dimanche 27 septembre 2009

Elton John - Are You Ready For Love (Mercury - 1979)

Coucou, me revoilou. Après un déménagement un peu long et fastidieux et pas mal de temps passé à ranger tous ses disques, Zorba le Break is back on the wheels of steel and on the world wide web. Les déménagements ont ceci de bon qu'ils permettent d'exhumer des trésors autrefois choyés, souvent oubliés (quelque fois à bon escient, l'honnêteté et l'objectivité me forcent à en convenir) et, à l'instar des vieux amis, toujours plaisants à retrouver. Comme cette bonne vieille tante d'Elton John, par exemple. Si si, vous avez bien lu, l'horrible roucouleur pour ménagères ménopausées peut s'enorgueillir de l'une des discographies les plus pourries et odieuses de la pop. Et pourtant, il lui est arrivé de toucher par moment la grâce, comme sur cette pure hymne Philly disco sortie en 1979, exhumée en 2003 et écrite par Thom Bell, vénérable et estimable requin de studio de Philadelphie. Il y a même un break terrible au bout de 4'32". Imparable et largement capable de faire danser vos amis les plus snobs.

Elton John - Are You Ready For Love

I'm pretty sure you know at least one music Brüno, the kind of guys that say that The Xx are so last semester and piss you off badly with all his unknown bands. Well, that same guy may find himself dancing like hell on Are You Ready For Love, probably the only decent song performed by Elton John during all his career. And the fact that it is pure Philly disco magic is the cherish on the cake.

lundi 24 août 2009

Madlib - Beat Kondukta Vol. 5-6 (Stones Throw - 2009)

On ne présente plus Madlib, le seul producteur U.S. a avoir accédé au statut de mythe vivant ces 5 dernières années, en version underground. Véritable homme orchestre (rappeur, producteur, musicien), il est à l'origine d'un nombre important de projets sous divers pseudonymes, en groupe ou en solo. Après des débuts au sein de Lootpack, on l'a ainsi vu en Quasimoto, le rappeur à la voix de Donald Duck, en quintet de jazz à lui tout seul (Yesterday's New Quintet), associé à son pote le défunt Jay Dee au sein d'un super groupe (Jaylib) et en solo, notamment pour la série d'albums instrumentaux Beat Kondukta, qui en est à son troisième volume en CD. Le concept n'a pas bougé depuis le départ: des instrumentaux très courts, souvent bruts de décoffrage et peu policés. On pense plutôt à des ébauches de beats, des chutes de disque dur, des work-in-progress qui nous connectent directement au cerveau génial de leur démiurge créateur. Avec 42 morceaux, d'une totale cohérence, il est tout de même un peu difficile de focaliser son attention de bout et en bout et aucun morceau ne sort vraiment du (très bon) lot.

Madlib - Beat Kondukta Vol. 5-6

Il reste néanmoins qu'il y a un vrai mystère Madlib. Malgré la cohorte de groupies qui guette la bave aux lèvres la moindre note qui s'échappe de son sampleur, celui-ci n'a pas encore associé son nom à un succès mainstream. Fidèle au label indie californien Stones Throw, il n'a jamais, du moins semble-t-il, cherché à transformer l'essai en espèces sonnantes et trébuchantes, faisant passer son art avant le commerce. Le hip hop étant réputé pour partager avec les traders le même sens de la mesure quand il s'agit de rénumérations, cette intégrité, qui me fait un peu penser à celle d'Underground Resistance dans un autre genre, force le respect.

Madlib multiplies projects and aliases with an equal quality that made of him an underground myth. His Beat-Kondukta serie hasn't changed its formule since volume 1: short instrumental tracks quickly produced by the master. Sometimes the tracks are just sampled loops, other times they are a bit more constructed and polished but the genius is always present. And I don't write that because I'm a Madlibaholic.


