dimanche 21 décembre 2008

Sly Dunbar - Sly, Wicked And Slick - Extra Version (Virgin - 1991)

Batteur de légende du reggae, Sly Dunbar a imposé sa touche magique sur la plupart des chef-d'oeuvre du genre, le plus souvent accompagné de son compère bassiste Robbie Shakespeare. C'est bien simple: il n'y a quasiment aucun disque de reggae produit dans la seconde moitié des années 70 dont ils sont absents. D'abord musiciens au sein des Revolutionaries, le groupe officiel de Channel One, le duo va très vite s'émanciper, créant Taxi Records, d'où déboucheront des collaborations avec Gregory Isaacs et surtout Black Uhuru. La renommée de la section rythmique est telle au début des années 80 qu'elle leur permet d'entamer une fort lucrative seconde carrière de requins de studio, accompagnant le gratin frelaté du son pop FM mondial (Simply Red, Sinead O'Connor, Joe Cocker, etc.)

Du coup, les albums publiés sous leur propre nom sont plutôt rares. Sly Dunbar en a publié quatre: Simple Sly Man, en 1978, Sly, Wicked And Slick, en 1979, Sly Go Ville en 1982 et Reggae Drumsplash en 1997. Sly, Wicked And Slick - Extra Version, sorti chez la collection reggae de chez Virgin, Front Line, regroupe les deux premiers. Essentiellement composés de dub instrumentaux, Sly, Wicked And Slick et Simple Sly Man se différencient par leur exceptionnelle qualité mélodique et la richesse de leur instrumentation. C'est suffisament rare dans le dub pour être signalé. Ce n'est pas forcément étonnant non plus, les plus fines lames de la Jamaïque ayant collaboré à l'album. Au fil des morceaux on trouve ainsi Robert Shakespeare à la basse, Ansell Collins au piano, Tommy McCook au saxophone, Earl 'China' Smith à la guitare tandis que Black Uhuru et Althia & Donna assurent quelques interventions vocales. En pleine possession de ses moyens, Sly Dunbar peut tout se permettre: coller la ligne de basse du Staying Alive des Bee Gees au milieu d'Oriental Taxi ou reprendre le tube disco spacey d'Universal Robot Band, Dance And Shake Your Tambourine, le genre de reprise reggae qui transformera la plus morne des soirées de Noël avec Mémé en infernale bacchanale.

Sly Dunbar - Dance And Shake Your Tambourine

Even if he has collaborated to several thousand of songs with Robbie Shaskespeare, Sly Dunbar has produced only a handful of albums under his own name. Sly, Wicked And Slick - Extra Version reunites two albums: 1979's Sly, Wicked And Slick and 1978's Simple Sly Man. Both are instrumental dub albums with extraordinary melodic quality coupled with strong disco influences, as is shown in the cover of Universal Robot Band's Dance and Shake Your Tambourine.


samedi 20 décembre 2008

Jimmy Ruffin - The Ultimate Motown Collection (Motown/Universal - 2003)

Honnête artisan d'un R&B classique à l'ancienne, Jimmy Ruffin a été largement oublié par les encyclopédistes de la soul. Ce n'est par contre pas le cas de son frère cadet, David Ruffin, entré à la postérité en 1964 en remplaçant Elbridge Bryant au sein de The Temptations. Lui-aussi signé sur Motown au début des années 60, Jimmy végéta 3 ans, devant gagner sa vie comme ouvrier sur les chaînes automobiles de Ford. La chance finit par tourner en 1966 avec What Becomes Of The Brokenhearted. Ecrit par James Dean, William Weatherspoon et Paul Riser, ce classique de la Motown, était en fait destiné au groupe The Spinners. Jimmy dû litérallement supplier les auteurs de lui laisser tenter sa chance. Bien leur en prit, car le succès du morceau permit enfin à Jimmy de quitter Ford et de vivoter de son art. Après une poignée d'albums pour Motown (Jimmy Ruffin Sings Top 10, Ruff'N'Ready, I Am My Brothers Keeper avec son frère, The Groove Governor), Jimmy, adulé par la scène Northern Soul, quitta Motown, signa avec Atco puis Chess et finit par émigrer en Angleterre. Homme d'un seul tube pour le plus grand nombre, Jimmy Ruffin restera à jamais adulé par une poignée de fidèles éclairés. On signalera quand même que le répertoire de Jimmy Ruffin a été très peu utilisé et samplé. J'ai tout juste retrouvé la trace d'un morceau de Wyclef Jean, Industry, qui utilise What Becomes Of The Brokenhearted. Ses premières secondes, avec sa basse profonde et sa rythmique boom bap mériteraient pourtant largement d'être davantage exploitées.

Jimmy Ruffin - What Becomes Of The Brokenhearted (Alternate Mix With Spoken Intro)

Jimmy Ruffin, older brother of David Ruffin, of The Temptations fame, is still largely unknown excpet in England amon Northern Soul fans. His only hit, What Becomes Of The Brokenhearted, remains an absolute soul classic.



vendredi 19 décembre 2008

Jazzanova - Of All The Things (Sonar Kollektiv/Verve - 2008)

Mine de rien, les Jazzanova s'installent parmi les acteurs les plus pertinents de la scène électronique actuellle. Leurs deux albums de remixes restent des indépassables du genre, leurs compilations rivalisent aisément avec celles de Gilles Peterson, et leur label, Sonar Kollektiv, loin de rester cantonner au downtempo ou au broken beat, a contribué a relancé la deep house avec des artistes comme Ame ou Dixon. Et comme de bien entendu, avec leur deuxième long format, Of All The Things, les Allemands frappent là où on ne les attend pas. Un peu comme Nuyorican Soul ou les 4 Hero l'avaient fait auparavant, les Jazzanova délaissent les beats destructurés ou l'electro à proprement parler pour une nu soul soyeuse, gorgée de cuivres enfiévrés, balayant tout l'éventail de leurs influences. Si Look What You're Doin' To Me pourrait être tirée d'un vieil album de Roy Ayers, So Far From Home feat. Phonte est très proche des productions de 9th Wonder ou d'un Kanye West, tandis que la brésilianerie Gafiera feat. Pedro Martins & Azymuth est largement au niveau du meilleur du label Far Out. Plus surprenants, certains morceaux s'avérent de parfaits petits joyaux de pop mélodique à la Sufjan Stevens (Lie feat. Thief) ou à la Antony And The Johnsons (Little Bird feat. José Bird). Excellent signe, loin de lasser ou de sembler aseptisé, l'album gagne en intensité à chaque nouvelle écoute. Bon ben, je crois que nous tenons là un sans faute énorme. Allez hop, directement dans mon top 2 de 2008 avec MGMT.

Jazzanova feat. Paul Randolph - Let Me Show Ya

I'm short of superlative for this record and this is a real surprise because I really didn't know what to expect from Jazzanova sophomore album. Far from the broken beat they've been known for, Of All The Things is a a nu soul and pop masterpiece.