dimanche 19 octobre 2008

Fleet Foxes - Fleet Foxes (Bella Union - 2008)

Comment parler de Fleet Foxes? Comment encore trouver un truc original à dire sur ce groupe avec l'hystérie critique qui les entoure? Faut-il vraiment perdre son temps à trouver une approche originale lorsque un quintet fait à ce point l'unanimité? Vous aurez donc compris que tout le monde, de Pitchfork, qui leur a collé un 9.0 ( http://www.pitchforkmedia.com/article/record_review/51076-fleet-foxes-fleet-foxes) aux Inrocks (leur concert prévu à l'Olympia dans le cadre du Festival des Inrocks du mois de novembre a été le premier complet), en passant par par la bande des quatre T Trax, Tsugi, Technikart, Télérama et en fait l'ensemble des blogs musicaux mondiaux, tout le monde trouve ça bien. Il est vrai que la barre est haute. La pochette reproduisant un tableau de Bruegel l'Ancien a impressionné tout le monde et donne au groupe une petite touche intello et cultivée qui flatte l'auditeur et le critique. Rien à reprocher non plus aux artistes mentionnés dans les remerciements de l'album. Il n'y a que du lourd, du sérieux là encore, et nulle influence honteuse italo-disco ou glam rock: Karen Dalton, Brian Wilson, Joanna Newsom, Bob Dylan, Neil Young, John Atkins (non pas Juan Atkins ne rêvez pas), Gilberto Gil, Arthur Lee, Marvin Gaye, Damien Jurado, Paul Simon, John Lennon, Townes Van Zandt, Vashti Bunyan, Van Morrison mais aussi, excusez du peu, Charles Mingus, Stravinsky, Ravel, Debussy, Steve Reich. Alors, devant un tel étalage d'érudition musicale, moi j'ai envie de leur parler aux Fleet Foxes, de tenter de rentrer en contact avec eux Eh oh ça va pas les mecs, vous ne savez pas qu'aujourd'hui la seule influence qui vaille c'est Daft Punk? Vous avez entendu parler de l'afrobeat et du disco?Vous espérez vraiment séduire d'autres personnes que les trentenaires et les quadragénaires amateurs de rock indé? Vous rigolez quand même des fois? Bien sûr c'est super beau votre musique. Il n'y a rien à dire, pas une note de travers. Vos harmonies sont splendides, vos choeurs aériens, vos envolées de chordes magiques. Mais bon, quand même, quand est-ce qu'on danse?

Fleet Foxes - White Winter Hymnal



Splendid music but you can't help to ask a question to those guys: do you have fun sometimes?

Fleet Foxes - He Doesn't Know Why

samedi 18 octobre 2008

Ruthie Foster - The Phenomenal Ruthie Foster (Blue Corn Music/Proper Records - 2006)

Agréable découverte de ce samedi d'octobre ensoleillé, Ruthie Foster semble, si l'on en croit sa biographie officielle, s'être pas mal cherchée et appartient même à la catégorie des chanteurs qui marchent au diesel: de longues années de tournées et de galères dans divers groupes, une signature avortée sur Atlantic et un premier album, The Phenomenal Ruthie Foster, qui commence à trouver son public deux ans après sa sortie. En fait, Ruthie Foster semble avoir trouvé sa voie en se rappelant ses origines texanes et en ancrant sa musique dans ce que les sudistes maîtrisent le mieux (non on ne parle pas ici de dirty south, de snap, de booty bass ou de crunk): la deep soul, le gospel, le blues et la country, genres maîtrisés à la perfection avec la classe, la nonchalence facile désarmante et la perfection des plus grandes, ausquelles la presse U.S. l'a rapidement comparée (Aretha Franklin, Ella Fitzgerald, excusez du peu). Sa reprise du Up Above My Head (I Hear Music In The Air) de Sister Rosetta Thorpe est ainsi tout simplement splendide et rappelle un peu le Way Down In The Hole de Tom Waits, qui sert de générique à la défunte et excellente série The Wire. 'Cuz I'm Here qui ouvre l'album, est lui capable d'en remontrer à pas de jeunes divas de la scène néo-soul, tout comme d'ailleurs Heal Yourself ou Fruits Of My Labor.

