dimanche 24 mai 2009

Bitty McLean - Movin' On (Taxi Records/Silent River - 2009)

Le britannique Bitty McLean a commencé à faire du bruit sur la scène reggae roots internationale il y environ 5 ans avec la sortie d'On Bond Street KGN. JA., composé principalement en revitalisant des riddims exhumés des malles de Treasure Isle, remettant au goût du jour avec de nouveaux textes des perles rocksteady produites jadis par Duke Reid ou Tommy McCook. Bitty McLean garde la même formule sur Movin' On mais va cette fois ci faire son marché aux merveilles chez Taxi et les deux magiciens fondateurs du label, Sly & Robbie. Ces deux derniers en profitent d'ailleurs pour produire son album. Le résultat est tout bonnement enchanteur. Déjà parce-que le matériel d'origine est très très solide, avec la réutilisation de classiques absolus du reggae (les riddims Hold On To What You Got, Guess Who's Coming To Dinner, Merry Go Round, Trouble You A Trouble Me pour ne citer que quelques exemples) que Bitty McLean magnifie de sa voix à mi-chemin entre soul et reggae. On pense un peu à un Anthony Hamilton, un John Legend ou un Musiq Soulchild rasta, faisant ainsi de Bitty McLean le chanteur de reggae le plus accessible pour des oreilles profanes depuis...UB40. Alors c'est sûr, quelques rastas intégristes pourront s'émouvoir de ce retour en force du style lover mais notre homme est aussi tellement à l'aise sur les reprises soul qui parsément l'album (You're Welcome (Step On By) de Bobby Womack, Come To Me d'Otis Redding ou encore Lately de Stevie Wonder) que l'effet produit sur votre copine vous donnera très vite envie d'envoyer paître ces vieux barbons en locks. De quoi faire durer l'été durant les 5 ans à venir...

Bitty McLean - The Real Thing

Bitty McLean scored already big with his last album, On Bond Street KGN. JA., based on old Treasure Isle riddims. He does it agin this time on Movin' On with the help of Sly & Robbie and a handfull of their Taxi classics. Bitty's sultry voice on those magic riddims is just pure honey for your ears.

samedi 23 mai 2009

Chicros - Radiotransmission (Chicrodelic - 2009)

Découverts sur une compilation CQFD des Inrocks, les Chicros font partie de ces rares groupes français composé en partie de barbus à avoir eu l'insigne honneur de voir l'un de leur titre, Back In The Wild, utilisé pour illustrer un épisode de Grey's Anatomy (saison 2, épisode 17). Comme quoi le monde et les valeurs ont bien changé: le sommet du cool pour un groupe de rock venant de l'exploitation sans vergogne de l'un de ses titres par l'un des fleurons les plus acharnés du libéralisme sauvage appliqué aux médias, ABC. Même si dans le genre, ABC peut être capable d'éclair de génie fulgurant, Lost en l'occurence. Mais je m'éloigne des Chicros. Les Chicros ressucitent enfin un personnage un peu passé de mode depuis l'avénement du geek et du nerd, le slacker. Héro né à peu près en même temps que le grunge, le slacker est ce sympathique type aux cheveux plus ou moins douteux qui passe son temps sur son canapé à fumer des joints en philosphant avec ses potes. Ce personnage trouva son apogée au cinéma dans The Big Lebowski des frères Coen et en musique dans les disques de Pavement. Les Chicros ont beaucoup écouté Pavement. Mais aussi Beck période Dust Brothers, un petit peu Ween, Grandaddy aussi sans doute et certainement pas mal les diverses incarnations de Lou Barlow, dont surtout sa période The Folk Implosion. Sans compter quelques disques de hip hop 90's (une allusion au 1-800 Suicide des Gravediggaz peut être entendue dans Straight A's) et bien sûr une ou deux B.O. de Carpenter (impossible de ne pas penser à Assault On Preccint 13 à l'écoute de If You Leave Me, Leave Me Running ou What Should I Lie About ?). Vous l'aurez compris, rien que par ces influences revendiquées, parfaitement digérées et assumées à travers un concept de voyage à travers les ondes radio US qui sert de fil rouge à l'album, nous tenons là une petite merveille du rock low-fi, cette catégorisation étant en passe, à nouveau, de n'être plus un gros mot. Cerise sur la gâteau, les Chicros signent les notes de pochettes parmi les plus hillarantes depuis l'invention du rock: "If you download this album illegally, Chicrodelic Records will not prosecute you. But when you die, you WILL go to hell. This album was made by children, tested on animals, brought to you by the most polluting means of transportation known to man, and financed by the NRA". Si c'est mecs ne sont pas des stars dans les facs US d'ici 1 an, je me bouffe une couille.

Chicros - What's New Today On TV ?



Chicros is a French slackers band, largely influenced by bands like Pavement, Grandaddy, Ween or artists like Beck or Lou Barlow. Don't be afraid, they're pretty good in it. And they have that kind of gallic thing in them that make their music really innovative and original.


jeudi 21 mai 2009

DJ Smokestack presents Shitala - Indian Disco Funk Thrillers (Music India - 2008)

DJ Smokestack, de son vrai nom Arjuna Sayyed, n'est pas un crate digger comme M. et Mme Tout Le Monde. Plutôt que de paisiblement hanter les marchés aux puces et les magasins de vinyls d'occasion des grandes villes des Etats-Unis, il préfére hanter les arrières-boutiques infestées de vermines et d'insectes des marchands de disque de Calcutta, à la recherche du beat parfait dans d'obscures B.O. de films Bollywood des 70's et 80's. Loin d'être un simple gimmick ou une marque de fabrique kitsch, l'homme est visiblement habité par une vraie passion et un vrai respect pour cette musique. L'article de Waxpoetics qui conte la génèse de Shitala est en ce sens tout à fait révélateur: http://waxpoetics.com/content/?article=india
Shitala n'est donc pas une mixtape de breaks comme il en pullule car elle en explore la face épicée au curry, une infernale bacchanale ressucitant des chanteurs avec la voix d'Yves Mourousi (sur Kis Ne Dekha: Kai Kal), des divas en sari à la voix de crécelle, au son de tablas et percussions en furie, de basses qui tuent et d'envolées psychédéliques. On regrettera juste l'absence complète de crédits et d'informations sur les auteurs ou interprètes de ces merveilles, seuls les titres figurant sur la pochette du CD. Le même article de Waxpoetics permet quand même d'en savoir un peu plus sur certains titres dont celui joint à ce blog, Y.O.G.A., présenté comme la réponse indienne au YMCA des Village Popoles.

Kalyanji Anandji - Y.O.G.A.

During a trip to India in summer of 2007, Arjuna Sayyed (aka DJ Smokestack) spent three days in Kolkata digging through thousands of moldy and forgotten records in a dark, vermin-infested backroom. The fruits of his labor are much more pleasant than the work itself, as Sayyed has assembled an upbeat Bollywood breaks blockbuster of a mix in Shitala (ironically, the name of a Hindu deity who hates dirt). The focus is on soundtrack disco and funk tracks of 70s and 80s Bollywood with "an emphasis on Indian breaks... compiled with the dancefloor in mind." Needless to say, unless you're real up on your Bollywood, you've probably never heard any of this before (Source: Turntable Lab)