dimanche 14 juin 2009

Quincy Jones - You've Got It Bad Girl (A&M Records - 1973)

Sil vous fallait une seule raison de posséder cet album, alors ce serait pour Summer In The City. Le genre de morceau qui a été sur-samplé (Black Moon Reality, Dobie Basement Rock , El Da Sensei Where Ya At ?, Fu-Schnickens Check it Out, Joe feat. Mystikal Stutter, LL Cool J Diggy Down, Nightmares on Wax Nights Interlude, Peanut Butter Wolf Run the Line, Pharcyde Passin' Me By, The Roots Clones) mais dont l'écoute de l'original laisse toujours sur le cul. Toute la construction du morceau est formidable. Le thème à l'orgue qui attaque dès le début du morceau en rebondissant contre la basse, la rupture de ton jazzy introduite par le piano au bout de 30 secondes pour finalement revenir au thème principal au bout d'une minute. Là, petit break qui est relancé d'un coup par des cordes. Tous les instruments se mêlent alors dans une orgie sonore qui trouve son apothéose à la deuxième minute avec la voix de Valerie Simpson. Après ce coup de maître, le reste de l'album paraît un petit peu terne. Il contient pourtant son lot de pépites soul midtempo (Tribute to A.F.-RO (morceau pas mal samplé lui aussi), You've Got It Bad Girl), funky (Sanford & Son Theme - NBC-TV (The Streetbeater), Chump Change) ou jazzy (Manteca, reprise réussie d'un morceau de Dizzie Gillepsie). Ma seule réserve en fait, avec tout le respect dû à cet génie qu'était Quincy, vient de l'utilisation d'un harmonica pour souligner certains thèmes mélodiques, amenant les morceau concernés droit dans le mur du kitsch foireux et de la musak. Eyes Of Love est ainsi à peine écoutable, tandis que le Love Theme From "The Getaway" nous rappelle que seul Ennio Morricone est capable d'écrire une musique de film en se basant sur quelques notes d'harmonica sans avoir l'air d'un clown. Je met donc la reprise de Superstition dans le même panier.

Quincy Jones - Summer In The City

You've Got It Bad Girl is a must-have for one absolute masterpiece, largely sampled, Summer In The City. It's the kind of track that can change forever the meaning of your life.

samedi 13 juin 2009

That's All Folk !!!

En fait, au-delà des albums chroniqués régulièrement dans ce blog, j'ai aussi écouté plein d'autres trucs récemment et j'ai eu brutalement envie ce matin d'y consacrer quelques lignes.

D'abord, parce-que certains disques vous arrivent en pleine gueule comme une claque magistrale. Et quand ça vous arrive, vous êtes en général vachement content. C'est ce qui s'est passé quand j'ai écouté pour la première fois de ma vie Judee Still. Née en 1944, Judee Still était sacrément moche et cintrée, marquée par un attrait certain pour le côté obscur de la force. Son premier mari se noie défoncé au LSD dans des rapides. Sitôt veuve, Judee Still embrasse une courte carrière de braqueuse qui l'emmène quelques mois au ballon. Pour se remettre, Judee ne trouve rien de mieux que de caser avec un bassiste, dealer d'acid à ses heures perdues. Elle finit bien vite par tomber dans l'héroïne, se met à dealer et à faire des passes pour payer ses doses. Elle finit à nouveau en tôle. A sa sortie, vient le temps de la rédemption et elle décide de se consacrer à la musique. D'abord auteur/compositeur, elle sort son premier album, Judee Still, en 1971, album de folk lumineux, magnifiquement orchestré, d'une douceur bluffante quand on connaît la biographie de la chanteuse. Heart Food suit en 1973. Bien entendu, pour compléter la mythologie rock, Judee finit par crever d'overdose en 1979.

Judee Still - Jesus Was A Cross Maker

Les temps ont bien changé. Le folk se vend, est à la mode, envahit les pubs. Les chanteuses de folk sont même devenues des bombasses métisses dont la musique semble avoir été scientiquement conçue, calibrée et produite pour passer au fond sonore au Costes, un espèce de folk mutant génétiquement modifié avec des chromosomes FM pour ne présenter aucune faille ou scorie . Je ne remettrais pas en cause la voix de Grace, très belle, mais le manque absolu de substance, de fêlure et de profondeur de son album, Hall Of Mirrors.

Grace - Imagine One Day

Heureusement, quelques fois, les bombasses sont non seulement bonnes mais aussi bonnes chanteuse. Prenez Zooey Deschanel par exemple. En s'acquoquinant avec M. Ward, elle a réussi un trés beau premier album sous fortes influences 60's, sous le délicat patronyme de She & Him.

She & Him - This Is Not A Test

En fait, ce n'est étonnant, M. Ward étant sans doute l'un des plus époustouflant auteur compositeur de sa génération, comme en témoigne son nouvel album, Hold Time.



Mais pour sortir du lot, il n'est pas forcément nécessaire de faire appel à un génie. On peut aussi se faire remixer par Diplo et gagner ainsi une crédibilité électro discrimante par rapport à ses congénères.

Peter Bjorn & John - Young Folk (Diplo Youngest Folks Remix)

Et pour se rassurer, pour se dire que la flamme indie n'a belle et bien pas été récupérer par Nespresso, rien ne vaut un bon vieux Wilco. Ca s'appelle Either Way et c'est tiré du magnifique Sly Blue Sky.

Wilco - Either Way

That's all folks ! Et promis, demain, en revient aux breaks.

mardi 9 juin 2009

Herbie Hancock - Future Shock (Columbia/Legacy - 1983)

Ce soir, c'est la finale de La Nouvelle Star sur M6: un gros thon odieux vs un charclo. Face à l'apocalypse annoncé pour le bon goût et le talent, autant se réfugier dans un bon vieux classique. J'ai une tendresse particulière pour Future Shock et son morceau phare, le séminal Rockit. Sans doute que parce-que, comme une bonne partie de ma génération, ce morceau a servi de bande-sonore à l'introduction de la break dance en France. A l'époque, on confondait tout ça avec le smurf et l'hexagone s'entrainait devant son miroir à faire la guirlande électrique ou le mur de verre. Il y avait même des concours de break dance dans les bals de village. J'ai un souvenir particulièrement précis de péquenots ayant sorti les gants blancs en tentant des freezes pour une battle lors du bal du 14 juillet sur la place d'un village de la Drôme, tandis que l'orchestre de baloche massacrait...Rockit justement. Le mec derrière les claviers se la jouait même grave. Il faut dire que les moustachus à nuque longue qui s'éclataient sur la scène ce soir là se mesuraient à Herbie Hancock himself derrière tout un tas de synthès, Bill Laswell à la basse et Grand Mixer D.S.T. aux platines, le scratch étant un élément fondamental du morceau. Et à l'époque, personne ne scratchait en France... Par contre, il m'a fallut beaucoup plus de temps pour découvrir Future Shock, de loin l'un des albums les plus accessibles du Herbie Hancock de l'époque. Au-delà de Rockit, Herbie Hancock y fait une démonstration en règle de funk (Future Shock, Rough), de breakbeat spacey (Earth Beat) et d'électro jazz limite audible (Autodrive). Sly Dunbar vient même donner un petit coup de mains à la batterie. Fondamental et essentiel vous dis-je.

Herbie Hancock - Future Shock

Rockit introduced France to break dance and hip hop. This is kind of weird because Future Shock is not properly a hip hop album but a jazz album with a hip hop and urban feeling in it. Anyway, all the kids at the time were training hard in front of their miror to succeed freezes.