Il fallait oser appeler son premier album The Phenomenal. Même les rappeurs shootés au syrup qui pullulent en ces contrées, catégorie d'artistes pas franchement portés sur la modestie, n'avient pas osés. Concernant Ruthie Foster, cela s'est avéré être une excellente idée.

Ruthie Foster - 'Cuz I'm Here

Ruthie Foster is a slow-burner. It took her several years before success came at the door. But when you consider the quality of her first album, The Phenomenal Ruthie Foster, it is largely deserved.

mardi 14 octobre 2008

T-Love - Long Way Up (The Basement Tapes) - (Brawl Records - 2008)

Long Way Back fût l'une des plus agréables suprises de l'année 2003. Depuis, on avait un peu perdu de vue la rappeuse Taura Love, alias T-Love, jusqu'à ce que ce florilège de titres rares et inédits sorte un peu par surprise. Si l'on en croit la bio de la rappeuse, il s'agirait même de son testament, la belle ayant décidé de se consacrer au chant de laisser tomber le rap. C'est dommage, car elle montre une parfaite maîtrise des deux disciplines, chose suffisamment rare pour être signalée. Pour son chant du cygne, justement, T-Love s'est plongée dans ses archives, exhumant 21 perles enregistrées entre 1988 et 2002 avec Mudfoot (devenu ensuite Alchemist), DJ Lethal (jadis DJ des sautillants House Of Pain), The Herbaliser, Kenny Segal, Frankenstein, Beyond There, Mike Green ou encore That Kid Named Miles. Bien que soniquement daté, force est de constater que l'ensemble est plus que solide et tient même encore franchement la route. Tout considéré, la qualité de l'ensemble est même mille fois plus fraîche que pas mal de trucs sortis dernièrement. C'est peut-être même là le problème: écouter des chutes de studio enregistrées dix ans en arrière et se rendre compte que c'est mieux que ce qui est fait aujourd'hui. Ou bien c'est la preuve manifeste que l'on vieillit et que décidemment tout était VRAIMENT mieux avant, ou bien c'est juste la preuve qu'une certaine partie de la scène hip hop contemporaine, une fois sorti de la grosse artillerie commerciale, n'a pas forcément brillé dernièrement par sa capacité à innover. et à inventer de nouvelle formes. Si pas mal de morceaux de Long Way Up sont bâtis sur le même schéma (une boucle jazzy, quelques scratchs et échos sur un beat boom bap), quelques morceaux se détachent particulièrement et se révèlent être même de purs et rares moments de grâce. On My Mind, produit par Beyond There, s'avère être très largement au niveau de ce que fait aujourd'hui à prix d'or Mark Ronson pour Amy Winehouse. Quand on écoute Foolish Pride, on comprend aussi beaucoup mieux la longévité d'un groupe comme Herbaliser, responsable de l'instru. Take Control, oscille lui entre drum&bass et nu-soul tandis qu' Aromatherapy retrouve l'esprit des premiers morceaux de Portishead. On soulignera enfin l'efficacité de Fortress, comme échappée d'une session avec DJ Premier, même si c'est Frankenstein qui est derrière la console. On signalera tout de même juste pour rire qu'il existe aussi un chanteur polonais atroce qui répond au nom de T.Love. Par pitié pour vos oreilles, vous ne trouverez dans ce blog aucun lien conduisant vers des extraits de son oeuvre.

T-Love - On My Mind

Long Way Up is the last effort of T-Love in hip hop, T-Love (who must not be mistaken for the shitty polish singer named T.Love) renouncing to rap for a full-time signing career. She digged deep in her personal archives to exhume 21 excellent songs, some of which are absolutely oustanding (On My Mind, Foolish Pride, Take Control, Aromatherapy, Fortress).