quittant Blue Notes, il est hors de question pour lui de revenir en arrière et il va même en rajouter une louche. L'heure est au disco, aux envolées lyriques de cordes, aux vocaux. Exactement ce qu'il met au menu de Thank You...For F.U.M.L. Et pas question de faire cheap. Il bénéficie de quelques uns des meilleurs musiciens de studio de l'époque (Paul Jackson Jr, george Bohannon, Wah Wah Watson) et va chercher ses vocalistes jusque chez Motown (Syreeta Wrigth). Donald Byrd s'occupa lui même de la production, laissant les arrangements à Wade Marcus. Moins connu que ses albums signés sur Blue Note, Thank You...For F.U.M.L. reste largement au même niveau. Vos pieds et ce que votre maman vous a donné vous diront merci.

Donald Byrd - Loving You

Jazz musicians were bored in the 60's and 70's. While the soul, funk et disco revolution were going on they were stuck in same formal structures. Quickly, the greatest of them (Miles Davis, Herbie Hancock and Donald Byrd) found in the music that were sweeping the streets and the dancefloors a wonderful inspiration. Thank You...For F.U.M.L. is really far away from Donald Byrd jazz roots and is unrelentingly disco.

lundi 14 juillet 2008

Verve - Remixed 4 (Verve - 2008)

Passage obligé du temps où les disques se vendaient, l'album de remixes se fait de plus en plus rare. Il faut dire que le genre fût à l'origine d'un certain nombre de ratages assez consternants, surtout quand il s'agit de remixer des grands classiques du patrimoine musical afro-américain qui n'avaient rien demandés. Mes oreilles gardent encore des souvenirs douloureux d'une compilation de remixes foirés de Motown, d'une autre de remixes de Curtis Mayfield qui frisait le n'importe quoi, sans parler de celle de remixes de James Brown, lamentable. Seuls ou quasiment à échapper à ce marasme, en fait, les compilations initiées par Blue Notes ou, ce qui nous intéresse ici, par Verve sur sa série Remixed, qui en est à son quatrième volume. Sans doute parce-que les remixeurs ont préféré un léger relift, modernisant ou appuyant davantage la rythmique des morceaux, à une relecture complète. L'exercice aurait pû être plus intéressant mais aussi éminement plus casse-gueule et l'unité sonore du disque aurait pu être compromise. Le grand talent de Verve est aussi en fait d'avoir évité de confier ses morceaux immenses à des tâcherons de la house pouet pouet ou du lounge, préférant faire appel à des talents confirmés mais pas encore avariés. Avec un casting composé de Kenny Dope, Diplo, Pilooski, Psapp, Mocky, Antibalas, 9th Wonder ou encore les Cinematic Orchestra, il y avait peu de chances de se planter. Les divas du jazz (Dinah Washington, Nina Simone, Sarah Vaughan, Ella Fitzgerald) se font donc gentiment rajeunir (encore que l'on ne puisse pas réellement dire que leurs morceaux aient vieilli, mais plus qu'ils ont été faits il y a longtemps) tandis que les morceaux cramés tant ils ont été samplés (California Soul de Marlena Shaw, Everybody Loves The Sunshine de Roy Ayers) sont finalement assez finement revus par respectivement Diplo et 9th Wonder. Et, comme souvent, c'est en fait avec le moins que l'on en fait le plus, la réorchestration folk du I Get A Kick Out Of You d'Ella Fitzgerald par Cinematic Orchestra s'avérant être une petite bulle de bonheur.
A good remix of an absolute classic is pretty damn rare. But Verve, with their Remixed albums, succeed every time, thanks to a classy selection of top notch remixer.