Quincy Jones - Smackwater Jack (A&M Records - 1971)

Arrangeur, compositeur et producteur stakhanoviste (on lui doit près d'une cinquantaine de B.O. et une trentaine d'albums solos), Quincy Jones s'est mis à l'abri de tout souci matériel sur le tard en touchant le jackpot avec Jacko et sa trilogie de tous les records de vente (Off The Wall, Thriller, Bad). L'ami Quincy est sans doute d'ailleurs l'un des vrais gagnants financiers de la mort de son ex-poulain. Mais Quincy ne mérite pas d'être réduit à son image de requin de studio avide. Ses longues années de galères et de très bons albums solos dans les 70's parlent pour lui. Smackwater Jack a ainsi gagné avec le temps et au fils des rééditions son statut de classique, très largement samplé d'ailleurs. Savante, cohérente et habile macédoine de thèmes de B.O. (Ironside, The Anderson Tapes, The Bill Cosby Show), d'une reprise classieuse et jazzy d'un classique ultime du patrimoine soul (What's Going On), de jazz easy listening (Cast Your Fate To The Wind, Brown Ballad) et de funk (Smackwater Jack), Smackwater Jack s'achève avec un petit mégamix génial, Guitar Blues Odyssey: From Roots To Fruits, habile voyage dans le patrimoine musical afro américain de Robert Johnson à Jimi Hendrix. Le génie transpire de toutes les rainures de ce disque matois, qui bénéficie en outre du talent d'une tripotée de poids lourds du jazz (Milt Jackson, Freddie Hubbard, Jim Hall, Joe Beck, etc., etc. etc.) et permet d'entendre Quincy s'essayer au chant. La production, la direction et la tenue de l'ensemble en ont même laissé plus d'un pantois. L'ambition qui a présidé à la réalisation de Smackwater Jack, réaliser un album de pop avec les moyens du jazz ou le contraire, a gardé, de par sa volonté de briser les chapelles et de faire se rejoindre des publics disparates, toute sa contemporanéité et reste un postulat pleinement valable pour la grande hybridation musicale de notre ère post moderne. Meilleur exemple? La reprise de What's Going On. Après un début classiquement soul, bercé par la grâce de la divine voix de Valérie Simpson, le morceau se brise pour dériver sur les traces du jazz manouche et retomber sur de solides pattes jazz funk. Dans la grande partouze musicale du XXI ème siècle, Quincy Jones apparaît plus que jamais comme le pimp suprême.

Quincy Jones - Smackwater Jack

This album is so good it can just heal the world from all its illness. Well maybe not, but it still rocks like hell and is probably the best try of Quincy Jones long career.

dimanche 23 août 2009

12"s Of Pleasure Part III - Rare & Unreleased Tracks (BBE - 2009)

Voilà le type même du projet sans queue ni tête, qui ne veut rien dire en soit, le genre de compilation qui semble n'être arrivée dans les racks que par accident, avec pour unique ambition que celle d'exploiter des fonds de catalogue inexploité. Non pas que le projet soit mauvais. Loin de là, il n'y a même absolument rien à jeter. C'est juste qu'il y a un problème de fond: BBE est un excellent label mais dont la signature sonore est inexistante, sinon celle du bon goût, ce qui n'est déjà pas mal que direz-vous. S'il y a une patte Tru Thoughts, un style Sonar Kollektiv, un son Ninja Tune, je n'ai jamais écouté un album sorti par BBE en me disant: "ça, ça doit être sur BBE". 12"s Of Pleasure réunit donc des morceaux inédits des signatures les plus connues du label, le plus souvent d'ailleurs sous forme remixés. On navigue donc entre nu soul sous influence trip hop (le très beau Brighter Star de Nick van Gelder, Make A Baby de Vikter Duplaix), neo big beat très Radio Nova (I Know A Place de Katalyst), fidget house (l'AJ Remix du Countdown d'HEAVy), house old school (Open Your Eyes de Fanatix remixé par DJ Spen vous propulse sur les pistes du Sound Factory Bar de New York en 1993), afro house (Music For Gong Gong de Lusito Quintero remixé par Abicah Soul, Party In My Body de Robert Strauss remixé par les Elektrons), hip hop (Like The Wind de DJ Vadim remixé par AfroBad), deep house (Misundestanding d'Aaron Jerome remixé par Frankie Feliciano, Brand New Feeling de Roy Ayers remixé par Sting International (ouais je sais vous avez eu peur avant de lire International). Il y a donc à boire, à manger, il y en a pour l'apéro comme pour le dessert.

