samedi 30 août 2008

Le Nouveau Justicier de Shangaï (Man Of Iron) (Chang Cheh/Pao Hsueh-Li - Shaw Brothers/Wild Side Video - 1972)

A côté des héros triomphants à l'époque de la blaxploitation, les personnages et drames shaekspeariens de Chang Cheh manquaient un peu de "coolitude". Difficile en effet à l'époque de comparer le très maniéré Ti Lung à, par exemple, un Richard Roundtree. Le Nouveau Justicier de Shangaï consitue donc une partie de la réponse chinoise aux justiciers qui nettoyaient les ghettos de l'Oncle Sam et surtout à Shaft, modèle revendiqué et évident: musique funky calquée au rif wah-wah près sur la B.O. d'Isaac Hayes, veste en cuir de rigueur pour le héro, sexe, brutalité sauvage des combats, héro aux épaules carrées et à la stature massive (Chen Kuan-Tai, véritable champion de kung-fu de son état), montage sec et rythmé. Les changements ne sont cependant que cosmétiques et stylistiques. L'intrigue, elle, ne se démarque par particulièrement des autres films de gangsters de la Shaw Brothers (notamment Le Justicier de Shangaï, dont il consitue la suite) même si elle est asséchée des rebondissements dramatiques traditionnels pour laisser plus de place aux combats: un jeune caïd montant de Shangaï, Qiu Lian-Huan, se heurte aux parrains de la ville pour les beaux yeux d'une prostituée. Il y laissera sa peau non sans avoir exterminé la totalité du gang adverse à l'arme blanche et aux poings. S'avalant d'une traite, ayant plutôt pas mal veilli, dépourvu de la pâtine de série B fauchée qui plombe parfois certains films de Chang Cheh, Le Nouveau Justicier de Shangaï, dans les faits essentiellement réalisé par Pao Hsueh-Li, s'impose comme un sommet du film de gang asiatique.

Essentially realised by Chang Cheh assistant, Pao Hsueh-Li, Man Of Iron (no, not Iron Man) kicks literally ass.

mercredi 27 août 2008

Luiz Bonfa & Maria Toledo - Braziliana (Verve - 1965)

A peine avais-je fini de me lamenter sur l'absence de réédition à l'occasion du cinquantième anniversaire de la bossa-nova que pan! Des disques sortent par palettes entières chez tous les éditeurs pour souvent moins de 10 euros. La prochaine fois je regarderais mieux les têtes de gondole et j'arrêterais d'écrire n'importe quoi sur ce blog. Ces considérations nous éloignent en tout cas de Braziliana que d'aucun considère (bon à vrai dire la bible du All Music Guide, pour les autres et les musicologues spécialistes de la MPB, je n'en sais absolument rien) comme un chef-d'oeuvre de la musique populaire brésilienne (ou MPB) (http://www.allmusic.com/cg/amg.dll?p=amg&sql=10:azfrxqrgldse ) et qui oblige à dégaîner la mitrailleuse à superlatifs, ce qui rend l'exercice critique assez confondant de banalité. Comment être original à l'écoute de ce joueur de guitare de génie. Luiz Bonfa explore tous les registres musicaux avec la même maestria, du jazz à la samba en passant par la pop, accompagné de main de maître par son épouse, Maria Toledo. Les orchestrations sont subtiles, brillantes et sophistiquées, accompagnant à merveille la guitare acoustique. Difficile de distinguer des morceaux en particulier quand un album est entré dans le patrimoine musical de l'humanité. On peut juste laisser sa subjectivité parler et ma préférence va donc pour Samba De Orfeu, dont la mélodie ne pourra plus jamais vous quitter.

The All Music Guide sums it very well: Braziliana is a pure masterpiece and an absolute must-have.

Luiz Bonfa & Maria Toledo - Samba De Orfeu

samedi 23 août 2008

Sônia Rosa - A Bossa Rosa De Sônia (Continental/Warner - 1967)

Le cinquantenaire de la bossa nova, que l'on fête cette année, m'avait fait espérer la sortie de rééditions à la pelle. A part une poignée d'albums chez EMI, il n'en est hélas rien. Les CD ne se vendent plus et du coup pas même la moindre compilation plus ou moins frelatée à se mettre sous la dent, du moins pour le moment. C'est fort dommage d'autant que l'immense patrimoine de la musique brésilienne est largement sous-exploité en France et l'amateur devra se tourner vers les imports ou l'excellents blog de Loronix (http://loronix.blogspot.com/) pour combler sa soif de nouveautés. Sônia Rosa reste donc largement inconnue par chez nous et je suis tombé sur ce disque par hasard en consultant la liste des CD à moins de 9$ de Dusty Groove (http://www.dustygroove.com/). A Bossa Rosa de Sônia est une pure et splendide petite merveille, qui saura vous apporter la paix et la sérennité encore plus rapidement qu'en suivant les enseignements du Dalaï Lama. Pour palper la texture globale de l'album, rappelez-vous Claudine Longer chantant Nothing To Lose dans le film The Party et vous toucherez du doigt le bonheur. Puisque l'on parle de bonheur et que ce disque est introuvable en Europe à des prix corrects, vous pourrez le télécharger grâce au lien ci-dessous.

A pure, marvelous and unknown bossa nova album. Sônia Rosa sounds a bit like Claudine Longer in the movie The Party when she sings Nothing To Lose. You can download it with the following link, as this album is largely unavailable in Europe.

Sônia Rosa - A Bossa Rosa De Sônia