jeudi 2 octobre 2008

Africa, j'ai envie de danser comme toi

Le procès de l'Angolagate va enfin s'ouvrir le 6 octobre prochain devant le tribunal correctionnel de Paris après plusieurs années d'investigations mollement menées. Voilà qui ne raménera pas les centaines des milliers de morts des vingt-cinq années de guerre civile et ne résoudra pas non plus le marasme dans lequel l'Afrique se débat depuis la décolonisation. L'actuelle crise financière qui menace d'engloutir les économies occidentales sera de même bien entendue ramassée de plein fouet par des économies déjà vacillantes, qui se verront se fermer un peu plus la pompe à crédits. Pourtant l'Afrique est tendance. L'Afrobeat, de Foals à Vampire Weekend, est la source à laquelle viennent s'abreuver pas mal de groupes actuels, le punk funk, le krautrock et le baile funk commençant déjà à lasser leur monde. Espérons que cette vaguelette permettra à des artistes, déjà frappés par les restrictions de visa (http://www.zonefranche.com/actu_detail.php?actuzfID=829&typeactuzfID=1&PHPSESSID=b9e345f501c755), de gagner une audience trop souvent limitée au public dit de la world music et à d'autres d'enfin gagner la considération méritée.

C'est ainsi toute une scène qui commence à être découverte, du kuduro angolais au sud-africain DJ Mujava, dont le Township Funk, tout juste signé par Warp, affole toute la planète électro. Il faut dire que sa rythmique tribale, entre kwaito et breakbeat, sa mélodie synthétique bontempi à la Aphex Twin et sa basse à la Moroder forment un cocktail puissamment narcotique et entêtant.

DJ Mujava - Township Funk



Raison de plus pour aussi revenir à la source et redécouvrir de bons vieux classiques. Vampisoul se lance dans une réédition des premiers morceaux de Fela sur une très intéressante compilation, Lagos Baby, qui permet de découvrir une autre facette d'un roi de l'Afro-Beat alors encore en devenir.

Fela Ransome Kuti - Lagos Baby

Raison aussi de se rappeler du plaisir que l'on peut prendre à conduire une voiture aux beaux jours, toutes vitres ouvertes, le Disco Hi-Life d'Orlando Julius à tue-tête dans l'autoradio.

Orlando Julius - Disco Hi-Life

Africa is a new trend. Which doesn't mean that Africa will be out of trouble pretty soon.

lundi 29 septembre 2008

Collection Automne (septembre 2008)

Mes quelques lecteurs me suppliaient depuis un moment déjà. Soit réaliste Zorba le Break, ton blog avec ses chroniques d'albums déjà sortis depuis 6 mois et de films asiatiques, personne n'en a rien à foutre et la majorité s'en bât même carrément les couilles. Non fait plutôt comme les autres: mets nous à disposition du cul et des morceaux subjectivement sélectionnés, bien commentés, pertinents, comme sur plusieurs millions d'autres blogs musicaux. Peu importe le genre et le style, on veut juste du son pour nos lecteurs MP3 affamés et voraces. Dont actes mes petits... Voici donc un premier essai en la matière avec pour unique fil conducteur le concept de disco sexy.

On va commencer sans subtilités aucune avec Tittsworth, prodige du Baltimore Club, le genre de musique de ghetto énervée basée destinée à faire se secouer du bassin et en général bassée sur uniquement deux breakbeats (c'est pas moi, c'est Wikipédia qui le dit http://en.wikipedia.org/wiki/Baltimore_Club): Sing Sing de Gaz, et Think (About It) de Lynn Collins.

Tittsworth - Broke Ass Nigga

L'efficacité n'a pas non plus été perdue de vue par DJ Koze qui se livre à un pastiche de Alan Braxe & Fred Falke avec son remix du Minimal de Matias Aguayo, qui envoie Kompakt danser à la fin des années 90 aux soirées Respect du Queen. Rien n'a été oublié, pas même le Radio Edit et ce titre devrait bientôt figurer en synchronisation avec les reportages de M6 sur comment vendre sa maison.

Matias Aguayo - Minimal (DJ Koze Maxi Version)

Puisque nous sommes au rayon French Touch, Sébastien Tellier constitue une magnifique passerelle entre les 1.0 et 2.0. Découvert par Air, notre dandy barbu se fait aujourd'hui tailler un costard électro saturé et fluo par Sebastian.

Sebastien Tellier - Sexual Sportswear (Sebastian Remix)

Après la French Touch 2.0, deux sous-genres se doivent d'être représentés de nos jours pour avoir l'air cool: la deep house et le néo kraut/cosmic/disco (rayer la mention inutile).

Côté deep house, c'est une fois de plus chez les Allemands et notamment du côte d'Innervisions que ça se passe, avec une aproriation electro du concept de super-groupe, pourtant souvent réservé au rock, pour un voyage tribal du côté de Detroit.

Ame, Henrik Schwarz, Dixon - D.P.O.M.B. (Version 2)

Pour le côté disco cosmique, la vérité vient du Nord avec ce long remix trippant de Dolle Jolle par Todd Terje, découvert sur le blog des Fluokids.

Dolle Jolle - Balearic Incarnation (Todd Terje's Extra Doll Mix)

That's all folks!!!

vendredi 26 septembre 2008

Ghostface Killah - The Big Doe Rehab (Def Jam - 2008)

Coucou le revoilou, le plus fameux des rappeurs masqués, le catcheur du hip hp, Dennis Cole aka Ghostface Killah, en pleine fixette Scarface avec sa pochette d'un goût exquis, hommage à Long Live The Kane de Big Daddy Kane. Sur fond de billets de 100 dollars, notre homme, vécu d'un magnifique costume blanc, d'une délicieuse chemise rouge au col italien parfaitement associée à un petit bonnet en laine rouge et surtout, cerise sur le gâteau, à une chaîne en or et des bagouzes tout en retenue et en discrétion. Touche ultime de sophistication, une distinguée et plantureuse infirmière, mamairement avantagée, lui éponge amoureusement et délicatement le bonnet en laine. Rien n'est laissé au hasard: la couronne en velours violet posée sur le tas de billets devant Ghostface est assortie à la chaise sur laquelle est assis notre homme. Je suis un peu déçu que Ghostface n'ait pas trouvé de trône style empire. C'est bien simple, depuis les fameuses pochettes des albums sortis par No Limit et réalisées par Pen & Pixel, on n'avait pas fait plus classe dans le hip hop. On peut peut-être aussi même créer une sous-catégorie dans le rap, celle des albums avec une pochette à la thématique médicale. Personnellement, je vois déja dans cette catégorie

- Dr Octagonacologyst de Dr Octagon,
- We Can't Be Stopped des Geto Boys,
- Malpractise de Redman.

Promis dès que j'en trouve d'autres, je les rajouterais à la liste.

Bon vous me direz, c'est bien beau tout ça mais comment ce héro des 90's comme le fût Ghostface, parvient-il à survivre aux années 2000? Eh bien pas trop mal en fait, grâce à une fidélité à son jeu et à ses fondamentaux : samples soul gros comme le bras (et même parfois archi-cramés comme le Superman Lover de Johnny Guitar Watson), rimes complexes, rythmiques boom-bap classiques et invités de prestige de la galaxie Wu-Tang venus cachetonés (Raekwon, Method Man, Cappadona, Masta Killa, U-God).

Hip hop icon of the 90's, Ghostface Killah achieve to survive to the 00's by delivering another strong offering, despite an awful artwork.



Ghosface Killah feat. Kid Capri - We Celebrate