Katalyst - I Know A Place

12"s Of Pleasure is a rather heteroclite compilation of rare tracks by artists of british label BBE roster. Most of the tracks are in fact remixes. It's all good, eclectic (nu soul, fidget, deep house, big beat, hip hop, every kind of music is here represented) but I just don't see the common point between those tracks except a classy feeling and the quality of each.

Fanatix feat. Dionne Mitchell & Sterling Ensemble - Open Your Eyes (DJ Spen & The Mutha Funkaz Dub)

samedi 22 août 2009

Ebony Bones - Bone Of My Bones (PIAS - 2009)

Pour tout vous dire, je n'avais plus trop envie de continuer ce blog. Avec beaucoup de travail et peu de lecteurs, l'intérêt du truc finit toujours par se tarir. On se dit à quoi bon, bientôt je vais passer plus de temps à écrire sur la musique qu'à en écouter voire à en faire. On se dit aussi, ouh là, si j'en arrive à ne plus avoir envie de faire mon blog, c'est que la dépression guette. Et puis, comme souvent, il suffit d'écouter un bon disque et c'est reparti comme en 14: il faut absolument que je parle de ce truc! Pour Ebony Bones, c'est ce que l'on appelle une hype méritée. Ebony Bones a été encouragée à des débuts par Felix Buxton des Basement Jaxx et sa musique ressemble d'ailleurs à du Basement Jaxx mais en plus punk funk, comme une synthèse réussie de toute la musique produite Outre-Manche depuis 30 ans. Je n'en dirais pas plus, vous savez déjà tout le reste...

Ebony Bones - The Muzik

Well, I don't have that much original to say about it. It is just the kind of album that make you want to continue your blog, just to talk about it, even if everybody does.


dimanche 16 août 2009

Vampyros Lesbos - Sexadelic Dance Party (Crippled Dick Hot Wax - 2006)

Attention, titre piège: ce disque ne contient pas uniquement la B.O. de Jess Franco, Vampyros Lesbos. Il compile en fait des extraits de deux albums sortis en 1969, Psychedelic Dance Party et Sexedelic, qui eux-même réunissaient 3 bandes originales de films du mythique Espagnol: Erbin Des Dracula (Vampyros Lesbos), donc, mais aussi Sie Tötete In Ekstase (She Killed In Ecstasy) et Der Teufel Kam Aus Akasawa (The Devil Came From Akasawa). Financés par un producteur germanique, ces trois films bis bénéficièrent aussi du talent de Manfred Hübler et Siegfried Schwab pour leur B.O. Bon, quand on parle de talent, il ne faut pas non plus se tromper: les deux teutons sont quand même assez loin du niveau atteint à la même époque en Italie par Ennio Morricone ou Piero Picciono pour des films pourtant du même acabit. Joyeuse partouze kitsch et instrumentale de guitares fuzz, d'orgues hammond et de sitar sans doute directement improvisée en studio, Vampyros Lesbos s'écoute joyeusement et sans déplaisir. On peut même y dénicher en plage 9 un pur petit joyau, Necronomania, un moment rare où tous les éléments semblent enfin être en place, la mélodie jouée au piano dégageant même une rare et mélancolique sensualité.

Siegfried Schwab & Manfred Hübler - Necronomania


Jess Franco in now considered like a genius. And the soundtracks compiled on this record, Erbin Des Drcaula (Vampyros Lesbos), Sie Tötete In Ekstase (She Killed In Ecstasy) and Der Teufel Kam Aus Akasawa (The Devil Came From Akasawa) are highly revered by sleazy soundtracks connoisseurs for pretty damn good reasons.


jeudi 16 juillet 2009

Mr Oizo - Lambs Anger (Ed Banger Records/Because - 2008)

