mercredi 24 juin 2009

Mongo Santamaria - Afro-Indio (Vaya Records - 1975)

La réédition depuis 2/3 ans de la quasi intégralité du catalogue Fania (Fania, Vaya, Tico, Alegre) est une véritable malédiction pour tout acheteur compulsif de disque un tant soit peu sérieux. Est-il en effet envisageable, en effet, une fois que l'on en possède un, de faire autre chose que de chercher à se procurer frénétiquement à la moindre occasion l'intégralité du catalogue du label latino créé par Johnny Pacheco et Jerry Masucci? Certes, à l'heure d'internet, cette soif inextanguible peut être vite rassasiée grâce aux bons soins d'un connection ADSL et du p2P. A moins d'avoir gardé un peu d'économies du temps où l'on officiait en qualité de trader et d'avoir de quoi acheter d'un coup toute l'intégrale. Mais tout celà est trop facile. Pour me compliquer la tâche, je ne traque les disques Fania que d'occasion et vendus à un prix raisonnables en CD (- de 10 euros). Là c'est plus ardu, plus excitant aussi. Je suis donc amené à fouiller compulsivement et régulièrement les bacs des quelques disquaires survivants de la capitale. Afro-Indio est ma dernière trouvaille dans cette quête. Trouvaille d'autant plus originale qu'il s'agit d'une tentative jazz et jazz-funk, soit une quasi anomalie sur un label comme Fania, quasi exclusivement consacré au boogaloo et à la salsa. Mongo Santamaria fait partie de ces percussionnistes mythiques de la musique latino, maniant les congas avec la même dextérité que Willie Bobo les bongos et Tito Puente les timbales. Afro-Indio, qui se veut la traduction musicale de l'expérience du peuple noir, lui donne l'occasion de toucher à tous les genres, passant du R&B (Creepin, belle reprise de Stevie Wonder) au funk (Funk Up, Funk Down), de l'afro-beat (What You Don't Know) aux ballades un peu sirupeuses avec un soupçon de bossa nova (Song For You). On regrettera juste de temps à autres des solos de guitare ou de cuivres un peu bavards et envahissants, mais c'est quand même souvent le cas avec le jazz funk. Et il suffit d'une bonne reprise de Lady Marmelade, morceau à l'origine chanté par Patti Labelle, pour permettre à Mongo d'enflammer le dancefloor le plus anémié.

Mongo Santamaria - Lady Marmelade


Afro-Indio is a curious experience on Fania Records. Far from the classic boogaloo or salsa associated with the label, Mongo Santamaria ventures into jazz and jazz funk, trying to render the total black experience in sound. The scorcher of the record is a fantastic cover of Lady Marmelade.

lundi 22 juin 2009

Asher Roth - Asleep In The Bread Aisle (Universal Motown - 2009)

10 bonnes raisons de ne pas aimer Asher Roth:

1) Asher Roth est blanc et thuné. C'est l'équivalent hip hop de Ben Sherman dans Southland.
2) Asher Roth n'appartient pas à la catégorie des rappeurs blancs siphonnés et white trashes (Eminem, Bubba Sparxxx) ou des punk rockeurs quasiment inventeurs du genre (les Beastie Boys). Asher Roth appartient avant tout à la catégorie des branleurs qui veulent faire leur malin. Certains se font payer un cabriolet par papa, d'autres se regardent rimer dans la glace.
3) Pendant les 10 prochaines années, il sera impossible d'assister à une fête sur un campus américain sans entendre I Love College hurlé par des hordes de gros boeufs yankees torchés à la Bud Lite.
4) Asleep In The Bread Aisle a débarqué dans les charts US avec la délicatesse des panzers de Guderian sur Sedan. C'est toujours dommage quand a l'impression qu'un disque a été conçu par un chef de produit de chez Universal ayant fait ses classes chez Unilever.
5) Asleep In The Bread Aisle dégage une sympathique énergie rock. Ce n'est pas une raison pour entamer une tournée conjointe avec Blink 182. Là, celà devient carrèment odieux.
6) Asher Roth chante un morceau (As I Em) avec un mec au nom de fromage, Chester French. Le seul mec avec un nom de fromage qui serait crédible en rappeur c'est Cheese, mais ce n'est qu'un personnage de la série The Wire.
7) Est-on vraiment sûr que les acheteurs de Asher Roth auraient acheté Asleep In The Bread Aisle si Asher avait été black? Bon, mais si ça avait été le cas, l'aurait-on alors accusé de copier Kanye West?
8) Et si Asher Roth avait justement copié Kanye West mais en rendant le truc un plus aseptisé, un peu plus blanc justement?
9) Est-ce qu'on a vraiment envie d'entendre encore un morceau sur les joies de la conduite sous l'emprise de stupéfiants (Blunt Cruisin')?
10) Malgré un featuring de Cee-Lo, Busta Rhymes et Estelle et une signature chez Universal, aucun morceau de cet album n'a été produit par Kanye West, Will I Am, Just Blaze, The Neptunes, Bangladesh, JR Rotem, Timbaland ou Scott Storch.

Asher Roth - I Love College

If you're a white boy born in a Wisteria Lane motherfucking somewhere in the USA, you probably already own this album. You won't learn anything here so go back to Spankwire please.

dimanche 21 juin 2009

Solange - presents Sol-Angel And The Hadley St. Dreams (Geffen - 2008)

Dans la famille Knowles, il y a l'aînée, Beyoncé, un super robot programmée dès son plus jeune âge à devenir la prochaine artiste globale multiplatinée une fois que Madonna se sera une bonne fois pour toute ringardisée. Et puis il il y a la cadette, Solange, un peu la poète de la famille. Selon sa biographie officielle, elle a débuté dans le métier en remplaçant une danseuse lors d'un concert des Destiny's Child. Elle a ensuite timidement sorti un premier album bien nase et bien putassier (Solo Star, une vraie merde vraiment), composé deux trois chansons pour les copines de sa soeur, a taté un peu du cinéma, s'est mariée, a fait un enfant, est partie s'installer à la campagne, a divorcé et tout ça en moins de vingt-trois années. Et comme toute bonne Knowles, avec le soutien et les encouragements du démiurge Papa Knowles, Solange a décidé de revenir au premier plan avec un nouvel album, inspiré, selon ses dires, par les Supremes, Dusty Sprinfield et les Minnie Riperton. Pour lui fournir les écrins sonores dont elle rêvait, elle a donc fait appel à quelques petites jeunes qui débutent dans le métier (Soulshock, The Neptunes, Mark Ronson, Jack Splash, Thievery Corporation). Mais bizzarement, cette fois, la sauce prend, sans tomber dans l'exercice de style rétro soul un peu stérile. Les refrains et les mélodies sont enlevés et bien troussés, les instruments sont organiques mais quelques petites touches digitales, des beats neo électro assez appuyés viennent rappeler que nous sommes bien au vint-et-unième siècle. Solange s'aventure même dans une foireuse tentative neo trance à la Cher (Cosmic Journey) qui tombe un peu comme un cheveux dans la soul.



Solange is Beyoncé little sister. Sol-Angel and The Hadley St. Dreams is her second album and is a nice retro soul try, with a little actual electronic touch. Various firts class producers provided the beats (Soulshock, The Neptunes, Mark Ronson, Jack Splash, Thievery Corporation) but the singer trong personnality make the all consistent and elegant. You should anyway avoid the track Cosmic Journey, a neo-trance piece of shit.