mercredi 24 décembre 2008

Yo Majesty - Futuristically Speaking...Never Be Afraid (Domino - 2008)

Le hip hop est un milieu vachement conservateur. La vision hip hop de la norme est un peu différente de celle communément admise dans le reste de la société mais en fait pas si éloignée que ça: une hypertrophie machiste, où l'appât du gain et le lucre règnent en maître, l'imagerie gangsta en plus. Bien sûr, il y a des exceptions, qui tentent de donner au genre une (bonne) conscience sociale mais soniquement, ils ne s'éloignent pas beaucoup non plus des sentiers battus. Il n'y avait donc qu'un label de rock blanc, Domino, pour signer deux rappeuses lesbiennes de Miami, plus au moins born again, qui rappent aussi vite que les Fu-Schnickens et dont les préoccupations consistent à gober des ecstas, sortir en boîte et fister leurs copines. En fait c'est juste le changement de perspective avec le côté lesbien de l'affaire qui sort de la norme parce-qu'il est vrai qu'autrement, en se basant sur une analyse objective des thématiques stricto sensus, drogue, fête et taspés font partie des sujets de prédilection du genre depuis ses origines. Reste que Jewel B et Shunda K ont une énergie punk assez contagieuse, remarquablement servie par la production des Anglais Hardfeeling UK, avec le renfort de quelques cadors de l'électro européenne (Basement Jaxx, Radioclit, l'ancien Funkstörung Chris De Luca). Entre europunkcrunk lo fi et hip booty house, Futuristicaly Speaking...Never be Afraid est à mille lieu de toutes les productions ultra sophistiquées US. Et si le fan club de Peaches devrait être ravi, les rappeurs, les pushers, les hustlers, les pimps, les gangstas et les dealers le recevront comme un bon gros coup de pied dans les couilles. Quant aux pétasses du R&B, j'ai déja décrit un peu plus haut le sort que Yo Majesty comptait leur réserver.

Yo Majesty - Club Action

Two lesbian rappers from Miami. It sort of change of your everyday rapper background, especially when the msuical background is a mix between punk, eurocrunk, electro, booty and hip house. The topics in the songs are a kind of usual anyway: drugs, bitches and party.


mardi 23 décembre 2008

Agoria - Go Fast (Pias - 2008)

Go Fast où comment un Lyonnais avec la tête de Benjamin "Ben" Linus (de Lost) vient par surprise assoir tout le monde par terre. A vrai dire, personne ne sentait trop le truc: les B.O. des films de ou produit par Luc Besson, même lorsque Massive Attack (Danny The Dog) et Archive (Michel Vaillant) s'y sont attelés, ont toujours été des foirades complètes. Avec le morceau d'ouverture, Tender Storm, on prend d'ailleurs un peu peur puisqu'il s'agit juste d'1 minute 21 de bruits d'ambient. La suite, Altre Voci, n'est apparemment pas mieux: 6'07 de claviers dans la même veine ambient que précédemment, de vocalises spectrales, avec un battement de coeur en sourdine et des grésillements. Et puis on réalise qu'il s'agissait juste d'une mise en bouche, d'une longue entrée en matière pour mieux cueillir à point l'auditeur. Et c'est Memole Bua qui s'en charge. Le genre d'odyssée techno qui rappelle soudainement pourquoi on a immédiatement aimé cette musique. Un beat 4/4 de grosse caisse et une longue montée agrémentée de nappes de clavier. Et la caisse claire qui attaque à 1'40 tandis que la ligne de basse se fait hypnotique. Putain que c'est bon!!! On est à peine remis, qu'Agoria nous assène Dust, petite merveille de deep house vocale avec un je ne sais quoi de classique (l'effet de l'orchestre de cordes sans doute), le genre de morceau que pourrait sortir Ben Watts sur Buzzin' Fly. Agoria réitère d'ailleurs l'exploit avec Solarized, beau comme du Hercules And The Love Affair. J'ai aussi envie de citer Eden, qui me rappelle le Landcruising de Carl Craig, tandis que Run Run Run le voit s'essayer avec succès à l'electro. Quant à Diva Drive, il s'agit juste du genre de banger dans le style de sa Onzième Marche que notre homme est capable de produire. Putain de ville, Lyon: tout le monde se foutait de sa gueule avec Raymond Barre et maintenant ils ont les Nuits Sonores, l'OL et Agoria. Jeu, set et match...

Agoria - Dust

French techno producer Agoria has surprised everyone with this soundtrack, for the movie Go Fast, which is a real techno masterpiece. Memole Bua, Dust, Run Run Run and Diva Drive deserve to be crown instantaneous classics.

dimanche 21 décembre 2008

Sly Dunbar - Sly, Wicked And Slick - Extra Version (Virgin - 1991)

Batteur de légende du reggae, Sly Dunbar a imposé sa touche magique sur la plupart des chef-d'oeuvre du genre, le plus souvent accompagné de son compère bassiste Robbie Shakespeare. C'est bien simple: il n'y a quasiment aucun disque de reggae produit dans la seconde moitié des années 70 dont ils sont absents. D'abord musiciens au sein des Revolutionaries, le groupe officiel de Channel One, le duo va très vite s'émanciper, créant Taxi Records, d'où déboucheront des collaborations avec Gregory Isaacs et surtout Black Uhuru. La renommée de la section rythmique est telle au début des années 80 qu'elle leur permet d'entamer une fort lucrative seconde carrière de requins de studio, accompagnant le gratin frelaté du son pop FM mondial (Simply Red, Sinead O'Connor, Joe Cocker, etc.)

Du coup, les albums publiés sous leur propre nom sont plutôt rares. Sly Dunbar en a publié quatre: Simple Sly Man, en 1978, Sly, Wicked And Slick, en 1979, Sly Go Ville en 1982 et Reggae Drumsplash en 1997. Sly, Wicked And Slick - Extra Version, sorti chez la collection reggae de chez Virgin, Front Line, regroupe les deux premiers. Essentiellement composés de dub instrumentaux, Sly, Wicked And Slick et Simple Sly Man se différencient par leur exceptionnelle qualité mélodique et la richesse de leur instrumentation. C'est suffisament rare dans le dub pour être signalé. Ce n'est pas forcément étonnant non plus, les plus fines lames de la Jamaïque ayant collaboré à l'album. Au fil des morceaux on trouve ainsi Robert Shakespeare à la basse, Ansell Collins au piano, Tommy McCook au saxophone, Earl 'China' Smith à la guitare tandis que Black Uhuru et Althia & Donna assurent quelques interventions vocales. En pleine possession de ses moyens, Sly Dunbar peut tout se permettre: coller la ligne de basse du Staying Alive des Bee Gees au milieu d'Oriental Taxi ou reprendre le tube disco spacey d'Universal Robot Band, Dance And Shake Your Tambourine, le genre de reprise reggae qui transformera la plus morne des soirées de Noël avec Mémé en infernale bacchanale.

Sly Dunbar - Dance And Shake Your Tambourine

Even if he has collaborated to several thousand of songs with Robbie Shaskespeare, Sly Dunbar has produced only a handful of albums under his own name. Sly, Wicked And Slick - Extra Version reunites two albums: 1979's Sly, Wicked And Slick and 1978's Simple Sly Man. Both are instrumental dub albums with extraordinary melodic quality coupled with strong disco influences, as is shown in the cover of Universal Robot Band's Dance and Shake Your Tambourine.


samedi 20 décembre 2008

Jimmy Ruffin - The Ultimate Motown Collection (Motown/Universal - 2003)

Honnête artisan d'un R&B classique à l'ancienne, Jimmy Ruffin a été largement oublié par les encyclopédistes de la soul. Ce n'est par contre pas le cas de son frère cadet, David Ruffin, entré à la postérité en 1964 en remplaçant Elbridge Bryant au sein de The Temptations. Lui-aussi signé sur Motown au début des années 60, Jimmy végéta 3 ans, devant gagner sa vie comme ouvrier sur les chaînes automobiles de Ford. La chance finit par tourner en 1966 avec What Becomes Of The Brokenhearted. Ecrit par James Dean, William Weatherspoon et Paul Riser, ce classique de la Motown, était en fait destiné au groupe The Spinners. Jimmy dû litérallement supplier les auteurs de lui laisser tenter sa chance. Bien leur en prit, car le succès du morceau permit enfin à Jimmy de quitter Ford et de vivoter de son art. Après une poignée d'albums pour Motown (Jimmy Ruffin Sings Top 10, Ruff'N'Ready, I Am My Brothers Keeper avec son frère, The Groove Governor), Jimmy, adulé par la scène Northern Soul, quitta Motown, signa avec Atco puis Chess et finit par émigrer en Angleterre. Homme d'un seul tube pour le plus grand nombre, Jimmy Ruffin restera à jamais adulé par une poignée de fidèles éclairés. On signalera quand même que le répertoire de Jimmy Ruffin a été très peu utilisé et samplé. J'ai tout juste retrouvé la trace d'un morceau de Wyclef Jean, Industry, qui utilise What Becomes Of The Brokenhearted. Ses premières secondes, avec sa basse profonde et sa rythmique boom bap mériteraient pourtant largement d'être davantage exploitées.