Mr Oizo avait tout pour devenir un poids lourd de l'électro hexagonal, avec un début de carrière aussi fracassant que celui des Daft, de Bob Sinclar ou de Cassius, aux beaux jours de la French Touch: une mascotte, Flat Eric, un tube, Flat Beat, et une grande marque derrière, Levis. Et puis notre homme n'a pas transformé l'essai commercial, préférant sortir deux albums sur FCom (Analog Worm Attack et Moustache (Half A Scissor))"difficiles d'accès" mais salués par la critique et par conséquent hermétique et inécoutables par le gros du public électro. Quentin Dupieux s'est aussi essayé à la réalisation avec pas mal de clips à son actif (pour lui mais aussi pour Alex Gopher et Sébastien Tellier) et un long métrage inregardable avec Eric & Ramzy (Steak). Bref, notre homme a touché un peu à tout mais a uniquement réussi à se faire pousser la barbe, à se construire une image de misanthrope désagréable de l'électro, néo punk dans l'attitude et spécialiste de la vacherie, gagnant même le doux et délicat surnom de "nazi" . Dans son interview parue en novembre 2008 dans Trax, on peut ainsi lire ces mémorables sentences entre deux vacheries assez bien senties et iconoclastes sur le monde de la nuit: "Le problème, c'est que les gens qui font de la zique sont devenus le public. Je me retrouve souvent, quand je joue, confronté à ces gens-là", qui accessoirement ont aussi acheter ses disques ou une place pour venir le voir jouer. Notre gugusse continue même "C'est parti d'une pulsion très méchante envers cette époque que je conchie. Je vois beaucoup de vide dans le regard des gens et peu d'esprit". Après tout ça on pouvait attendre l'album qui déchire tout, qui avancer le schmilblick électro vers des horizons inconnus. Et au lieu de ça on se retrouve avec le skeud que l'on attendait de Mr Oizo en...1999 après Flat Beat. On a donc droit à de la house filtrée samplée comme au bon vieux temps (Cut Dick, Jo, Gay Dentists), à des bangers blog house (Erreur Jean, Positif), à du R&B électroisant neo Neptunes mais en moins bien (Steroids avec Uffie), à quelques titres biens cons (Lars Von Sen) et même à une mongolerie à priori inspirées du James Brown Is Dead des bataves L.A. Style, le bien nommé Bruce Willis Is Dead. Bref, peu voire pas d'éclairs de génie sur Lambs Anger, pas vraiment non plus de foutage de gueule arty. Il s'agit juste d'un album bien troussé et bien ouvragé d'artisan de l'électro. C'est un peu court jeune homme comme dirait l'autre...

Mr Oizo - Positif


Mr Oizo has the ego of a rapper but not the talent of a techno genius but rather an honest crafstman, the techno Joe the Plumber. Lambs Angers is his most commercial try since the heydays of Flat Beat and is in fact the album that everybody was waiting for in...1999. One of the track, Bruce Willis Is Dead, reminds me of the infamous James Brown Is Dead produced in 1991 by L.A. Style.

lundi 6 juillet 2009

Kerri Chandler - Computer Games (Deeply Rooted House - 2008)

Force est de reconnaître qu'aujourd'hui les musiques électroniques sont partout. Dans les pubs pour le gel, dans le rock (pas un nouveau groupe qui ne revendique plus ou moins de prêt ou de loin l'influence de la dance music), dans le hip hop, sur les blogs musicaux les plus populaires, dans les iPod des djeunes, sur les pistes de danse, dans le moindre magasin de fringue, dans les classements des artistes les mieux payés (ce gros balourd batave de Tiesto doit ainsi prendre plus de 10 000 euros par heure de mix). Et pourtant jamais je n'ai acheté aussi peu de disques se revendiquant de l'électro au sens large. Je n'en ai pas téléchargé des masses non plus d'ailleurs. Je commençais à mettre ce phénomène sur ma vieillitude avancée lorsque j'ai jeté un rapide coup d'oeil aux disques consacrés ces trois derniers mois par Tsugi, l'un des bibles du genre en France: Ebony Bones, Phoenix, The Horrors, Laurent Garnier, The Juan Maclean, Thunderheist, Buraka Som Sistema et Gui Boratto, sans doute le seul électronicien un peu puriste de cette série. Je ne suis donc pas seul. Il semblerait bien que la fin de règne de la minimale (actuellement en soins palliatifs sous le vocable de deep house) et l'avènement des turbines de la nouvelle génération French Touch ont détourné pas mal d'amateurs vers des chemins moins convenus, plus aventureux, là où désormais la musique avance. Il est donc bon de parfois se raccrocher à des classiques instantanés comme Computer Games, le genre d'album tellement intègre et tellement intemporel qu'il pourrait avoir été composé il y a 15 ans ou dans 15 ans. Tout y est si évident, si soigné, si en place, que l'on se rappelle aussitôt pourquoi l'on a tant aimé la house au départ. Vétéran vénérable du genre (ses premiers pas remontent au début des années 90), musicien, producteur et informaticien accompli, dieu vivant du 4/4 et du thème qui rend fou joué au synthé (remember Bar A Thym), Kerri Chandler rend le plus vibrant des hommages aux jeux vidéo de son adolescence et au chant magique des machines. Indispensable pour tout vieux con qui se respecte... Et les plus jeunes sauront désormais que la Chandler n'est pas seulement cette journée de février durant laquelle on mange des crêpes.

