vendredi 26 septembre 2008

Ghostface Killah - The Big Doe Rehab (Def Jam - 2008)

Coucou le revoilou, le plus fameux des rappeurs masqués, le catcheur du hip hp, Dennis Cole aka Ghostface Killah, en pleine fixette Scarface avec sa pochette d'un goût exquis, hommage à Long Live The Kane de Big Daddy Kane. Sur fond de billets de 100 dollars, notre homme, vécu d'un magnifique costume blanc, d'une délicieuse chemise rouge au col italien parfaitement associée à un petit bonnet en laine rouge et surtout, cerise sur le gâteau, à une chaîne en or et des bagouzes tout en retenue et en discrétion. Touche ultime de sophistication, une distinguée et plantureuse infirmière, mamairement avantagée, lui éponge amoureusement et délicatement le bonnet en laine. Rien n'est laissé au hasard: la couronne en velours violet posée sur le tas de billets devant Ghostface est assortie à la chaise sur laquelle est assis notre homme. Je suis un peu déçu que Ghostface n'ait pas trouvé de trône style empire. C'est bien simple, depuis les fameuses pochettes des albums sortis par No Limit et réalisées par Pen & Pixel, on n'avait pas fait plus classe dans le hip hop. On peut peut-être aussi même créer une sous-catégorie dans le rap, celle des albums avec une pochette à la thématique médicale. Personnellement, je vois déja dans cette catégorie

- Dr Octagonacologyst de Dr Octagon,
- We Can't Be Stopped des Geto Boys,
- Malpractise de Redman.

Promis dès que j'en trouve d'autres, je les rajouterais à la liste.

Bon vous me direz, c'est bien beau tout ça mais comment ce héro des 90's comme le fût Ghostface, parvient-il à survivre aux années 2000? Eh bien pas trop mal en fait, grâce à une fidélité à son jeu et à ses fondamentaux : samples soul gros comme le bras (et même parfois archi-cramés comme le Superman Lover de Johnny Guitar Watson), rimes complexes, rythmiques boom-bap classiques et invités de prestige de la galaxie Wu-Tang venus cachetonés (Raekwon, Method Man, Cappadona, Masta Killa, U-God).

Hip hop icon of the 90's, Ghostface Killah achieve to survive to the 00's by delivering another strong offering, despite an awful artwork.



Ghosface Killah feat. Kid Capri - We Celebrate

lundi 15 septembre 2008

Culture - Two Sevens Clash (Shanachie - 1978)

La Jamaïque est une anomalie. Comment une île perdue au milieu du trou du cul des Caraïbes, peuplée principalement de 2, 5 millions de miséreux, gangrénée par une violence endémique et une instabilité politique chronique, a pu être à l'origine d'une musique aussi séminale, fondamentale et lumineuse que le reggae? Pourquoi là et pas dans une autre des nombreuses îles du coin? Comment le génie musical a-t-il pu être à ce point sur-représenté dans ce coin de terre montagneux, surtout réputé pour ses matières premières (la bauxite) et ses usines à bronzer pour bovin américain aviné? Personnellement je n'ai aucune explication ni même la moindre once de début de commencement théorie abracadabrantesque. Tout juste ce ravissement exquis qui fait hérisser les poils sur le bras lorsque vous vous prenez en plein dans les oreilles un miracle musical comme Two Sevens Clash. Produit par The Mighty Two (soit la paire Joe Gibbs/Errol Thomson), mis en musique par les Revolutionaries, Two Sevens Clash est l'un des sommets incontesté et incontestable du reggae roots, le genre d'album à même de convertir les masses en perdition au culte de Jah, distillant bonnes vibrations, paix et allégresse dans les coeurs et dans les âmes. C'est bien simple, posséder cet album devrait être obligatoire.

Absolute reggae classic!!! A mandatory must-have!! No excuses allowed!!! Go and buy this album immediately!!! I mean now!!!

Culture - Two Sevens Clash

En guise de cadeau, tonton Zorba vous offre cet extrait de Culture en live. Enjoy, peace.


dimanche 14 septembre 2008

Simian Mobile Disco - Sample And Hold: Attack Decay Sustain Release (Wichita - 2008)

Les Simian Mobile Disco ont réussi un quadruple exploit:

- Devenir les producteurs (enfin surtout James Ford) parmi les plus capés et hype de la planète;
- Etre un des seuls groupes marquants de ces dix dernières années officiant dans le secteur, pourtant jadis porteur, des musiques électroniques;
- Etre aussi forts en live que sur disque (du moins paraît-il car je ne les ai, hélas, jamais vu);
- Réhabiliter avec succès le genre de l'album de remixes, en général peu propice aux chefs-d'oeuvre mais beaucoup plus aux bouses opportunistes.

Dans ce dernier domaine, je me suis amusé à essayer de dénombrer les albums vraiment réussis dans le genre et que j'écoute toujours. J'ai à vrai dire eu beaucoup de mal à trouver un titre. A part peut-être Jazzanova et l'album de remixes d'In Between, Remixed, je pense vraiment réussi. Ah remix, genre maudit, que de merde a-t-on assemblé à la va-vite en ton nom, fournissant des piges à des cachetonneurs de studio qui ne peuvent quand même pas être inspirés à chaque coup (n'est-ce pas les Masters At Work).

Pour tous ces vampires de la médiocrité, écouter Sample And Hold c'est convoqué l'ail et le crucifix. A cause du choix des remixeurs en faît, rares, pour le moins pointus, de bon goût et n'ayant pas encore dépassés la date de péremption en matière d'inspiration mais plutôt en pleine possession de leurs moyens. De Simon Baker, nouveau prodige anglais de la deep house, proche de Jamie Jones, à Invisible Conga People, nouveaux espoirs de DFA, qui envoient I Got This Down se promener du côté de The Orb et de Detroit au tournant des 90's. De Shit Robot, qui assaisonnent It's The Beat à la sauce electro rock à Joakim, qui fait danser l'electro boogie à Hustler. De Pinch, qui se livre au numéro dubstep de rigueur sur I Believe, à Cosmo Vitelli qui n'abandonne pas la pop sur Hotdog mais retrouve le sens du pied qui cogne. Du space disco de Wooden, parfait exercice de Danton Eeprom, à Love, dans la même veine de par les bons soins des Beyond The Wizard's Sleeve, alias Erol Alkan et Richard Norris. Ne reste plus que l'exercice d'electronica noisy des légendes ressucitées (Scott remixé par les mythiques et cultes new-yorkais de Silver Apples) et le portnawak de Chrome Hoof qui reprend Clock, on dira de façon assez absconce dans son approche, et le panorama de ce qui fait frétiller de joie l'internationale des dance-floors élitistes est complet.

Simian Mobile Disco don't satisfy themselves by being one of the best band around. They reinvent the remix album concept with a devastating selection of top notch remixers.

Simian Mobile Disco - Hustler (Joakim Remix)