Jimmy Ruffin - What Becomes Of The Brokenhearted (Alternate Mix With Spoken Intro)

Jimmy Ruffin, older brother of David Ruffin, of The Temptations fame, is still largely unknown excpet in England amon Northern Soul fans. His only hit, What Becomes Of The Brokenhearted, remains an absolute soul classic.



vendredi 19 décembre 2008

Jazzanova - Of All The Things (Sonar Kollektiv/Verve - 2008)

Mine de rien, les Jazzanova s'installent parmi les acteurs les plus pertinents de la scène électronique actuellle. Leurs deux albums de remixes restent des indépassables du genre, leurs compilations rivalisent aisément avec celles de Gilles Peterson, et leur label, Sonar Kollektiv, loin de rester cantonner au downtempo ou au broken beat, a contribué a relancé la deep house avec des artistes comme Ame ou Dixon. Et comme de bien entendu, avec leur deuxième long format, Of All The Things, les Allemands frappent là où on ne les attend pas. Un peu comme Nuyorican Soul ou les 4 Hero l'avaient fait auparavant, les Jazzanova délaissent les beats destructurés ou l'electro à proprement parler pour une nu soul soyeuse, gorgée de cuivres enfiévrés, balayant tout l'éventail de leurs influences. Si Look What You're Doin' To Me pourrait être tirée d'un vieil album de Roy Ayers, So Far From Home feat. Phonte est très proche des productions de 9th Wonder ou d'un Kanye West, tandis que la brésilianerie Gafiera feat. Pedro Martins & Azymuth est largement au niveau du meilleur du label Far Out. Plus surprenants, certains morceaux s'avérent de parfaits petits joyaux de pop mélodique à la Sufjan Stevens (Lie feat. Thief) ou à la Antony And The Johnsons (Little Bird feat. José Bird). Excellent signe, loin de lasser ou de sembler aseptisé, l'album gagne en intensité à chaque nouvelle écoute. Bon ben, je crois que nous tenons là un sans faute énorme. Allez hop, directement dans mon top 2 de 2008 avec MGMT.

Jazzanova feat. Paul Randolph - Let Me Show Ya

I'm short of superlative for this record and this is a real surprise because I really didn't know what to expect from Jazzanova sophomore album. Far from the broken beat they've been known for, Of All The Things is a a nu soul and pop masterpiece.

mardi 16 décembre 2008

Nuggets - Original Artyfacts From The First Psychedelic Era - 1965-1968 (1972 - Elektra/Rhino)

Que dire de plus sur Nuggets qui n'ait pas déjà était dit par de beaucoup plus doués? Sinon encore une fois que ce fût sans doute la première compilation a avoir autant sinon plus d'influence et d'importance dans l'histoire du rock que les artistes compilés. Ces 27 perles psychédéliques, assemblées par le fondateur d'Elektra Records, Jac Holzman, et par Lenny Kaye, futur guitarite du Patti Smith Group, sont réputées avoir été à l'origine du punk et continuent encore de nos jours à traumatiser pas mal de groupes en "The". Bref, ce que l'on qualifie souvent de disque fondateur et séminal. S'en était d'ailleurs l'ambition originelle. Dans ses notes de pochettes, Lenny Kaye avoue avoir voulu saisir le son de la révolution rock en marche en Amérique à la suite de la British Invasion, une captation en direct live d'un état d'esprit qui allait trouver son apothéose à Woodstock et son épitaphe à Altamont. Pour la première fois aussi, sans doute, des musiciens blancs ne se contentent pas de piller la musique des Noirs mais s'en inspirent pour l'emmener ailleurs, grâce notamment à la magie miraculeuse induite par la démocratisation massive des drogues qui accompagne ce mouvement. Pas encore hippies barbants, ces jeunes gens élégants à la coupe au bol maltraitent leurs guitares à grands coups de riffs orgiaques, s'envolent dans des spirales d'orgue Hammond, entre ambitieuses cathédrales pop et blues primal.

Mouse - A Public Execution

Absolutely seminal, this compilation of psychedelic music of the 60's has originated punk rock and is still higly influential on a lot of today "The" bands.

samedi 6 décembre 2008

Donald Byrd - Thank You...For F.U.M.L. (Funking Up My Life) (Elektra - 1978)

Il faut croire que le jazz devait être sacrément emmerdant pour les cadors du genre dans les 60's et les 70's. Difficile en effet de continuer dans le mode classique pendant que les ouragans soul, funk et disco balayaient les rues américaines. Les stars de la soul et du funk carburaient aux mêmes drogues que les jazzmen (l'héro principalement) mais ils étaient eux parvenu à capter le poul et l'âme de l'Amérique noire: quand on pense lutte pour les droits civiques, Vietnam, émeutes, la bande son est composée par Marvin, Stevie, Isaac et tous leurs amis. Affront suprême, les principales innovations musicales avaient lieu dans les studios de Detroit, Memphis ou Muscle Shoals avec des sorciers comme Norman Whitfield ou Willie Mitchell. Bref, le jazz commençait à sentir le renfermer et il ne faut pas s'étonner que ses principales figures ont très vite essayé de prendre le large. Miles Davis, Herbie Hancock ou encore Donald Byrd ont très vite compris qu'il y avait là une formidable matière pour expérimenter, inventer de nouvelles formes et aussi, accessoirement, se faire un peu de blé. Donald Byrd va donc se mettre à dos les puristes pour plonger dans les délices du jazz funk, bénéficiant des doigts d'or des frères Mizell. En 1977, en quittant Blue Notes, il est hors de question pour lui de revenir en arrière et il va même en rajouter une louche. L'heure est au disco, aux envolées lyriques de cordes, aux vocaux. Exactement ce qu'il met au menu de Thank You...For F.U.M.L. Et pas question de faire cheap. Il bénéficie de quelques uns des meilleurs musiciens de studio de l'époque (Paul Jackson Jr, george Bohannon, Wah Wah Watson) et va chercher ses vocalistes jusque chez Motown (Syreeta Wrigth). Donald Byrd s'occupa lui même de la production, laissant les arrangements à Wade Marcus. Moins connu que ses albums signés sur Blue Note, Thank You...For F.U.M.L. reste largement au même niveau. Vos pieds et ce que votre maman vous a donné vous diront merci.

Donald Byrd - Loving You

Jazz musicians were bored in the 60's and 70's. While the soul, funk et disco revolution were going on they were stuck in same formal structures. Quickly, the greatest of them (Miles Davis, Herbie Hancock and Donald Byrd) found in the music that were sweeping the streets and the dancefloors a wonderful inspiration. Thank You...For F.U.M.L. is really far away from Donald Byrd jazz roots and is unrelentingly disco.

vendredi 5 décembre 2008

Channel 4 - A Compilation Of Output Recordings (Output - 2005)

Devinette. Mon premier est l'un des labels qui a le plus contribué à la popularité de l'electro rock sur les dancefloors, avec quelques unes des sorties des groupes les plus représentatifs du genre. Mon second est playlisté par les DJs les plus pointus et hypes de la planète d'Ivan Smagghe à Erol Alkan. Mon troisième se permet d'exhumer des perles synth punk du tréfond des 80's. Mon tout est... Est ... DFA? Non. Kitsuné? Non. Car mon tout a fini par se casser la gueule en 2006 et mon créateur est revenu à un relatif anonymat. Réponse: Output, le label de Trevor Jackson. Channel 4 fût l'ultime volet des compilations sur CD du label avant le best-of sorti l'an dernier. Force est de reconnaître, à l'heure du triomphe fluo des Late Of The Pier, Klaxons et consorts, que l'ami touche-à-tout Trevor (son site internet le présente comme un designer, un DJ, un graphiste, un producteur) avait tout compris avant l'heure, annonçant une vague de fond qui a permis à de plus malins ou à de plus opportunistes de toucher le jackpot (Hotline de Loneshark ferait bien l'affaire sur Kitsuné Maison 18).