Kerri Chandler - Last Man Up

You're getting old. You're clubbing times are behind you, now that you have a family and grey hairs. And you just don't understand how people can decently like or even buy fidget house records. Well, Kerri Chandler is just here for you. Just to give a magic lesson of how things must be done properly and why you liked dance music so much at first. Thank you, Mr Chandler.

dimanche 5 juillet 2009

A Perfect Day (Storace Records - 2009)

Il y a très peu d'informations disponibles sur cette compilation visiblement considérée avec dédain par les vendeurs du rayon jazz de chez Gibert et reléguée au fond d'un bac de rangement en plastique. Or il est notoire qu'il peut être plus facile d'engager une discussion avec un Taliban de la province de Wardak qu'avec un puriste jazzeux, surtout lorsqu'il s'agit d'une compilation. Loin d'être infamant, A Perfect Day s'avère même sacrément intéressant en réunissant 21 raretés issues du jazz vocal. Tous les morceaux sont soigneusement annotés, plutôt bien sentis et pour certain d'entre eux, il s'agit même de la première réédition sur CD connue. Il y a bien sûr quelques noms célèbres au traklisting (Sarah Vaughan, Shirley Horn, le crooner Tony Bennet, Al Jarreau) mais le rare de chez rare, la curiosité sur laquelle se jettera tout amateur un peu sérieux est une reprise du standard Take Five, composé à l'origine par Paul Desmond, par Richard Anthony. Oui oui, vous ne vous trompez pas, il s'agit bien de notre Richard Anthony national, alors embarqué dans une éphèmére tentative de percer sur le marché anglais. On est très loin du train qui siffle: l'orchestre symphonique qui l'accompagne ne fait pas petit bras, le batteur s'éclate comme une bête avec des breaks de folie et Richard Anthony chevauche le morceau avec la classe d'un grand mais pitché à +10. Encore plus sciant que l'excellente période disco de Demis Roussos !!!

Richard Anthony - Take Five


This vocal jazz compilation is pretty rare and is a must have, if only for one track: a version of Take Five by cheesy French pop singer Richard Anthony. How do describe it properly? Well, it is the same kind of shock than discovering an acoustic cover of Nick Drake by Lady Gaga.

samedi 4 juillet 2009

Anthony Hamilton - The Point Of It All (So So Def/Arista - 2008)

