samedi 7 février 2009

Patrick Pulsinger - Dogmatic Sequences - The Series 1994-2006 (Disko B - 2007)

Patrick Pulsinger n'est pas en apparence un rigolo. Comme d'autres grands comique de l'electro devant l'éternel (Richie Hawtin, Ivan Smagghe, etc.), Pulsinger semble appartenir à la catégorie de ceux qui ne rigolent que lorsqu'ils se brûlent. Et sa série de 3 EP, Dogmatic Sequences, ici réunie, n'a pas amélioré son cas ou permis de plaider en sa faveur. Sa techno y est âpre, sèche, sans fioritures, les morceaux puisant leur sonorité et leur inspiration du côté de la source originelle, Detroit. Les BPM y cognent vite et forts. Le genre de disque qui vous rendra instantanément populaires auprès de vos voisins si vous décidez de l'écouter très fort un matin. Et pourtant, en ces temps de catastrophe économique mondiale, jamais cette techno n'a semblé aussi pertinente, rentrant parfaitement en symbiose avec un monde qui se casse la gueule avec fracas. La bande originale idéale pour BFM TV en quelque sorte. Les ruines industrielles de Detroit, qui ont inspiré les godfathers du genre, annoncaient celles du système capitaliste à sauce libérale que l'on vient de s'infuser durant 30 ans. Au milieu de cette brutalité (ne pas oublier que Detroit n'est pas seulement à l'origine de la techno mais a aussi été longtemps en pointe pour le nombre de meurtres par habitant), Patrick Pulsinger ménage cependant des moments de grâce jazzy, proches des travaux de Carl Craig et de son projet Innerzone Orchestra. Pure merveille de jazz funk électronique, City Lights (Pt. 2), produit avec l'aide de Richard Dorfmeister, sera ainsi la fleur qui pousse au milieu du terrain vague et l'annonciateur d'un futur plus rieur.

Patrick Pulsinger - City Lights (Pt. 2)


Dogmatic Sequences could be the perfect soundtrack for the actual economic crisis. In fact , Detroit techno announced it. But, despite its hard and dark sound, Dogmatic Sequences hold some space for feeric sequences like the excellent jazz funk track, City Light (Pt. 2), realised with fellow Austrian Richard Dorfmeister.

vendredi 6 février 2009

Armand Van Helden - New York: A Mix Odyssey 2 (Southern Fried Records - 2008)

Armand Van Helden fait son entrée dans la cour des grands en 1997 avec son remix du Professional Widow de Tori Amos, tube house de l'été à la ligne de basse démoniaque. Suivent deux efficaces morceaux breakbeat basés sur des samples vocaux de Redman (Ultrafunkula et The Funk Phenomena) et deux excellents morceaux house garage, You Don't Know Me et Flowerz, sortis tous les deux en 1999. Et puis plus rien, le gros coup de mou, le pédalage dans la semoule caractérisé. Tandis que ses grotesques tenues hip hop le faisait surtout ressembler à un clone d'Ali G, Armand n'a plus été capable que d'enchaîner merdes, foirades grotesques et mix ringards. Bref, on s'apprétait à définitivement l'oublier et à la faire rentrer dans la rubrique "Mais que sont-ils devenus les héros house de notre adolescence ?", lorsque soudain, sans crier gare et sans que l'on ne lui ait demandé non plus, notre Américano-indo-néerlando-franco-libanais préféré revient avec un formidable mix hip house, alternant classiques old school (Juice (Know The Ledge) d'Eric B & Rakim, tueries hip house oubliées (Let It Roll de Doug Lazy) ou non (I'll House You des Jungle Brothers), déflagrations acid house (This Is Acid de Maurice) ou electro (Don't Stop The Rock de Freestyle) le tout couplé à de nouvelles et très réussies compositions personnelles. En opérant un retour remarquable à ses fondamentaux et aux racines musicales à fortes connotations ghetto qui ont baigné sa jeunesse à la fin des 80's (le hip house, donc, mais aussi l'electro, la house chicagoanne du label Trax, etc.), Armand Van Helden retrouve l'inspiration qui l'avait quitté et se permet même de se poser en sérieux concurrent de Diplo au rayon ghetto house qui tue.



Armand Van Helden could legitimately be considered like an has-been. But with this fantastic hip house mix, he is an unexpected serious competitor for Diplo.


dimanche 1 février 2009

Ragga Bashment - #01 (Passage Productions - 2005)

Passage Productions semble s'être cassé la gueule après avoir sorti une poignée de bons disques. J'en retiens deux: l'album des Kingston Ladies, Ladies Turn, et cette compilation, Ragga Bashment #01. A vrai dire, nos amis de Passage Productions avaient beau avoir une oreille pour dégoter de la bonne musique jamaïcaine, il leur manquait le sens marketing indispensable à une pérennité commerciale dans le marché encombré des rééditions. Comparé au travail soigneux et classieux des Anglais de Soul Jazz, Blood & Fire, Auralux ou Pressure Sounds sur leurs compilations, Ragga Bashment fait un peu pitié. Non pas au niveau du tracklisting, qui frise l'excellence, mais au niveau du packaging, clairement à chier. Résultat des courses: une pochette minimaliste, visiblement torchée en 3 minutes avec Microsoft Word, et une absence totale de livret font que l'on trouve désormais Ragga Bashment dans les bacs à soldes pour 1 euro. Car l'acheteur de réédition reggae est souvent un amateur méticuleux, qui aime connaître l'année d'enregistrement des morceaux, les noms des musiciens de session, le nom du studio, les producteurs aux manettes et autres infos quand même éminement structurantes et fondamentales quand on s'intéresse un tant soit peu aux reggae.

Des morceaux compilés ici on ne saura donc quasiment rien, ce qui permet en fait de les apprécier en tant que tel. Ragga Bashment explore la facette la plus roots du reggae dancehall, assez loin des sonorités 100% digitales et minimalistes qui caractérise souvent le genre. Les grosses pointures sont présentes (Capleton, Anthony B, Elephant Man, Sizzla, Buju Banton, Bounty Killer) en compagnie de vétérans comme Michael Rose, Dennis Brown ou encore Marcia Griffith, tous en très grande forme. On est donc en excellente compagnie et même les stars maison, les Kingston Ladies, montrent leur meilleur avec une très belle reprise du classique Woman Of The Ghetto.

Capleton - Hidden Secrets

If this compilation had been edited by Soul Jazz, Auralux, Pressure Sounds or Blood & Fire, it still would be a must have. Unfortunately, it was edited by a small French label with good ears but poor packaging tastes.