Loneshark - Hotline

Surfant sur tous les continents et les pays, de la France (Colder) à l'Allemagne (of course) avec Lopazz, en passant par la Suède (DK7), accueillant avec bienveillance les bargeots notoires (Maurice Fulton sous le psuedo de Mu) et exhumant une reprise synth punk de Prince de 1986 (Girls And Boys de Pankow), Channel 4 fait plus qu'encore tenir la route. Mieux même: avec le temps, la pause et la hype modeuse se sont déposés au fond du flacon, ne laissant en surface que de putains d'excellents morceaux.

Pankow - Girls And Boys

Now that all the hype is gone with the collapse of the Output label, Channel 4 makes me realise that Trevor Jackson just put out excellent electropunkrock music that perfectly stands the test of time.

dimanche 23 novembre 2008

Move Your Ass

C'est dimanche, tu t'emmerdes dans ton petit appart de merde avec cette pluie qui tombe. Tu sais très bien que au fond de toi tu préférerais shaker ton ass sur le dancefloor avec ce genre de copine en te prenant pour un gangsta du Dirty South comme un gros mytho. Heureusement pour toi, Zorba est là. S'il ne pourra certainement pas te trouver une pouffe à gros seins pour copine, il a par contre pu trouver dans son disque dur de quoi shaker tous les ass de la terre. Et si tu connaissais déjà ces morceaux, alors dis-toi que tu as bon goût. Dans tous les cas, prépare toi: basses et rythmiques décollent la plève, et font danser la plèbe.

Jamie Foxx feat. T.I. - Just Like Me

Maintenant que vous commencez à être chaud, il faut compter sur DJ Montay.

DJ Unk - Show Out

Vous en voulez encore? Allez, Plies au micro, Chris J aux choeurs et JR Rotem à la production pour faire retirer ses derniers vêtements à votre copine une fois qu'elle a bien shaker son ass.

Plies feat. Chris J - Put It On Ya

Encore un petit dernier pour le plaisir des yeux?

Fiend feat. Lil Wayne - Gangsta Musik

Bon maintenant, l'affaire devrait être entendue. Avec ce qui suit, je pense que vous saurez quoi faire, même si des seconds couteaux ont supervisé cet énième réincarnation d'un 2Pac qui n'en demandait pas tant (Ron Fair, Ivan Barias et Carvin Haggins).

Keyshia Cole feat. 2Pac - Playa Cardz Right

mardi 18 novembre 2008

Festival Les Inrocks: Cut Copy, Kennedy, Late Of The Pier, Metronomy, Hot Chip (La Cigale - 16/11/08)

Je n'avais encore jamais vu autant de synthés sur scène au Festival des Inrocks. Celui-ci réunissait ce soir-là le nec le plus ultra de ce que l'on peut raccrocher à une mouvance nerd electro rock dont les maîtres à penser sont en vrac New Order, Daft Punk ou encore Devo.

Dès le début ça tape très fort. Sur disque, les Cut Copy se donnent beaucoup de mal pour sonner comme des New Order sous ecsta mais finissent surtout par ressembler à Erasure. En live, par contre, leur puissance sonore taillée pour les festivals fait trembler les murs. 30 petites minutes de set et déjà la fosse est agitée de mouvements de foule spectaculaires.

Du coup, lorsque Kennedy se pointe avec son pantalon moule poutre à paillette et ses choristes bourrées, une certaine stupeur envahit la salle. Rapidement la stupeur finit par laisser place à des sifflets. Ces sifflets finissent par couper le sifflet à Kennedy qui disparaît en plein milieu d'une chanson. Ses choristes l'attendent 5 minutes la bouche en cul de poule puis le rideau se rabat brusquement. Bon les Inrocks, faut arrêter maintenant avec Kennedy: deux années de suite ça fait peut-être un peu beaucoup.

Il ne fallait rien de moins que les Late Of The Pier pour relancer la soirée. Très attendu par les kids venus en masse, leur show énergique mais brouillon refait monter la température. Les Metronomy n'ont donc aucun mal à s'imposer même si leur show est un peu statique.

En fait, ce sont les Hot Chip qui suprennent. Minutieusement construit autour d'une instrumentation live et progressif comme un DJ set, leur dispositif scénique multiplie de façon exponentielle la puissance de leurs morceaux. Devenus méconnaissables ceux-ci sont métamorphosés en missiles pour dance floor qui retournent et atomisent littéralement La Cigale. D'ailleurs c'est bien simple: depuis LCD Soundsystem je n'avais jamais autant crié et dansé à un concert!!!


dimanche 16 novembre 2008

Tapes 'n Tapes

J'ai déjà eu l'occasion de parler de Datpiff.com, la paradis des mixtapes. A peu près tout ce qui sort dans cet exercice indissociable du hip hop finit par y atterrir. A condition de parvenir de s'y retrouver dans cette profusion, c'est là une unique occasion de reprérer les futurs poids lourds de demain. Car désormais, tout aspirant rappeur n'a pas le choix: pour être repéré et passer à l'étape de l'album, il faudra d'abord qu'il fasse ses preuves sur mixtape. C'est la jurisprudence Lil'Wayne: les mixtapes sont devenues tellement populaire et les revenus financiers qu'elles génèrent tellement opaques que celles-ci sont désormais une industrie en soi. Les plus gros producteurs y placent des instrus et les cadors du micro squattent le genre avec un stakhanovisme qui force le respect, l'important étant aussi de ne pas se faire oublié. Etre visible et écouté partout, par tous et tout le temps: c'est la stratégie des grands groupes de communication appliquée au hip hop.

Nouvelle recrue de l'écurie Aftermath de Dr Dre, Bishop Lamont fait donc une irruption fracassante dans l'arène, allant recruter Scott Storch, 9th Wonder, Nottz, JR Rotem, Diverse ou DJ Khalil pour assurer la production. Résultats: au moins deux très bonnes tapes: N*gger Noise et surtout The Confessional.

Bishop Lamont - First They Love You (production: 9th Wonder)

Sur Ghetto Song, composé par Nottz, vous reconnaîtrez facilement le sample du Howling For Judy de Jeremy Steig, déja utilisé par les Beatie Boys sur Sure Shot.

Bishop Lamont - Ghetto Song (production: Nottz)

Autre rookie dont le nom s'affirme, Sha Stimuli et son excellente tape Hotter Than July, uniquement basée sur des samples de Stevie Wonder. C'est très bon de bout en bout, notamment Overjoyed dont le piano me fait un peu penser au Runnin' de The Pharcyde.

Sha Stimuli - Overjoyed

Dernier nouveau venu, Charles Hamilton, dont le titre de la mixtape annonce franchement dès l'origine la couleur: And Then They Play Dilla, soit l'utilisation judicieuse et astucieuse d'instrus de J. Dilla.

Charles Hamilton - Waterworks

Seule entorse à cette règle de mise en avant des jeunes pousses, il serait dommage de passer à côté du dernier effort du vétéran Royce 5'9'', The Bar Exam 2 et de son freestyle Ignorant Shit sur, il me semble, des extraits de Between The Sheets de The Isley Bros.

Royce 5'9'' - Ignorant Shit Freestyle

vendredi 14 novembre 2008

Le Maître d'Armes (Fearless) (Ronny Yu - Rogue Pictures - 2006)

Après une bonne dose de Shaw Brothers, voir un kung fu pian réalisé récemment change agréablement. Le Maître d'Armes fait office de purgatoire et de résurrection pour Jet Li et Ronny Yu, dont il scelle le retour au pays après pas mal de déboires hollywoodiens, entre séries B plus au moins réussies, petit rôles et bessoneries nanardeuses. Ni le metteur en scène, ni l'acteur ne prennent donc le moindre risque, comptant l'histoire authentique d'un héro chinois de la fin du 19ème siècle, Huo Yuanjia, dont le parcours revêt une trame dramatique très classique. Fils d'un maître des arts martiaux, Huo Yuanjia devient un lutteur craint dont la vanité cause l'assassinat de sa fille et de sa mère. Dévoré par la douleur, Huo ère sur les routes et est recueilli par une famille de paysan pendant plusieurs années. La communion avec la nature lui permettra de retrouver la paix intérieure et de regagner Tianjin où il fait amende honorable et découvre avec amertume la Chine sous la tutelle humiliante des puissances occidentales. Huo décide alors de remonter sur le ring afin de défier les champions occidentaux, sauver l'honneur de la Chine et créer un école d'art martiaux. Il finira empoisonné au cours d'un combat suite à la perfidie d'un homme d'affaire Japonais.