S'il faut reconnaitre au moins un mérite à Jermaine Dupri, le Puff Daddy d'Atlanta en version nabot, c'est d'avoir eu le flair de récupérer Anthony Hamilton au début des années 2000 sur son label So So Def alors que la carrière de ce dernier était sérieusement dans l'impasse. Autrement, nous aurions été privé de l'un des plus talentueux chanteur de nu soul à avoir émergé cette dernière décennie. Auteur compositeur plutôt doué, Anthony Hamilton est surtout parvenu à maintenir une constance rare dans la qualité au fil de ses sorties et surtout, surtout, a soigneusement évité deux des principaux écueils qui guettent les chanteurs de nu soul: le symptôme pop FM R&Bisant ou le manque chronique d'inspiration qui débouche sur une musique ronronnante, pauvre, chiante et insipide, qualifiée d'ailleurs de "coffee table music" par les anglophones. Armé d'une écriture et une instrumentation racée, habilement servie par les (nombreux) producteurs de l'album (Mark Batson, Kelvin Wooten, Andre Harris & Vidal Davis, Salaam Remi, Jack Splash, The Avila Brothers, Heavy D) et relevée d'une pointe de programmations rythmiques hip hop, Anthony Hamilton est l'un des rares chanteurs de soul actuels à pouvoir inscrire ses pas dans ceux des géants qui l'ont précédé (sa bio officielle site sans sourciller Bill Withers, Bobby Womack, Al Green, Johnny Guitar Watson et Marvin Gaye) sans que les traces ne paraissent beaucoup trop grandes pour ses petits pieds. S'y ajoute de surcroît un sens de l'humour assez rare (du moins si l'on en croît le clip de Cool) dans un monde peuplé de lovers de pacotilles surgonflés en testostérone.



Usualy nu soul artists tend to be boring after their first album. A chronical lack of inspiration or a sudden greed usually push them towards AOR friendly songs or boring coffee table music. But Anthony Hamilton is not that kind of guy. The Point Of It All contains mid and down tempo songs but they are all seriously anchored in a serious soul tradition with just a slice of hip hop programmation. Really good.

vendredi 3 juillet 2009

Method Man Redman - Blackout ! 2 (Def Jam - 2009)

Il y a eu le crash du vol Airbus AF 447 Rio Paris. Il y a eu le crash du vol Airbus IY 626 Sanaa Moroni. Et il y a eu le crash de Method Man et de Redman sur Blackout 2. Après un démarrage classique sur une bonne production de Havoc, I'm Dope Ni**a, vient le premier trou d'air qui emporte la sonde pitot, A-Yo, morceau indigne de son producteur, Pete Rock et de nos deux fumeurs de blunts favoris. Le refrain, odieux, fait même penser à Tradégie (je parle bien de l'ignoble duo R&B franchouillard et non du pote à Capone & Noreaga). Heureusement, papy Sermon reprend les affaires en main sur Dangerus Mcees, et on se pense capable de réussir un atterissage d'urgence. C'est alors qu'arrive Errbody Scream. Au départ, j'étais assez content d'avoir des nouvelles de l'ami Keith Murray. Mais les espèces de cris de supporters du PSG qui ponctuent le morceau sont vite exaspérants et l'avion perd une première aile. Hey Zulu, produit par Rockwilder, tombe sur le même écueil, les "Hey Zulu" justement beuglés tout le long du morceau m'ayant particulièrement casser les couilles avant qu'un refrain autotuné ne me fâsse me précipiter sur le bouton "Next" et n'emporte la deuxième aile. J'espérais beaucoup du morceau avec Bun B, City Lights, curieux de voir comment Meth et Red se démerderait sur une prod Dirty South. Malheureusement, il y a encore des "hé" casse-couille et de l'autotune un peu partout et l'avion perd une deuxième aile. La situation semble désespérée, le disque part en piquée vers le guichet revente de chez Gibert lorsque, grâce à un enchaînement désespéré mais réussi Father's Day, Mrs. International, How Bout Dat, Dis Iz 4 All My Smokers et Four Minutes To Lock Down, nos deux lascars nous rappelent pourquoi ils ont été un temps de très grand rappeurs. Dommage qu'ils reviennent à l'autotune tout pourri sur I Know Sumptn et au R&B nase sur A Lil' Bit et finissent ainsi par imploser définitivement en pleine mer.



Well, guys, I am kind of ashamed to write that but this album just, well, sucks... Meth, Red, just wake up brothers, I know you can do better than this !!!!

mardi 30 juin 2009

Fly Girls ! - B-Boys Beware: Revenge Of The Super Female Rappers ! (Soul Jazz Records - 2009)

