lundi 14 juillet 2008

Verve - Remixed 4 (Verve - 2008)

Passage obligé du temps où les disques se vendaient, l'album de remixes se fait de plus en plus rare. Il faut dire que le genre fût à l'origine d'un certain nombre de ratages assez consternants, surtout quand il s'agit de remixer des grands classiques du patrimoine musical afro-américain qui n'avaient rien demandés. Mes oreilles gardent encore des souvenirs douloureux d'une compilation de remixes foirés de Motown, d'une autre de remixes de Curtis Mayfield qui frisait le n'importe quoi, sans parler de celle de remixes de James Brown, lamentable. Seuls ou quasiment à échapper à ce marasme, en fait, les compilations initiées par Blue Notes ou, ce qui nous intéresse ici, par Verve sur sa série Remixed, qui en est à son quatrième volume. Sans doute parce-que les remixeurs ont préféré un léger relift, modernisant ou appuyant davantage la rythmique des morceaux, à une relecture complète. L'exercice aurait pû être plus intéressant mais aussi éminement plus casse-gueule et l'unité sonore du disque aurait pu être compromise. Le grand talent de Verve est aussi en fait d'avoir évité de confier ses morceaux immenses à des tâcherons de la house pouet pouet ou du lounge, préférant faire appel à des talents confirmés mais pas encore avariés. Avec un casting composé de Kenny Dope, Diplo, Pilooski, Psapp, Mocky, Antibalas, 9th Wonder ou encore les Cinematic Orchestra, il y avait peu de chances de se planter. Les divas du jazz (Dinah Washington, Nina Simone, Sarah Vaughan, Ella Fitzgerald) se font donc gentiment rajeunir (encore que l'on ne puisse pas réellement dire que leurs morceaux aient vieilli, mais plus qu'ils ont été faits il y a longtemps) tandis que les morceaux cramés tant ils ont été samplés (California Soul de Marlena Shaw, Everybody Loves The Sunshine de Roy Ayers) sont finalement assez finement revus par respectivement Diplo et 9th Wonder. Et, comme souvent, c'est en fait avec le moins que l'on en fait le plus, la réorchestration folk du I Get A Kick Out Of You d'Ella Fitzgerald par Cinematic Orchestra s'avérant être une petite bulle de bonheur.
A good remix of an absolute classic is pretty damn rare. But Verve, with their Remixed albums, succeed every time, thanks to a classy selection of top notch remixer.

vendredi 11 juillet 2008

Point Limite Zero (Vanishing Point) (Richard C. Sarafian - 20th Century Fox - 1971)

Kowalski, un soir, prend du speed et décide de faire le pari de rallier Denver à San Francisco, villes pourtant éloignées de 1500 kilomètres, en moins de 15 heures. Comme ça, sans raisons précises. On ignorera tout de ses motivations. On en apprendra juste un peu plus sur son passé (ancien du Vietnam, ancien flic, ancien pilote de course, sa petite amie surfeuse s'est noyée) et on le verra surtout foncer à travers trois Etats au volant de sa Dodge Challenger blanche immatriculée OA 5599, sur un fond sonore de musique soul, de country et de rock, poursuivit par la police et accompagné sur son auto-radio par un DJ aveugle et noir, Super Soul, qui en fait un héro des temps moderne. En chemin Kowalski croisera toute la contre-culture US: une charmante pompiste blonde, un vieux chasseur de serpent, un prédicateur retord et manipulateur à la tête d'une secte d'allumés en transe, deux braqueurs homos, un motard sur son roadster, la copine hippie de ce dernier faisant de la moto nue dans le désert etdont il déclinera l'invitation à joyeusement s'envoyer en l'air. Road-movie profondément mélancolique, bâti sur le principe d'un long flash-back, Point Limite Zero célèbre la liberté (foncer sans raison au volant de sa bagnole et n'obéir à aucune règle), le personnage de l'outlaw associal dont est friande l'Amérique et célèbre la fin du rêve hippie: Kowalski décidera finalement de se jetter avec sa voiture contre un barrage, s'envolant en fumée comme toutes les illusions des 60's. Un film culte (Tarantino s'en est largement inspiré pour son Boulevard De La Mort) pour de bonnes raisons, vraiment.
Trough the all time and american favorite figure of the outlaw, here a reckless driver, Vanishing Point, celebrates the end of the Flower Power ideals of the 60's.