On est en terrain archi connu: glorification exacerbée du nationalisme chinois, désir de revanche (tempéré par le personnage d'un lutteur japonais qui s'oppose aux pratiques de son compatriote empoisonneur), cheminement intérieur, philosophie asiatique de café PMU et renaissance dans la douleur à travers la pratique des arts martiaux et l'exil.

Mais si le fond ne brille guère par son originalité, la forme est sans faille: gros budget visible à l'écran, photo splendide, réalisation au cordeau, combats brutaux réglés au millimètre par un Yuen Woo-Ping en forme et surtout présence de Jet Li. Ce dernier s'essaie d'abord (avec un peu de maladresse) à une palette dramatique plus complexe qu'à l'accoutumée dans ses films chinois mais finit par réendosser le costume du héro chinois, sobre, chaste, invincible et infaillible (sinon par traitrise), très proche du Wong Fei Hung d'Il Etait Une Fois En Chine, qu'il maîtrise parfaitement.



The plot of Fearless is not very original but the alliance of Yuen Woo-Ping and Jet Li is the insurance of seing exciting fights.

mardi 11 novembre 2008

Un jour j'irais à New York avec toi...

Si j'en crois les statistiques de connexion, la collection de novembre semble plutôt plaire. Comme tout bon commerçant, il me faut donc envisager un réassortiment. Pas question, cependant, de livrer de la marchandise frelatée ou de banalement me livrer à une exégèse du Dirty South. Concentrons nous plutôt sur la Grosse Pomme et ses héros du micro comme 9th Wonder. 9th Wonder n'a jamais livré le moindre beat frelaté. Tout au plus peut-on concéder de temps à autre un légère baisse de forme pas forcément étonnante, notre homme s'étant spécialisé dans la production d'albums entier. Si on tire un bilan de son actualité discographique de la rentrée, on émet un peu de réserve sur l'album de Buckshot mais par contre on s'enthousiasme sur le travail réalisé avec Jean Grae sur Jeanius, à base de beats qui claque ta face et de samples soul à faire pleurer ta mère.

Jean Grae - Love Thirst

GZA est lui aussi en pleine forme, le vétéran du hip hop quadragénaire s'étant décidé à venir fesser les fesses roses de ce gros bébé de 50 Cent sur Paper Plate, extrait de son nouvel album, Pro Tools, et produit par le metteur en son officiel du Wu Tang, dont le nom est tout aussi imprononçable que le sien, RZA.

GZA - Paper Plate

Il serait dommage de parler du Wu Tang sans honorer la mémoire de son héros, Old Dirty Bastard, comme le font très bien ses protégés de Brooklyn Zu.

Brooklyn Zu feat. ODB - Do It For

AZ, lui, semble être à la poursuite de sa propre légende depuis les débuts de sa carrière. A propos, je note pour la première fois une étrange similarité entre son nom, AZ, et celui de GZA. Je n'avais même jamais fait attention, comme quoi tout arrive.

AZ - Undeniable

La moitié de Heltah Skeltah, Rock, a tout juste été libéré de prison pour présenter sa nouvelle mixtape, Shell Shock, quand pas mal basée sur ses dêmélés judiciaires. Tempmurda, avec son sample gros comme une poutre du morceau de Snoop Dogg, Murder Was The Case, est ma fois d'excellente facture. Par contre, je n'en ai pas trouvé le producteur.

Rock - Tempmurda

dimanche 9 novembre 2008

Collection Automne (Novembre 2008)

Mais qu'est-il arrivé à John Legend? Celui-ci semble avoir troqué son piano et sa splendide nu soul contre un synthé Yamaha échappé des 80's et nous pond Evolver, un album criard, prétentieux et boursoufflé, osant tout: les mélodies pompières , les chansons sirupeuses et un sample très premier degré de Dire Straits. Là, on ne suis plus, mais alors plus du tout. Du marasme on sauvera juste Green Light, qui, accompagné d'André 3000 d'Outkast, adopte le style drum & bass liquid d'Hospital Records.

John Legend feat. André 3000 - Green Light

De toute façon l'électro est la nouvelle terre que les producteurs américains viennent explorer à la recherche de matière première, que ce soit dans sa version eurodance (cf. T.I. ou Wiz Khalifa) ou au contraire, dans sa version minimaliste et tribale sous forte influence Detroit, à l'instard de Ron Brownz, accompagné des bourrins du Dipset Jim Jones et Juelz Santana sur Pop Champagne.

Ron Brownz feat. Jim Jones & Juelz Santana - Pop Champagne (Remix)

Je suis prêt à parier ma chemise que Siriusmo ne devrait d'ailleurs pas tarder à être pillé, vu la qualité des productions du teuton. Et quand c'est Boys Noize qui signe la version edit de Mein Neues Fahrrad sur son propre label, BNR, les jambes et/ou la nuque ne s'en remettent pas.

Siriusmo - Mein Neues Fahrrad (Boys Noize Edit)

Quelques uns pourtant se contrefoutent de l'electro et restent de fidèles gardiens du temple classique, tels Devin The Dude et son hip hop laidback et enfumé. Devin a frappé à quatre reprises cette année avec trois albums coup sur coup (Smoke Sessions Vol. 1, Hi Life, Landing Gear) et un best-of, Greatest Hits, pour Rap-A-Lot. Tout cela sent la fin de contrat et j'espère que Devin The Dude, l'un des rappeurs de Houston les plus injustement sous-estimés, rebondira très vite.

Devin The Dude - I Can't Make It Home

samedi 8 novembre 2008

Le Monastère de Shaolin (Men From The Monastery/Men From Monastery/Disciples Of Death) (Chang Cheh - Shaw Bothers - 1974)

Second volet du cycle de Shaolin de Chang Cheh, à la fois séquelle et préquelle de 2 Heros, Le Monastère de Shaolin reprend donc les mêmes acteurs, Chen Kuan-Tai, Chi Kuan-Chun, Alexander Fu-Sheng, dans les mêmes décors et sur une trame à qui se veut à peu près similaire (la résistance d'une poignée de héros à l'oppresseur Mandchou dans la seconde moitiè du dix-huitième siècle). Sauf qu'en fait c'est la trame qui va dans le décor, puisque je dois convenir que l'histoire est du grand n'importe quoi. Le Monastère de Shaolin commence comme un banal film de justicier dans la ville (un ancien moine de Shaolin, joué par Alexander Fu-Sheng, fait le ménage dans son tiéquar) puis change de héros pour reprendre la même trame avec un autre justicier qui cherche à venger son père (Chi Kuan-Chun) puis passe à la narration d'une vague histoire de résistance contre les Mandchous, qui finissent pas incendier Shaolin et traquer une poignée de résistants qui meurent tous sauf un dans un sanglant combat final. Vous n'avez rien compris? Ce n'est pas grave, Chang Cheh visiblement non plus. Restent les combats, beaux et violent, chorégraphiés par l'incontournable Liu Chia-Liang et cette façon inimitable de filmer les morts, qui se tordent de douleur en hurlant tout en combattant durant cinq bonnes minutes avant de passer de vie à trépas. Bon, faut quand même être un aficionado du genre pour tenir, même si les images sont très belles.



Second film of the Shaolin saga filmed by Chang Cheh, Men From The Monastery is plagued by a terrible story: you just don't understand anything. But the fights are all right.

samedi 1 novembre 2008

Bost & Bim - Yankees A Yard 2 (Bost & Bim - 2007)

Le succès du premier volume a conduit le duo Bost & Bim à récidiver 2 ans plus tard, quelque soit la peine plancher encourue, avec un nouveau tome de "reggae dancehall remix". Sur 17 riddims originaux, composés pour l'occasion, Bost & Bim découpent et assemblent 54 extraits de tubes hip hop, dancehall, R&B, soul et rock (avec Janis Joplin et les Beatles en invités surprise). L'effet de surprise, justement, ressenti à l'écoute du premier Yankees A Yard est quand même éventé et la recette, si elle reste efficace, révèle un systématisme qui tourne un peu en rond. En ne retenant qu'entre 30 secondes et 1mn 30 au maximum de chaque a capella utilisé, Yankees A Yard 2 met un peu tous les morceaux au même niveau et du coup rien ne sort vraiment du lot. Les bonnes idées ne sont en tout cas pas poussées jusqu'au bout, une piste chassant rapidement l'autre. On pourra argumenter que c'est l'esprit même d'un sound system ou d'une mixtape, mais pour ma part j'avancerais que Bost & Bim ont, en fait, travaillé très vite, sans se casser franchement le cul, et que ça s'entend. C'est dommage, d'autant qu'une fois de plus les riddims utilisés sont aussi variés et excellents que sur le numéro 1. Tout cela donne surtout envie de se procurer les versions longues des remixes, tant ces courts extraits laissent en bouche un goût d'inachevé. Heureusement que You Tube est là:







Yankees A Yard 2
cache quand même deux bonnes surprises dans ses pistes cachées, avec deux bombes en version complète cette fois. Impossible de mettre la main sur les références de ces deux pistes mais promis, dès que je les ai, je les indique.