Consacré au 30ème anniversaire du hip hop conjugué au féminin, Fly Girls ! réunit donc un florilège des meilleures bretteuses ou des pionnières du genre. Alors c'est sûr, comme pour toute compilation, on pourra remettre en cause certains choix éditoriaux en soulignant quelques impasses étonnantes (si à la limite on peut comprendre l'absence de Foxy Brown, Trina, Da Brat ou Khia, est-il possible de consacrer une restrospective au hip hop féminin en omettant Salt 'N'Pepa, TLC, Lil' Kim et Lauryn Hill?) ou au contraire en questionnant l'opportunité de certains choix trop spécialisés pour être représentatifs (OK à la limite pour les Cookie Crew, mais était-il réellement important de retenir She Rockers, obscur trio de rappeuses londoniennes?). On pourra aussi regretter que les notes de pochette, pourtant bien documentées, se contentent trop souvent de recenser quelques éléments biographiques, omettant de restituer les morceaux choisis dans leur contexte. C'est pourtant avec le soin apporté à ce genre de détail que ces compilations peuvent encore surprendre les connaisseurs les plus avertis. Mais arrêtons de faire subir les pires outrages aux coléoptères. Cette compilation est formidable, permettra aux néophytes à l'ignorance la plus crasse de se forger une culture hip hop de base (JJ Fad, MC Lyte, Roxane Shanté, Bahamadia, Queen Latifah, Missy Elliott), trace une ligne directe entre ces gourgandines citadines et leurs aînées précurseurs des 70's (les poétesses Sarah Webster Fabio, Nikki Giovani, la soul de Camille Yarborough) et surtout permet de récupérer Funky Sensation de Tina B, l'un des breakbeats les plus mythiques de New York, que l'on doit à Kenton Mix et au roi du disco Shepp Pettibone.

The Kryptic Krew feat. Tina B - Jazzy Sensation

This compilation is absolutely outstanding, like everything Soul Jazz does anyway. Fly Girls ! tries to sum up the story of female rap. Of course, you can regret that some of your favorites rappers are not included (is it possible to pretend making a record abour female rappers while forgetting to include Lauryn Hill and Lil' Kim ?) but this compilation does anyway worth it for only one song, the seminal Funky Sensation by Trina B.

samedi 27 juin 2009

X-Ray Spex - Germfree Adolescents (EMI - 1978)

X-Ray Spex, un des groupes séminaux de la scène keupon britannique. Créé autour de deux gamines de 18 ans, Poly Styrene et Laura Logic, X-Ray Spex balança ses bombinettes à la face du monde durant deux années et explosa en plein vol en 1979 après seulement un album et 5 singles, laminé par les excès et les tournées. Pour la petite histoire, Poly Styrene finit par échouer dans une communauté Hare Krishna. Reste de cette aventure une pochette mythique, quelques concepts toujours d'actualité (sur la base de revendications féministes et de critiques acerbes de l'aliénation générée par la société de consommation), la voix rageuse de Poly Styrene et son appareil dentaire, le saxo de Laura Logic (vite remplacée d'ailleurs), qui vient perturber tous les morceaux, même les plus énervés, et une poignée de morceaux qui tiennent encore la route. C'est d'ailleurs surtout lorsque le combo lève un peu le pied (Warrior In Woolworths, Plastic Bag, la ballade synthétique Germ Free Adolescents) que l'on se dit que l'on tenait là un vrai potentiel, un peu arty d'ailleurs, maheureusement inexploité.

X-Ray Spex - Germ Free Adolescents

X-Ray Spex is a seminal punk band created around two 18 years old girls, Poly Styrene and Ana Logic. They split up after one album, Germfree Adolescents and 5 singles. Their legacy is a mythic album cover and a handfull of scathing punk songs.

vendredi 26 juin 2009

Bonzo Dog Band - The Doughnut In Granny's Greenhouse (EMI - 1968)

