dimanche 27 septembre 2009

Elton John - Are You Ready For Love (Mercury - 1979)

Coucou, me revoilou. Après un déménagement un peu long et fastidieux et pas mal de temps passé à ranger tous ses disques, Zorba le Break is back on the wheels of steel and on the world wide web. Les déménagements ont ceci de bon qu'ils permettent d'exhumer des trésors autrefois choyés, souvent oubliés (quelque fois à bon escient, l'honnêteté et l'objectivité me forcent à en convenir) et, à l'instar des vieux amis, toujours plaisants à retrouver. Comme cette bonne vieille tante d'Elton John, par exemple. Si si, vous avez bien lu, l'horrible roucouleur pour ménagères ménopausées peut s'enorgueillir de l'une des discographies les plus pourries et odieuses de la pop. Et pourtant, il lui est arrivé de toucher par moment la grâce, comme sur cette pure hymne Philly disco sortie en 1979, exhumée en 2003 et écrite par Thom Bell, vénérable et estimable requin de studio de Philadelphie. Il y a même un break terrible au bout de 4'32". Imparable et largement capable de faire danser vos amis les plus snobs.

Elton John - Are You Ready For Love

I'm pretty sure you know at least one music Brüno, the kind of guys that say that The Xx are so last semester and piss you off badly with all his unknown bands. Well, that same guy may find himself dancing like hell on Are You Ready For Love, probably the only decent song performed by Elton John during all his career. And the fact that it is pure Philly disco magic is the cherish on the cake.

lundi 24 août 2009

Madlib - Beat Kondukta Vol. 5-6 (Stones Throw - 2009)

On ne présente plus Madlib, le seul producteur U.S. a avoir accédé au statut de mythe vivant ces 5 dernières années, en version underground. Véritable homme orchestre (rappeur, producteur, musicien), il est à l'origine d'un nombre important de projets sous divers pseudonymes, en groupe ou en solo. Après des débuts au sein de Lootpack, on l'a ainsi vu en Quasimoto, le rappeur à la voix de Donald Duck, en quintet de jazz à lui tout seul (Yesterday's New Quintet), associé à son pote le défunt Jay Dee au sein d'un super groupe (Jaylib) et en solo, notamment pour la série d'albums instrumentaux Beat Kondukta, qui en est à son troisième volume en CD. Le concept n'a pas bougé depuis le départ: des instrumentaux très courts, souvent bruts de décoffrage et peu policés. On pense plutôt à des ébauches de beats, des chutes de disque dur, des work-in-progress qui nous connectent directement au cerveau génial de leur démiurge créateur. Avec 42 morceaux, d'une totale cohérence, il est tout de même un peu difficile de focaliser son attention de bout et en bout et aucun morceau ne sort vraiment du (très bon) lot.

Madlib - Beat Kondukta Vol. 5-6

Il reste néanmoins qu'il y a un vrai mystère Madlib. Malgré la cohorte de groupies qui guette la bave aux lèvres la moindre note qui s'échappe de son sampleur, celui-ci n'a pas encore associé son nom à un succès mainstream. Fidèle au label indie californien Stones Throw, il n'a jamais, du moins semble-t-il, cherché à transformer l'essai en espèces sonnantes et trébuchantes, faisant passer son art avant le commerce. Le hip hop étant réputé pour partager avec les traders le même sens de la mesure quand il s'agit de rénumérations, cette intégrité, qui me fait un peu penser à celle d'Underground Resistance dans un autre genre, force le respect.

Madlib multiplies projects and aliases with an equal quality that made of him an underground myth. His Beat-Kondukta serie hasn't changed its formule since volume 1: short instrumental tracks quickly produced by the master. Sometimes the tracks are just sampled loops, other times they are a bit more constructed and polished but the genius is always present. And I don't write that because I'm a Madlibaholic.


Quincy Jones - Smackwater Jack (A&M Records - 1971)

Arrangeur, compositeur et producteur stakhanoviste (on lui doit près d'une cinquantaine de B.O. et une trentaine d'albums solos), Quincy Jones s'est mis à l'abri de tout souci matériel sur le tard en touchant le jackpot avec Jacko et sa trilogie de tous les records de vente (Off The Wall, Thriller, Bad). L'ami Quincy est sans doute d'ailleurs l'un des vrais gagnants financiers de la mort de son ex-poulain. Mais Quincy ne mérite pas d'être réduit à son image de requin de studio avide. Ses longues années de galères et de très bons albums solos dans les 70's parlent pour lui. Smackwater Jack a ainsi gagné avec le temps et au fils des rééditions son statut de classique, très largement samplé d'ailleurs. Savante, cohérente et habile macédoine de thèmes de B.O. (Ironside, The Anderson Tapes, The Bill Cosby Show), d'une reprise classieuse et jazzy d'un classique ultime du patrimoine soul (What's Going On), de jazz easy listening (Cast Your Fate To The Wind, Brown Ballad) et de funk (Smackwater Jack), Smackwater Jack s'achève avec un petit mégamix génial, Guitar Blues Odyssey: From Roots To Fruits, habile voyage dans le patrimoine musical afro américain de Robert Johnson à Jimi Hendrix. Le génie transpire de toutes les rainures de ce disque matois, qui bénéficie en outre du talent d'une tripotée de poids lourds du jazz (Milt Jackson, Freddie Hubbard, Jim Hall, Joe Beck, etc., etc. etc.) et permet d'entendre Quincy s'essayer au chant. La production, la direction et la tenue de l'ensemble en ont même laissé plus d'un pantois. L'ambition qui a présidé à la réalisation de Smackwater Jack, réaliser un album de pop avec les moyens du jazz ou le contraire, a gardé, de par sa volonté de briser les chapelles et de faire se rejoindre des publics disparates, toute sa contemporanéité et reste un postulat pleinement valable pour la grande hybridation musicale de notre ère post moderne. Meilleur exemple? La reprise de What's Going On. Après un début classiquement soul, bercé par la grâce de la divine voix de Valérie Simpson, le morceau se brise pour dériver sur les traces du jazz manouche et retomber sur de solides pattes jazz funk. Dans la grande partouze musicale du XXI ème siècle, Quincy Jones apparaît plus que jamais comme le pimp suprême.

Quincy Jones - Smackwater Jack

This album is so good it can just heal the world from all its illness. Well maybe not, but it still rocks like hell and is probably the best try of Quincy Jones long career.