Second volume of the French duo Bost & Bim reggae dancehall remixes of urban smashes serie. Good stuff but Bost & Bim need to find something else now...

vendredi 31 octobre 2008

Bost & Bim - Yankees A Yard (Bost & Bim - 2005)

Il y a deux écoles pour concevoir une mixtape. Les tenants de la première tente d'assembler des exclusivités et des tubes. La seconde école, plus récente, vise réunir un ensemble de remixes exclusifs, réalisés par les soins de l'auteur de la mixtape. Cette dernière école a même initié quasiment un micro-genre, celui des relectures des titres de Jay Z, assaisonnés maintenant à toutes les sauces depuis que celui-ci publie systématiquement une version a capella de chacun de ses albums. Bost & Bim appartiennent eux-aussi à la seconde école puisqu'ils ont assaisonnés à la sauce reggae 37 tubes hip hop, R&B et soul (Beyonce, 50 Cent, Snoop & co mais aussi Al Green, Marvin Gaye ou Stevie Wonder), avec des riddims de leur composition. A vrai dire, je n'ai découvert Bost & Bim que récemment, grâce à leur relecture du American Boy d'Estelle en Jamaican Boy, dont j'ai déjà précédemment parlé, titre matraqué en boucle sur Radio Nova. Je me suis donc penché sur la discographie de ce duo français, apparemment des soutiers et vétérans du reggae français , encore injustement méconnus du grand public malgré une carrière débutée en 1991. A vrai dire, les scénes reggae et dub françaises, si elles bénéficient parfois du soutien de grand public, restent largement ignorées par la presse musicale. Reste que, sans être un spécialiste du reggae ou du dancehall contemporain, scène devenue quand même vachement spécialisée et parfois un peu hermétique avec la dureté du son digital, je dois convenir que leurs riddims semblent tuer litérallement leur race à mes oreilles profanes. Ces gars là ont du talent et il convient de le faire savoir, d'autant que Yankees A Yard, publié à compte d'auteur, se trouve pour 10 euros dans toutes les bonnes crémeries.

Kelis - Trick Me (Bost & Bim Remix)

Killer reggae mixtape by French best, but largely unknown, reggae producers. Their blend of hip hop, R&B et soul smashes over original reggae riddims is pure fyah!!!

lundi 27 octobre 2008

Hercules And Love Affair - Hercules And Love Affair (DFA - 2008)

Ne vous laisser pas abuser par l'imagerie grecque de pacotille pour sauna louche. Hercules And Love Affair est la preuve que des groupes peuvent être profondément pédés sans tomber dans la pitrerie kitsch et camp à la Village People, Army Of Lovers ou Scissors Sisters. La culture gay à laquelle renvoit Hercules And Love Affair n'est pas celle de tafioles à plumes mais sent l'hédonisme, le stupre, la drogue, le disco, la house et la danse des années d'avant le sida, telles que les vécurent pas mal de new-yorkais sur la piste du Paradise Garage ou du Studio 54. Cet album parait même avoir été composé avec pour saints patrons Larry Levan, David Mancuso, Arthur Russell et les cadors (homos) de la house du début des années 90 (Frankie Knuckles, Junior Vasquez, David Morales). Les morceaux purement disco sont exceptionnels d'inventivité (les cuivres et le refrain de Hercules Theme, collant comme un chewing-gum, Raise Me Up qui se part de surprenants atours dub, l'irrésistible et tubesque Blind, les accents punk funk et jazzy de This Is My Love) mais ce serait être réducteur de réduire l'album au seul disco. La ligne de clavier plus classiquement house de You Belong rappelle irrésistiblement des groupes qui se terminaient par city (Inner City et Ten City) tandis que le neurasthénique Iris est du niveau de ce que sort Italians Do It Better. Les morceaux d'Andrew Butler bénéficient en fait de trois gros avantages. D'abord ce sont avant tout de putain de grandes chansons, très bien écrites. Ensuite, ce dernier reçoit un renfort de poids en Tim Goldsworthy, magicien avéré, qui s'occupe de la programmation des rythmiques. Enfin, les vocaux sont assurés par des interprètes de première, dont, excusez du peu, Antony Hergarty, qui a laissé ses Johnsons au vestiaire. Puisque arrive à grands pas l'heure des bilans de fin d'année, je me rend compte que ce disque est resté sur le haut de la pile depuis plusieurs mois. C'est tellement rare d'écouter un CD pluieurs fois de nos jours... Un treizième travail d'Hercule...

Hercules And Love Affair - You Belong




Astounding album. A must have for 2008, that will stand the test of time. Hercules And Love Affair is the proof that an overtly gay band can be something else than camp sissies.

Hercules And Love Affair - Blind



dimanche 26 octobre 2008

Celeste - Cinco E Triste Da Manhà (Tapecar/Amazon - 1978)

Selon la bible des blogs sur la musique brésilienne, Loronix, Cinco E Triste Da Manhà, premier album de Celeste est sorti en 1978. Les somptueux arrangements y sont signés J.T. Meirelles and Chiquinho de Moraes, alternant ballades suaves, soul (Foi Assim, que l'on jurerait tiré de la B.O. d'un James Bond brésilien), variétoche classieuse (Sinal De Solidao), bossa nova (Serrado, Vergonha E Nao Lutar) et fulgurantes intuitions proto electro (Cinco E Triste Da Manhà, Sonhos, Amor A Três) qui rappelent curieusement ce que peut faire un groupe comme Air de nos jours. Ce sont surtout ces trois derniers morceaux absolument bluffants , ainsi que la voix à couper le souffle de Celeste, qui méritent de traquer et commander ce disque à l'autre bout du monde, d'autant qu'il se trouve sur certains sites américains (dont notamment http://www.dustygroove.com http://www.musicstack.com) pour une poignée de dollars (celui qui arrive à le trouver en France à un prix raisonnable aura beaucoup de bol). On peut se plaindre que ce blog, intitulé The Breakz, propose en fait très peu de breakbeats. Eh bien, les trentes premières secondes de Sonhos devraient être avalées toutes crues avec gourmandise par les meilleurs samplers.

Celeste - Sonhos

Celeste first album, Cinco E Triste Da Manhà, is a well hidden secret, cherished by a handful of connoisseurs, for Celeste beautiful voice and more especially for three tracks, Cinco E Triste Da Manhà, Sonhos, Amor A Três, which sound a bit like what bands like Air are actually producing. The first 30 seconds of Sonhos are a fabulous breakbeat.

samedi 25 octobre 2008

La Forteresse Cachée (The Hidden Fortress) (Akira Kurosawa - Toho/Wild Side Films - 1958)

Aborder un chef-d'oeuvre authentique du patrimoine cinématographique mondial est toujours un exercice intimidant en France. Par peur de se frotter à la culture dite "majeure" peut-être, le cinéma ayant été élevé au rang d'art majeur par une école critique ancrée dans la théorie et la posture intellelectuelle pure et n'ayant pas encore su dépasser la politique des auteurs initiée par François Truffaut en 1955. On en oublie, du coup, que si les écrits sont souvent abscons et obscurs, les oeuvres cinématographiques étudiées peuvent être, elles, d'une simplicité et d'une beauté lumineuse. La preuve avec La Forteresse Cachée, chambara picaresque comptant l'épopée d'une princesse, d'un général et de deux voleurs dans la tourmente des guerres des clans du Japon médiéval.

