mercredi 25 mars 2009

Du Rififi Au Ciné - Bandes Originales De Polars Des Années 50-60 (Playtime/FGL - 1999)

Ne vous laissez pas abuser par le titre bien franchouillard et l'imitation cheap de couverture de série noire qui sert de pochette. Si les Gabin, Ventura, Blier et Belmondo qui y figurent en bonne place enchantèrent nos dimanches soirs de gamin, les bandes originales de leurs films sont parmi les meilleures composées pour le cinéma français. Emmenées essentiellement par la sainte trinité de la B.O. française qui tue, j'ai nommé Michel Magne, Georges Delerue et Michel Legrand, les thèmes de Touchez Pas Au Grisbi, Mélodie En Sous Sol, Razzia Sur La Chnouf ou autre Classe Tous Risques fournissent leur lot de jazz classieux ou de breaks qui tuent . Il ne manque en fait au palmarès de ce disque que François de Roubaix. Les collectionneurs ou amateurs éclairés bouderont cette compilation, assez pédagogique et loin d'être exhaustive, mais les autres auraient tort de faire la fine bouche, d'autant que l'on y trouve aussi, parmi les thèmes des grands classiques, quelques titres moins connus ou alors composés par seconds couteaux non moins talentueux (Jean Wiener, Marc Lanjean ou encore Jo Boyer et Eddie Barclay). Chose curieuse, à la même époque, un phénomène similaire avait lieu en Italie, où des films plus ou moins bons ont permis à des génies musicaux d'éclore (Morricone, Umiliani, Rota and co).

Michel Magne - Hymne A L'Argent

This CD is a compilation of soundtracks of famous French detective movies of the 50's and 60's. Those movies are still pretty popular in France but hardly known outside, often for a good reason: they were not that good and the actors were a bit chauvinistic. But the soundtracks are really outstanding and made by some of the greatest comtemporary French music composers: Michel Magne, Georges Delerue and Michel Legrand.

mardi 24 mars 2009

Merger - Exiles Ina Babylon (Makasound - 1977)

Je tiens à tirer respectueusement mon chapeau à Makasound, petit label français qui s'évertue, alors que le bon sens leur recommanderait d'ouvrir plutôt une parapharmacie, de dénicher et publier des pépites oubliées du reggae. Mine de rien, Makasound n'a désormais plus rien à envier aux cadors anglais de la réédition, les Pressure Sounds, Blood & Fire ou Auralux. Groupe britannique resté confidentiel, Merger enregistra en deux soirées seulement Exiles Ina Babylon. Si on peut indéniablement raccrocher Merger au reggae roots, Exiles Ina Babylon voit lui beaucoup plus loin et constitue un bel exemple de ce que peut produire le reggae européen, fidèle aux canons jamaïcains du genre pour mieux l'enrichir d'un tas d'autres influences, héritées des différentes diasporas immigrées. L'Afrique de l'Ouest n'est ainsi jamais très loin (la guitare acoustique d'Understanding) tandis que l'effort mélodique renvoie autant à la soul qu'à la scène rock et pop britannique de l'époque. Réalisé par un groupe au sommet de son art, Exiles Ina Babylon est d'autant plus singulier que Merger ne sût jamais rééditer son exploit. Les deux morceaux bonus du disque, Rebel et Freedom Fighters, enregistrés en Jamaïque aux studios Harry J, l'ont ainsi été dans le plus pur respect de l'orthodoxie roots.

Merger - 77

The small French label Makasound did it again: they digged this absolutely beautiful but forgoten british reggae gem, Exiles Ina Babylon, by Merger. Merger on lasts two years but the two days they spent to record this album were two days of magical inspiration.

dimanche 22 mars 2009

Ludacris - Theater Of The Mind (Disturbing Tha Peace/Def Jam - 2008)

Christopher Brian Bridges, alias Ludacris, a tout réussi, ou presque, sur l'échelle de la réussite hip hop bling bling. D'abord simple animateur radio, il est signé sur Def Jam en 2000 et s'est depuis fait des coucougnettes en or en engrangeant les tubes platinés, se forgeant une image de rappeur sympa, marrant et doué. Ce charisme l'a très vite propulsé sous les feux de la rampe hollywoodiens, Luda enchaînant les tournages, surtout dans des navetons à gros budgets. Mais bon, tout cela ne suffit pas à notre homme, qui ne s'estime pas reconnu à sa juste valeur par ses pairs et les amateurs de hip hop. Loin de se contenter de son image d'un rigolo doué du micro, Ludacris se rêve l'égal d'un Rakim ou d'un Biggie Small et de marquer l'histoire du hip hop par son flow et ses textes autant que par ses ventes. Theater Of The Mind transpire de cette ambition par tous les pores. Seul problème, sans doute tenaillé par la peur d'un échec qui remettrait en cause son côté bankable, Ludacris ne prend aucun risque et s'invente un nouveau style, le rappeur Benetton, qui réserve un morceau pour chaque segment d'un public hip hop uniquement perçu comme un assemblage de niches à conquérir. Les gonzesses et les radios en ont donc droit à des featurings de T-Pain, Chris Brown, Plies ou Jamie Foxx. Les gangsters sont eux abordés grâce au concours de T.I., Lil Wayne, The Game ou Rick Ross. Quant aux backpackers, Ludacris compte sur une prod de Primo (MVP) et une autre de 9th Wonder (Do The Right Thang) pour se faire une place dans leurs IPod. Et histoire de cimenter son statut, Ludacris se paie les services des meilleurs rappeurs actuels (Nas, Jay-Z et Common) pour des featurings de luxe, histoire de démontrer qu'il en a une aussi grosse qu'eux et qu'il en faut plus pour le déstabiliser. Faire appel à The Runners, Don Cannon, les Track Masters, Streerunner, Rodney "Darkchild" Jerkins, Swizz Beatz, Scott Storch pour ses productions, c'est l'assurance d'avoir un album gavé jusqu'à la gueule de tubes, mais aussi formaté qu'un épidsode de Dr House. C'est séduisant, on s'y laisse prendre, mais on l'oublie aussitôt. Dommage pour Luda, mais le hip hop est comme un sport extrême: sans prise de risque minimum, on n'arrive à rien. Theater Of Mind ne sera pas ce grand album malade qu'on aurait pu attendre de lui.

Ludacris - MVP

With an all stars cast of producers and featurings, Theater Of The Mind was supposed to consolidate Ludacris print in hip hop. Unfortunately, by avoiding to take any risks, Ludacris stormed undoubtely the charts but certainly not hip hop history.