samedi 20 décembre 2008

Jimmy Ruffin - The Ultimate Motown Collection (Motown/Universal - 2003)

Honnête artisan d'un R&B classique à l'ancienne, Jimmy Ruffin a été largement oublié par les encyclopédistes de la soul. Ce n'est par contre pas le cas de son frère cadet, David Ruffin, entré à la postérité en 1964 en remplaçant Elbridge Bryant au sein de The Temptations. Lui-aussi signé sur Motown au début des années 60, Jimmy végéta 3 ans, devant gagner sa vie comme ouvrier sur les chaînes automobiles de Ford. La chance finit par tourner en 1966 avec What Becomes Of The Brokenhearted. Ecrit par James Dean, William Weatherspoon et Paul Riser, ce classique de la Motown, était en fait destiné au groupe The Spinners. Jimmy dû litérallement supplier les auteurs de lui laisser tenter sa chance. Bien leur en prit, car le succès du morceau permit enfin à Jimmy de quitter Ford et de vivoter de son art. Après une poignée d'albums pour Motown (Jimmy Ruffin Sings Top 10, Ruff'N'Ready, I Am My Brothers Keeper avec son frère, The Groove Governor), Jimmy, adulé par la scène Northern Soul, quitta Motown, signa avec Atco puis Chess et finit par émigrer en Angleterre. Homme d'un seul tube pour le plus grand nombre, Jimmy Ruffin restera à jamais adulé par une poignée de fidèles éclairés. On signalera quand même que le répertoire de Jimmy Ruffin a été très peu utilisé et samplé. J'ai tout juste retrouvé la trace d'un morceau de Wyclef Jean, Industry, qui utilise What Becomes Of The Brokenhearted. Ses premières secondes, avec sa basse profonde et sa rythmique boom bap mériteraient pourtant largement d'être davantage exploitées.

Jimmy Ruffin - What Becomes Of The Brokenhearted (Alternate Mix With Spoken Intro)

Jimmy Ruffin, older brother of David Ruffin, of The Temptations fame, is still largely unknown excpet in England amon Northern Soul fans. His only hit, What Becomes Of The Brokenhearted, remains an absolute soul classic.



vendredi 19 décembre 2008

Jazzanova - Of All The Things (Sonar Kollektiv/Verve - 2008)

Mine de rien, les Jazzanova s'installent parmi les acteurs les plus pertinents de la scène électronique actuellle. Leurs deux albums de remixes restent des indépassables du genre, leurs compilations rivalisent aisément avec celles de Gilles Peterson, et leur label, Sonar Kollektiv, loin de rester cantonner au downtempo ou au broken beat, a contribué a relancé la deep house avec des artistes comme Ame ou Dixon. Et comme de bien entendu, avec leur deuxième long format, Of All The Things, les Allemands frappent là où on ne les attend pas. Un peu comme Nuyorican Soul ou les 4 Hero l'avaient fait auparavant, les Jazzanova délaissent les beats destructurés ou l'electro à proprement parler pour une nu soul soyeuse, gorgée de cuivres enfiévrés, balayant tout l'éventail de leurs influences. Si Look What You're Doin' To Me pourrait être tirée d'un vieil album de Roy Ayers, So Far From Home feat. Phonte est très proche des productions de 9th Wonder ou d'un Kanye West, tandis que la brésilianerie Gafiera feat. Pedro Martins & Azymuth est largement au niveau du meilleur du label Far Out. Plus surprenants, certains morceaux s'avérent de parfaits petits joyaux de pop mélodique à la Sufjan Stevens (Lie feat. Thief) ou à la Antony And The Johnsons (Little Bird feat. José Bird). Excellent signe, loin de lasser ou de sembler aseptisé, l'album gagne en intensité à chaque nouvelle écoute. Bon ben, je crois que nous tenons là un sans faute énorme. Allez hop, directement dans mon top 2 de 2008 avec MGMT.

Jazzanova feat. Paul Randolph - Let Me Show Ya

I'm short of superlative for this record and this is a real surprise because I really didn't know what to expect from Jazzanova sophomore album. Far from the broken beat they've been known for, Of All The Things is a a nu soul and pop masterpiece.

mardi 16 décembre 2008

Nuggets - Original Artyfacts From The First Psychedelic Era - 1965-1968 (1972 - Elektra/Rhino)

Que dire de plus sur Nuggets qui n'ait pas déjà était dit par de beaucoup plus doués? Sinon encore une fois que ce fût sans doute la première compilation a avoir autant sinon plus d'influence et d'importance dans l'histoire du rock que les artistes compilés. Ces 27 perles psychédéliques, assemblées par le fondateur d'Elektra Records, Jac Holzman, et par Lenny Kaye, futur guitarite du Patti Smith Group, sont réputées avoir été à l'origine du punk et continuent encore de nos jours à traumatiser pas mal de groupes en "The". Bref, ce que l'on qualifie souvent de disque fondateur et séminal. S'en était d'ailleurs l'ambition originelle. Dans ses notes de pochettes, Lenny Kaye avoue avoir voulu saisir le son de la révolution rock en marche en Amérique à la suite de la British Invasion, une captation en direct live d'un état d'esprit qui allait trouver son apothéose à Woodstock et son épitaphe à Altamont. Pour la première fois aussi, sans doute, des musiciens blancs ne se contentent pas de piller la musique des Noirs mais s'en inspirent pour l'emmener ailleurs, grâce notamment à la magie miraculeuse induite par la démocratisation massive des drogues qui accompagne ce mouvement. Pas encore hippies barbants, ces jeunes gens élégants à la coupe au bol maltraitent leurs guitares à grands coups de riffs orgiaques, s'envolent dans des spirales d'orgue Hammond, entre ambitieuses cathédrales pop et blues primal.

Mouse - A Public Execution

Absolutely seminal, this compilation of psychedelic music of the 60's has originated punk rock and is still higly influential on a lot of today "The" bands.