Pourquoi donc crier donc au chef-d'oeuvre pour un banal film d'aventures en kimono? Pour quelques raisons toutes simples:

- Le film a beau avoir été réalisé en noir et blanc en 1958, il reste d'une modernité formelle ébouriffante.
- Mené sans temps mort, son tempo enfonce ue bonne partie de la production contemporaine.
- Sa simplicité, sa lisibilité, son ancrage dans le grand spectacle populaire sont ici des signes manifestes d'intelligence.
- Le cinéma est un art et à contempler l'agencement des plans, la beauté de la photographie, les mouvements de caméra et en regardant juste ce que l'on voit à l'image, on touche du doigt instinctivement ce qui sépare un véritable cinéaste d'un tâcheron.
- Chaque scène paraît anthologique, de la révolte des prisonniers au duel au milieu des drapeaux en passant par les ballets de la fête du feu.
- Il contient en germe tout un cinéma populaire à venir. Le ton picaresque annonce celui du western spaghetti tandis que Georges Lucas confessera être venu y chercher la trame de Star Wars.



The Hidden Fortress is an authentic masterpiece, far from the boring 50's movie I first thought it would be.

dimanche 19 octobre 2008

Fleet Foxes - Fleet Foxes (Bella Union - 2008)

Comment parler de Fleet Foxes? Comment encore trouver un truc original à dire sur ce groupe avec l'hystérie critique qui les entoure? Faut-il vraiment perdre son temps à trouver une approche originale lorsque un quintet fait à ce point l'unanimité? Vous aurez donc compris que tout le monde, de Pitchfork, qui leur a collé un 9.0 ( http://www.pitchforkmedia.com/article/record_review/51076-fleet-foxes-fleet-foxes) aux Inrocks (leur concert prévu à l'Olympia dans le cadre du Festival des Inrocks du mois de novembre a été le premier complet), en passant par par la bande des quatre T Trax, Tsugi, Technikart, Télérama et en fait l'ensemble des blogs musicaux mondiaux, tout le monde trouve ça bien. Il est vrai que la barre est haute. La pochette reproduisant un tableau de Bruegel l'Ancien a impressionné tout le monde et donne au groupe une petite touche intello et cultivée qui flatte l'auditeur et le critique. Rien à reprocher non plus aux artistes mentionnés dans les remerciements de l'album. Il n'y a que du lourd, du sérieux là encore, et nulle influence honteuse italo-disco ou glam rock: Karen Dalton, Brian Wilson, Joanna Newsom, Bob Dylan, Neil Young, John Atkins (non pas Juan Atkins ne rêvez pas), Gilberto Gil, Arthur Lee, Marvin Gaye, Damien Jurado, Paul Simon, John Lennon, Townes Van Zandt, Vashti Bunyan, Van Morrison mais aussi, excusez du peu, Charles Mingus, Stravinsky, Ravel, Debussy, Steve Reich. Alors, devant un tel étalage d'érudition musicale, moi j'ai envie de leur parler aux Fleet Foxes, de tenter de rentrer en contact avec eux Eh oh ça va pas les mecs, vous ne savez pas qu'aujourd'hui la seule influence qui vaille c'est Daft Punk? Vous avez entendu parler de l'afrobeat et du disco?Vous espérez vraiment séduire d'autres personnes que les trentenaires et les quadragénaires amateurs de rock indé? Vous rigolez quand même des fois? Bien sûr c'est super beau votre musique. Il n'y a rien à dire, pas une note de travers. Vos harmonies sont splendides, vos choeurs aériens, vos envolées de chordes magiques. Mais bon, quand même, quand est-ce qu'on danse?

Fleet Foxes - White Winter Hymnal



Splendid music but you can't help to ask a question to those guys: do you have fun sometimes?

Fleet Foxes - He Doesn't Know Why

samedi 18 octobre 2008

Ruthie Foster - The Phenomenal Ruthie Foster (Blue Corn Music/Proper Records - 2006)

Agréable découverte de ce samedi d'octobre ensoleillé, Ruthie Foster semble, si l'on en croit sa biographie officielle, s'être pas mal cherchée et appartient même à la catégorie des chanteurs qui marchent au diesel: de longues années de tournées et de galères dans divers groupes, une signature avortée sur Atlantic et un premier album, The Phenomenal Ruthie Foster, qui commence à trouver son public deux ans après sa sortie. En fait, Ruthie Foster semble avoir trouvé sa voie en se rappelant ses origines texanes et en ancrant sa musique dans ce que les sudistes maîtrisent le mieux (non on ne parle pas ici de dirty south, de snap, de booty bass ou de crunk): la deep soul, le gospel, le blues et la country, genres maîtrisés à la perfection avec la classe, la nonchalence facile désarmante et la perfection des plus grandes, ausquelles la presse U.S. l'a rapidement comparée (Aretha Franklin, Ella Fitzgerald, excusez du peu). Sa reprise du Up Above My Head (I Hear Music In The Air) de Sister Rosetta Thorpe est ainsi tout simplement splendide et rappelle un peu le Way Down In The Hole de Tom Waits, qui sert de générique à la défunte et excellente série The Wire. 'Cuz I'm Here qui ouvre l'album, est lui capable d'en remontrer à pas de jeunes divas de la scène néo-soul, tout comme d'ailleurs Heal Yourself ou Fruits Of My Labor.

Il fallait oser appeler son premier album The Phenomenal. Même les rappeurs shootés au syrup qui pullulent en ces contrées, catégorie d'artistes pas franchement portés sur la modestie, n'avient pas osés. Concernant Ruthie Foster, cela s'est avéré être une excellente idée.

Ruthie Foster - 'Cuz I'm Here

Ruthie Foster is a slow-burner. It took her several years before success came at the door. But when you consider the quality of her first album, The Phenomenal Ruthie Foster, it is largely deserved.

mardi 14 octobre 2008

T-Love - Long Way Up (The Basement Tapes) - (Brawl Records - 2008)

Long Way Back fût l'une des plus agréables suprises de l'année 2003. Depuis, on avait un peu perdu de vue la rappeuse Taura Love, alias T-Love, jusqu'à ce que ce florilège de titres rares et inédits sorte un peu par surprise. Si l'on en croit la bio de la rappeuse, il s'agirait même de son testament, la belle ayant décidé de se consacrer au chant de laisser tomber le rap. C'est dommage, car elle montre une parfaite maîtrise des deux disciplines, chose suffisamment rare pour être signalée. Pour son chant du cygne, justement, T-Love s'est plongée dans ses archives, exhumant 21 perles enregistrées entre 1988 et 2002 avec Mudfoot (devenu ensuite Alchemist), DJ Lethal (jadis DJ des sautillants House Of Pain), The Herbaliser, Kenny Segal, Frankenstein, Beyond There, Mike Green ou encore That Kid Named Miles. Bien que soniquement daté, force est de constater que l'ensemble est plus que solide et tient même encore franchement la route. Tout considéré, la qualité de l'ensemble est même mille fois plus fraîche que pas mal de trucs sortis dernièrement. C'est peut-être même là le problème: écouter des chutes de studio enregistrées dix ans en arrière et se rendre compte que c'est mieux que ce qui est fait aujourd'hui. Ou bien c'est la preuve manifeste que l'on vieillit et que décidemment tout était VRAIMENT mieux avant, ou bien c'est juste la preuve qu'une certaine partie de la scène hip hop contemporaine, une fois sorti de la grosse artillerie commerciale, n'a pas forcément brillé dernièrement par sa capacité à innover. et à inventer de nouvelle formes. Si pas mal de morceaux de Long Way Up sont bâtis sur le même schéma (une boucle jazzy, quelques scratchs et échos sur un beat boom bap), quelques morceaux se détachent particulièrement et se révèlent être même de purs et rares moments de grâce. On My Mind, produit par Beyond There, s'avère être très largement au niveau de ce que fait aujourd'hui à prix d'or Mark Ronson pour Amy Winehouse. Quand on écoute Foolish Pride, on comprend aussi beaucoup mieux la longévité d'un groupe comme Herbaliser, responsable de l'instru. Take Control, oscille lui entre drum&bass et nu-soul tandis qu' Aromatherapy retrouve l'esprit des premiers morceaux de Portishead. On soulignera enfin l'efficacité de Fortress, comme échappée d'une session avec DJ Premier, même si c'est Frankenstein qui est derrière la console. On signalera tout de même juste pour rire qu'il existe aussi un chanteur polonais atroce qui répond au nom de T.Love. Par pitié pour vos oreilles, vous ne trouverez dans ce blog aucun lien conduisant vers des extraits de son oeuvre.

