vendredi 14 novembre 2008

Le Maître d'Armes (Fearless) (Ronny Yu - Rogue Pictures - 2006)

Après une bonne dose de Shaw Brothers, voir un kung fu pian réalisé récemment change agréablement. Le Maître d'Armes fait office de purgatoire et de résurrection pour Jet Li et Ronny Yu, dont il scelle le retour au pays après pas mal de déboires hollywoodiens, entre séries B plus au moins réussies, petit rôles et bessoneries nanardeuses. Ni le metteur en scène, ni l'acteur ne prennent donc le moindre risque, comptant l'histoire authentique d'un héro chinois de la fin du 19ème siècle, Huo Yuanjia, dont le parcours revêt une trame dramatique très classique. Fils d'un maître des arts martiaux, Huo Yuanjia devient un lutteur craint dont la vanité cause l'assassinat de sa fille et de sa mère. Dévoré par la douleur, Huo ère sur les routes et est recueilli par une famille de paysan pendant plusieurs années. La communion avec la nature lui permettra de retrouver la paix intérieure et de regagner Tianjin où il fait amende honorable et découvre avec amertume la Chine sous la tutelle humiliante des puissances occidentales. Huo décide alors de remonter sur le ring afin de défier les champions occidentaux, sauver l'honneur de la Chine et créer un école d'art martiaux. Il finira empoisonné au cours d'un combat suite à la perfidie d'un homme d'affaire Japonais.

On est en terrain archi connu: glorification exacerbée du nationalisme chinois, désir de revanche (tempéré par le personnage d'un lutteur japonais qui s'oppose aux pratiques de son compatriote empoisonneur), cheminement intérieur, philosophie asiatique de café PMU et renaissance dans la douleur à travers la pratique des arts martiaux et l'exil.

Mais si le fond ne brille guère par son originalité, la forme est sans faille: gros budget visible à l'écran, photo splendide, réalisation au cordeau, combats brutaux réglés au millimètre par un Yuen Woo-Ping en forme et surtout présence de Jet Li. Ce dernier s'essaie d'abord (avec un peu de maladresse) à une palette dramatique plus complexe qu'à l'accoutumée dans ses films chinois mais finit par réendosser le costume du héro chinois, sobre, chaste, invincible et infaillible (sinon par traitrise), très proche du Wong Fei Hung d'Il Etait Une Fois En Chine, qu'il maîtrise parfaitement.



The plot of Fearless is not very original but the alliance of Yuen Woo-Ping and Jet Li is the insurance of seing exciting fights.

mardi 11 novembre 2008

Un jour j'irais à New York avec toi...

Si j'en crois les statistiques de connexion, la collection de novembre semble plutôt plaire. Comme tout bon commerçant, il me faut donc envisager un réassortiment. Pas question, cependant, de livrer de la marchandise frelatée ou de banalement me livrer à une exégèse du Dirty South. Concentrons nous plutôt sur la Grosse Pomme et ses héros du micro comme 9th Wonder. 9th Wonder n'a jamais livré le moindre beat frelaté. Tout au plus peut-on concéder de temps à autre un légère baisse de forme pas forcément étonnante, notre homme s'étant spécialisé dans la production d'albums entier. Si on tire un bilan de son actualité discographique de la rentrée, on émet un peu de réserve sur l'album de Buckshot mais par contre on s'enthousiasme sur le travail réalisé avec Jean Grae sur Jeanius, à base de beats qui claque ta face et de samples soul à faire pleurer ta mère.

Jean Grae - Love Thirst

GZA est lui aussi en pleine forme, le vétéran du hip hop quadragénaire s'étant décidé à venir fesser les fesses roses de ce gros bébé de 50 Cent sur Paper Plate, extrait de son nouvel album, Pro Tools, et produit par le metteur en son officiel du Wu Tang, dont le nom est tout aussi imprononçable que le sien, RZA.

GZA - Paper Plate

Il serait dommage de parler du Wu Tang sans honorer la mémoire de son héros, Old Dirty Bastard, comme le font très bien ses protégés de Brooklyn Zu.

Brooklyn Zu feat. ODB - Do It For

AZ, lui, semble être à la poursuite de sa propre légende depuis les débuts de sa carrière. A propos, je note pour la première fois une étrange similarité entre son nom, AZ, et celui de GZA. Je n'avais même jamais fait attention, comme quoi tout arrive.

AZ - Undeniable

La moitié de Heltah Skeltah, Rock, a tout juste été libéré de prison pour présenter sa nouvelle mixtape, Shell Shock, quand pas mal basée sur ses dêmélés judiciaires. Tempmurda, avec son sample gros comme une poutre du morceau de Snoop Dogg, Murder Was The Case, est ma fois d'excellente facture. Par contre, je n'en ai pas trouvé le producteur.

Rock - Tempmurda

dimanche 9 novembre 2008

Collection Automne (Novembre 2008)

Mais qu'est-il arrivé à John Legend? Celui-ci semble avoir troqué son piano et sa splendide nu soul contre un synthé Yamaha échappé des 80's et nous pond Evolver, un album criard, prétentieux et boursoufflé, osant tout: les mélodies pompières , les chansons sirupeuses et un sample très premier degré de Dire Straits. Là, on ne suis plus, mais alors plus du tout. Du marasme on sauvera juste Green Light, qui, accompagné d'André 3000 d'Outkast, adopte le style drum & bass liquid d'Hospital Records.

John Legend feat. André 3000 - Green Light

De toute façon l'électro est la nouvelle terre que les producteurs américains viennent explorer à la recherche de matière première, que ce soit dans sa version eurodance (cf. T.I. ou Wiz Khalifa) ou au contraire, dans sa version minimaliste et tribale sous forte influence Detroit, à l'instard de Ron Brownz, accompagné des bourrins du Dipset Jim Jones et Juelz Santana sur Pop Champagne.

Ron Brownz feat. Jim Jones & Juelz Santana - Pop Champagne (Remix)

Je suis prêt à parier ma chemise que Siriusmo ne devrait d'ailleurs pas tarder à être pillé, vu la qualité des productions du teuton. Et quand c'est Boys Noize qui signe la version edit de Mein Neues Fahrrad sur son propre label, BNR, les jambes et/ou la nuque ne s'en remettent pas.

Siriusmo - Mein Neues Fahrrad (Boys Noize Edit)

Quelques uns pourtant se contrefoutent de l'electro et restent de fidèles gardiens du temple classique, tels Devin The Dude et son hip hop laidback et enfumé. Devin a frappé à quatre reprises cette année avec trois albums coup sur coup (Smoke Sessions Vol. 1, Hi Life, Landing Gear) et un best-of, Greatest Hits, pour Rap-A-Lot. Tout cela sent la fin de contrat et j'espère que Devin The Dude, l'un des rappeurs de Houston les plus injustement sous-estimés, rebondira très vite.

Devin The Dude - I Can't Make It Home