mercredi 9 juillet 2008

Joe Tex - The Love You Save (KRM - 2008)

James était d'humeur maussade et la jovialité de ses amis ne pouvait rien y changer. Il ne pouvait vraiment plus sentir ce connard de Joe. Ils avaient écrit un morceau ensemble il y a plusieurs années et c'est là qu'il avait eu l'illumination: Joe n'était qu'un gros con jaloux. James était devenu une star, une vraie, une putain de légende même, The Hardest Working Man In Show Business, Mr Dynamite. Son nom était vénéré dans tous les ghettos du pays. Même les blancs commençaient à venir à ses concerts. Et cette pauvre tanche de Joe, avec sa poignée misérable de tubes, passait son temps à la ramener comme quoi il lui aurait tout piquer et lui devrait tout, dont ses fameux pas de danse. Ses pas de danse... Si ce connard de Joe baisait aussi bien qu'il prétendait danser, jamais James ne serait parvenue à sauter sa femme, cette petite salope de Bea Ford. Qu'est ce qu'il en avait à foutre, James, de Bea? C'était juste une salope de plus pour lui sucer la queue, c'est tout, et il voulait surtout faire chier Joe. Et ce cocul de Joe, plutôt que de faire profil bas, qui continuait à se la ramener. James a sauté ma femme et bien bon débarras! Il allait la larguer cette pétasse de toute façon. Elle lui cassait trop les couilles avec les groupies. Ce con de nègro en avait même fait une chanson: You Keep Her, tu peux la garder! Putain il n'en avait rien à foutre de cette conne ! Mais le pire était que maintenant Joe se foutait ouvertement de sa gueule et de sa cape. Le coup de la cape, James avait mis plusieurs mois à le mettre au point. Et à chaque concert il retournait les salles avec. James sortit discrètement son 45 sous la table, caché par la nappe et en caressa la crosse.
- James...
- Hé James...
James tourna la tête.
- Putain regarde le nègre qui vient de rentrer avec son costard de macro. Ce serait pas ce connard de Joe? Mais oui, si, c'est ce putain de connard de Joe.
Joe aperçut James et se dirigea vers lui en se marrant.
- Hé James je vois pas ma femme. Ca ne te gêne pas de te dire que là où tu vas le soir je suis passé avant toi. Ouarf, ouarf... Si tu veux je peux te montrer comment il faut faire.
James se leva un main dans le dos.
- Qu'est-ce que tu veux Joe. Tu as vraiment besoin de venir ici me casser les couilles...
- Hé mais James, t'es venu sans ta cape. Je pensais pas que tu en serais cap.. Ouarf, ouarf, ouarf. Tu sais qu'avec ta taille, quand tu portes une cape, on a l'impression de voir un pingouin au sommet d'un tipi.
- Enfoiré.
James sortit son flingue de derrière son dos et fit feu à plusieurs reprises sur Joe qui en fut quitte pour plonger sur le sol et se précipiter derrière une table.
Ce soir là, James Brown dû lâcher pas mal de blé pour s'en sortir sans problèmes judiciaire. Quant à Joe Tex, il se dit que les balles, c'était bon pour les frères qui servaient au Vietnam et qu'il vaudrait mieux à l'avenir arrêter de se foutre de la gueule en public de ce nabot de James.

James Brown was a bad motherfucker. And he nearly shot Joe Tex in a night club for a stupid joke about his cape.

Joe Tex - I Gotcha