T-Love - On My Mind

Long Way Up is the last effort of T-Love in hip hop, T-Love (who must not be mistaken for the shitty polish singer named T.Love) renouncing to rap for a full-time signing career. She digged deep in her personal archives to exhume 21 excellent songs, some of which are absolutely oustanding (On My Mind, Foolish Pride, Take Control, Aromatherapy, Fortress).

samedi 11 octobre 2008

The Easy Project II - House Of Loungecore (Sequel Records - 1996)

Les bacs à solde des disquaires peuvent receler de fabuleuses merveilles sous l'emballage le plus hideux. Prenez par exemple House Of Loungecore. Le nom lounge, d'abord, fait peur, tant le terme fut dévoyé par des compilations pour mangeoires toutes plus frelatées les unes que les autres et que la nourriture servie dans ces endroits infâmes. Prenez la pochette, ensuite, qui fait de gros efforts pour paraître téléportée des 60's mais qui est juste grotesque: on ne croît pas plus aux couleurs psychés qu'au clône de Georges Lazenby se faisant dégraffer la chemise par une blonde en mini short. Et pourtant, échappée de la vague de réhabilitation de l'easy-listening qui déferla en même temps que l'invention du trip-hop au milieu des années 90, House Of Loungecore fait la part belle à la crême des compositeurs de musique de film britanniques des 60's et 70's (Roy Budd, Laurie Johnson) et à une poignée de requins de studio ici particulièrement inspirés (John Schroeder, Alyn Ainsworthn Tony Hatch), à priori tous publiés sur le label Pye Records. L'inspiration et la tonalité principale sont donc plutôt à chercher du côté de la musique de film ou de la library music de la même époque, plutôt que de l'easy listening stricto sensus, et souffre sans aucune difficulté la comparaison avec ce que sortaient à la même époque Ennio Morricone, Riz Ortalani ou François de Roubaix, avec en plus une petite touche swinging london. Cuivres rutilants, choeurs féminins, guitares wah wah, et envolées de moog sont donc de la partie mais il ne pas faut s'étonner qu'ils fassent subir les derniers outrages au Pinball Wizard des Woo. Et pour les amateurs d'incongruité, il convient de souligner l'étrange ressemblance entre le refrain de la scie Wonderwall d'Oasis et celui du beaucoup moins connu (du moins chez le commun des mortels) Wana Nana Wana Nana de The John Schroeder Orchestra. Signe qui ne trompe pas, le disquaire qui m'a vendu ce disque 5 euros fût particulièrement dégoûté du rapport qualité/prix en ma faveur d'acheteur à l'écoute du disque, réalisant que la qualité du bien aurait justifié facilement 5 euros de plus.

The Harry Roche Constellation - Pinball Wizard

Far from being a frelated bar or restaurant compilation, House Of Loungecore reunites the cream of the crop of british film composers of the 60's and 70's (Roy Budd, Laurie Johnson) and a few, this time well inspired, pop composers (John Schroeder, Alyn Ainsworthn Tony Hatch). The result is not far away from what Ennio Morricone was doing at the same time.

Roy Budd And His Orchestra - Fear Is The Key (Main Theme)

jeudi 9 octobre 2008

Gorge Profonde (Deep Throat) (P.D. Inc. - 1972)

Alors là, afin de ranimer une audience défaillante, Zorba le Break va faire dans le trivial, le cul, la gaudriole, le graveleux. Gorge Profonde, c'est d'abord un film légendaire à la trajectoire hors norme (voir sur ce sujet l'excellent documentaire Inside Deep Throat). Deep Throat, c'est le film que vos parents ou grand-parents babyboomers sont allés voir secrètement en Suisse, dont ils parlent encore l'air émoustillé. Gorge Profonde, c'est la vaguelette qui a annoncé le tsunami pornographique à venir et qui ne s'est depuis jamais tari. En quelques années la libido tout juste libérée des populations productives occidentales va être submergée par un flot interrompue de reproductions sur pellicules de l'acte sexuel de façon non simulée. Ce sont les fresques du Vicola Del Lupanare de Pompei mises enfin à la portée de toutes les bourses...Après cette remise en perspective, je dois convenir que regarder Deep Throat aujourd'hui ne procurera pas la moindre excitation sexuelle au spectateur mâle moyen. Mais on pourra contempler à loisir une époque où la représentation de la chair à l'écran était certes moins esthétique, moins épilée, mais dans l'ensemble vachement plus joyeuse. Sur un fond de papier peint à grosses fleurs et de musique psyché, Linda Lovelace et s'amis se livrent à d'amusantes bacchanales dans une apparente et communicative bonne humeur. Pour un peu, en fait, on se croirait dans les bonus de Boogie Night. Les hardeurs y ont la moustache plus grosse que la bite et la fellation, pénible passage mécanique et obligé dans le porno moderne, y est subtilement mis en abîme par le scénario du film: Linda Lovelace découvre que son clitoris se situe au fond de la gorge et que seule la fellation est à même de lui déclencher des orgasmes.

Deep Throat is the movie that your parents or grand parents went to see secretly in the 70's. Watching nowadays, is like watching Boogie Nights cut scenes: hairy girls, moustaches bigger than dicks and globaly actors having fun on the screen.

jeudi 2 octobre 2008

Africa, j'ai envie de danser comme toi

Le procès de l'Angolagate va enfin s'ouvrir le 6 octobre prochain devant le tribunal correctionnel de Paris après plusieurs années d'investigations mollement menées. Voilà qui ne raménera pas les centaines des milliers de morts des vingt-cinq années de guerre civile et ne résoudra pas non plus le marasme dans lequel l'Afrique se débat depuis la décolonisation. L'actuelle crise financière qui menace d'engloutir les économies occidentales sera de même bien entendue ramassée de plein fouet par des économies déjà vacillantes, qui se verront se fermer un peu plus la pompe à crédits. Pourtant l'Afrique est tendance. L'Afrobeat, de Foals à Vampire Weekend, est la source à laquelle viennent s'abreuver pas mal de groupes actuels, le punk funk, le krautrock et le baile funk commençant déjà à lasser leur monde. Espérons que cette vaguelette permettra à des artistes, déjà frappés par les restrictions de visa (http://www.zonefranche.com/actu_detail.php?actuzfID=829&typeactuzfID=1&PHPSESSID=b9e345f501c755), de gagner une audience trop souvent limitée au public dit de la world music et à d'autres d'enfin gagner la considération méritée.

C'est ainsi toute une scène qui commence à être découverte, du kuduro angolais au sud-africain DJ Mujava, dont le Township Funk, tout juste signé par Warp, affole toute la planète électro. Il faut dire que sa rythmique tribale, entre kwaito et breakbeat, sa mélodie synthétique bontempi à la Aphex Twin et sa basse à la Moroder forment un cocktail puissamment narcotique et entêtant.

DJ Mujava - Township Funk



Raison de plus pour aussi revenir à la source et redécouvrir de bons vieux classiques. Vampisoul se lance dans une réédition des premiers morceaux de Fela sur une très intéressante compilation, Lagos Baby, qui permet de découvrir une autre facette d'un roi de l'Afro-Beat alors encore en devenir.

Fela Ransome Kuti - Lagos Baby

Raison aussi de se rappeler du plaisir que l'on peut prendre à conduire une voiture aux beaux jours, toutes vitres ouvertes, le Disco Hi-Life d'Orlando Julius à tue-tête dans l'autoradio.

Orlando Julius - Disco Hi-Life

Africa is a new trend. Which doesn't mean that Africa will be out of trouble pretty soon.

lundi 29 septembre 2008

Collection Automne (septembre 2008)

Mes quelques lecteurs me suppliaient depuis un moment déjà. Soit réaliste Zorba le Break, ton blog avec ses chroniques d'albums déjà sortis depuis 6 mois et de films asiatiques, personne n'en a rien à foutre et la majorité s'en bât même carrément les couilles. Non fait plutôt comme les autres: mets nous à disposition du cul et des morceaux subjectivement sélectionnés, bien commentés, pertinents, comme sur plusieurs millions d'autres blogs musicaux. Peu importe le genre et le style, on veut juste du son pour nos lecteurs MP3 affamés et voraces. Dont actes mes petits... Voici donc un premier essai en la matière avec pour unique fil conducteur le concept de disco sexy.

On va commencer sans subtilités aucune avec Tittsworth, prodige du Baltimore Club, le genre de musique de ghetto énervée basée destinée à faire se secouer du bassin et en général bassée sur uniquement deux breakbeats (c'est pas moi, c'est Wikipédia qui le dit http://en.wikipedia.org/wiki/Baltimore_Club): Sing Sing de Gaz, et Think (About It) de Lynn Collins.

Tittsworth - Broke Ass Nigga

L'efficacité n'a pas non plus été perdue de vue par DJ Koze qui se livre à un pastiche de Alan Braxe & Fred Falke avec son remix du Minimal de Matias Aguayo, qui envoie Kompakt danser à la fin des années 90 aux soirées Respect du Queen. Rien n'a été oublié, pas même le Radio Edit et ce titre devrait bientôt figurer en synchronisation avec les reportages de M6 sur comment vendre sa maison.

Matias Aguayo - Minimal (DJ Koze Maxi Version)

Puisque nous sommes au rayon French Touch, Sébastien Tellier constitue une magnifique passerelle entre les 1.0 et 2.0. Découvert par Air, notre dandy barbu se fait aujourd'hui tailler un costard électro saturé et fluo par Sebastian.

Sebastien Tellier - Sexual Sportswear (Sebastian Remix)

Après la French Touch 2.0, deux sous-genres se doivent d'être représentés de nos jours pour avoir l'air cool: la deep house et le néo kraut/cosmic/disco (rayer la mention inutile).

Côté deep house, c'est une fois de plus chez les Allemands et notamment du côte d'Innervisions que ça se passe, avec une aproriation electro du concept de super-groupe, pourtant souvent réservé au rock, pour un voyage tribal du côté de Detroit.

Ame, Henrik Schwarz, Dixon - D.P.O.M.B. (Version 2)

Pour le côté disco cosmique, la vérité vient du Nord avec ce long remix trippant de Dolle Jolle par Todd Terje, découvert sur le blog des Fluokids.

Dolle Jolle - Balearic Incarnation (Todd Terje's Extra Doll Mix)

That's all folks!!!

vendredi 26 septembre 2008

Ghostface Killah - The Big Doe Rehab (Def Jam - 2008)

Coucou le revoilou, le plus fameux des rappeurs masqués, le catcheur du hip hp, Dennis Cole aka Ghostface Killah, en pleine fixette Scarface avec sa pochette d'un goût exquis, hommage à Long Live The Kane de Big Daddy Kane. Sur fond de billets de 100 dollars, notre homme, vécu d'un magnifique costume blanc, d'une délicieuse chemise rouge au col italien parfaitement associée à un petit bonnet en laine rouge et surtout, cerise sur le gâteau, à une chaîne en or et des bagouzes tout en retenue et en discrétion. Touche ultime de sophistication, une distinguée et plantureuse infirmière, mamairement avantagée, lui éponge amoureusement et délicatement le bonnet en laine. Rien n'est laissé au hasard: la couronne en velours violet posée sur le tas de billets devant Ghostface est assortie à la chaise sur laquelle est assis notre homme. Je suis un peu déçu que Ghostface n'ait pas trouvé de trône style empire. C'est bien simple, depuis les fameuses pochettes des albums sortis par No Limit et réalisées par Pen & Pixel, on n'avait pas fait plus classe dans le hip hop. On peut peut-être aussi même créer une sous-catégorie dans le rap, celle des albums avec une pochette à la thématique médicale. Personnellement, je vois déja dans cette catégorie

- Dr Octagonacologyst de Dr Octagon,
- We Can't Be Stopped des Geto Boys,
- Malpractise de Redman.

Promis dès que j'en trouve d'autres, je les rajouterais à la liste.

Bon vous me direz, c'est bien beau tout ça mais comment ce héro des 90's comme le fût Ghostface, parvient-il à survivre aux années 2000? Eh bien pas trop mal en fait, grâce à une fidélité à son jeu et à ses fondamentaux : samples soul gros comme le bras (et même parfois archi-cramés comme le Superman Lover de Johnny Guitar Watson), rimes complexes, rythmiques boom-bap classiques et invités de prestige de la galaxie Wu-Tang venus cachetonés (Raekwon, Method Man, Cappadona, Masta Killa, U-God).

Hip hop icon of the 90's, Ghostface Killah achieve to survive to the 00's by delivering another strong offering, despite an awful artwork.



Ghosface Killah feat. Kid Capri - We Celebrate

lundi 15 septembre 2008

Culture - Two Sevens Clash (Shanachie - 1978)

La Jamaïque est une anomalie. Comment une île perdue au milieu du trou du cul des Caraïbes, peuplée principalement de 2, 5 millions de miséreux, gangrénée par une violence endémique et une instabilité politique chronique, a pu être à l'origine d'une musique aussi séminale, fondamentale et lumineuse que le reggae? Pourquoi là et pas dans une autre des nombreuses îles du coin? Comment le génie musical a-t-il pu être à ce point sur-représenté dans ce coin de terre montagneux, surtout réputé pour ses matières premières (la bauxite) et ses usines à bronzer pour bovin américain aviné? Personnellement je n'ai aucune explication ni même la moindre once de début de commencement théorie abracadabrantesque. Tout juste ce ravissement exquis qui fait hérisser les poils sur le bras lorsque vous vous prenez en plein dans les oreilles un miracle musical comme Two Sevens Clash. Produit par The Mighty Two (soit la paire Joe Gibbs/Errol Thomson), mis en musique par les Revolutionaries, Two Sevens Clash est l'un des sommets incontesté et incontestable du reggae roots, le genre d'album à même de convertir les masses en perdition au culte de Jah, distillant bonnes vibrations, paix et allégresse dans les coeurs et dans les âmes. C'est bien simple, posséder cet album devrait être obligatoire.

Absolute reggae classic!!! A mandatory must-have!! No excuses allowed!!! Go and buy this album immediately!!! I mean now!!!

Culture - Two Sevens Clash

En guise de cadeau, tonton Zorba vous offre cet extrait de Culture en live. Enjoy, peace.


dimanche 14 septembre 2008

Simian Mobile Disco - Sample And Hold: Attack Decay Sustain Release (Wichita - 2008)

Les Simian Mobile Disco ont réussi un quadruple exploit:

- Devenir les producteurs (enfin surtout James Ford) parmi les plus capés et hype de la planète;
- Etre un des seuls groupes marquants de ces dix dernières années officiant dans le secteur, pourtant jadis porteur, des musiques électroniques;
- Etre aussi forts en live que sur disque (du moins paraît-il car je ne les ai, hélas, jamais vu);
- Réhabiliter avec succès le genre de l'album de remixes, en général peu propice aux chefs-d'oeuvre mais beaucoup plus aux bouses opportunistes.

Dans ce dernier domaine, je me suis amusé à essayer de dénombrer les albums vraiment réussis dans le genre et que j'écoute toujours. J'ai à vrai dire eu beaucoup de mal à trouver un titre. A part peut-être Jazzanova et l'album de remixes d'In Between, Remixed, je pense vraiment réussi. Ah remix, genre maudit, que de merde a-t-on assemblé à la va-vite en ton nom, fournissant des piges à des cachetonneurs de studio qui ne peuvent quand même pas être inspirés à chaque coup (n'est-ce pas les Masters At Work).

Pour tous ces vampires de la médiocrité, écouter Sample And Hold c'est convoqué l'ail et le crucifix. A cause du choix des remixeurs en faît, rares, pour le moins pointus, de bon goût et n'ayant pas encore dépassés la date de péremption en matière d'inspiration mais plutôt en pleine possession de leurs moyens. De Simon Baker, nouveau prodige anglais de la deep house, proche de Jamie Jones, à Invisible Conga People, nouveaux espoirs de DFA, qui envoient I Got This Down se promener du côté de The Orb et de Detroit au tournant des 90's. De Shit Robot, qui assaisonnent It's The Beat à la sauce electro rock à Joakim, qui fait danser l'electro boogie à Hustler. De Pinch, qui se livre au numéro dubstep de rigueur sur I Believe, à Cosmo Vitelli qui n'abandonne pas la pop sur Hotdog mais retrouve le sens du pied qui cogne. Du space disco de Wooden, parfait exercice de Danton Eeprom, à Love, dans la même veine de par les bons soins des Beyond The Wizard's Sleeve, alias Erol Alkan et Richard Norris. Ne reste plus que l'exercice d'electronica noisy des légendes ressucitées (Scott remixé par les mythiques et cultes new-yorkais de Silver Apples) et le portnawak de Chrome Hoof qui reprend Clock, on dira de façon assez absconce dans son approche, et le panorama de ce qui fait frétiller de joie l'internationale des dance-floors élitistes est complet.

Simian Mobile Disco don't satisfy themselves by being one of the best band around. They reinvent the remix album concept with a devastating selection of top notch remixers.

Simian Mobile Disco - Hustler (Joakim Remix)