On passe normalement son temps à écouter du hip hop, à chasser les raretés soul et funk, à jouer un peu de reggae, de musiques brésiliennes, de salsa pour se changer les idées mais on finit un jour par tomber sur un ovni comme The Doughnut In Granny's Green Greenhouse. Comme souvent, c'est dans un bac à soldes que tout à commencer. C'est un disque que j'ai acheté sur la seule fois de sa pochette et de son année d'enregistrement. Des britanniques avec rouflaquettes et moustaches capables de poser habillés en rescapés du Moyen-Age en 1968 ne pouvaient carburer qu'à autre chose que du thé, ce qui laissait à priori augurer une découverte passionante. Bingo !!! Mon légendaire instinct ne m'avait pas trompé. Voyons ainsi ce qu'écrit Michka Assayas sur ce groupe dans son Dictionnaire du Rock: "Ancré dans la tradition du nonsense britannique, le Bonzo Dog (Doo-Dah) Band a été l'équivalent musical de Monthy Python, mélangeant des airs de music-hall traditionnel avec du jazz Nouvelle-Orléans et du rock parodique". Et à l'écoute, Bonzo Dog Band confirme son statut d'ovni rafraîchissant pour mes oreilles biberonnées à la black music. The Doughnut In Granny's Greenhouse serait d'ailleurs leur meilleur album et fournit largement son lot d'hymnes cintrées et azimutées, avec des titres qu'aurait pu inventer Ed Wood himself: Can Blue Men Sing The Whites, My Pink Half Of The Drainpipe ou Eleven Poustached Daughters. Le morceau que j'ai mis à l'écoute, Bang Bang, ne fait pas partie à proprement parler de l'album original mais appartient aux bonus de la réédition CD de 2007. Cette version très personnelle du chef-d'oeuvre de Lee Hazelwood et Nancy Sinatra saura, j'en suis sûr, convaincre les plus réticents.

Bonzo Dog Band - Bang Bang

Bonzo Dog Band belongs to the british nonsense school of the 60's and the 70's. Related to The Beatles (Paul McCartney even produced their first single, I'm The Urban Spaceman) and The Monthy Python, they combine musichall with jazz and psychedelic rock.

mercredi 24 juin 2009

Mongo Santamaria - Afro-Indio (Vaya Records - 1975)

La réédition depuis 2/3 ans de la quasi intégralité du catalogue Fania (Fania, Vaya, Tico, Alegre) est une véritable malédiction pour tout acheteur compulsif de disque un tant soit peu sérieux. Est-il en effet envisageable, en effet, une fois que l'on en possède un, de faire autre chose que de chercher à se procurer frénétiquement à la moindre occasion l'intégralité du catalogue du label latino créé par Johnny Pacheco et Jerry Masucci? Certes, à l'heure d'internet, cette soif inextanguible peut être vite rassasiée grâce aux bons soins d'un connection ADSL et du p2P. A moins d'avoir gardé un peu d'économies du temps où l'on officiait en qualité de trader et d'avoir de quoi acheter d'un coup toute l'intégrale. Mais tout celà est trop facile. Pour me compliquer la tâche, je ne traque les disques Fania que d'occasion et vendus à un prix raisonnables en CD (- de 10 euros). Là c'est plus ardu, plus excitant aussi. Je suis donc amené à fouiller compulsivement et régulièrement les bacs des quelques disquaires survivants de la capitale. Afro-Indio est ma dernière trouvaille dans cette quête. Trouvaille d'autant plus originale qu'il s'agit d'une tentative jazz et jazz-funk, soit une quasi anomalie sur un label comme Fania, quasi exclusivement consacré au boogaloo et à la salsa. Mongo Santamaria fait partie de ces percussionnistes mythiques de la musique latino, maniant les congas avec la même dextérité que Willie Bobo les bongos et Tito Puente les timbales. Afro-Indio, qui se veut la traduction musicale de l'expérience du peuple noir, lui donne l'occasion de toucher à tous les genres, passant du R&B (Creepin, belle reprise de Stevie Wonder) au funk (Funk Up, Funk Down), de l'afro-beat (What You Don't Know) aux ballades un peu sirupeuses avec un soupçon de bossa nova (Song For You). On regrettera juste de temps à autres des solos de guitare ou de cuivres un peu bavards et envahissants, mais c'est quand même souvent le cas avec le jazz funk. Et il suffit d'une bonne reprise de Lady Marmelade, morceau à l'origine chanté par Patti Labelle, pour permettre à Mongo d'enflammer le dancefloor le plus anémié.

Mongo Santamaria - Lady Marmelade


Afro-Indio is a curious experience on Fania Records. Far from the classic boogaloo or salsa associated with the label, Mongo Santamaria ventures into jazz and jazz funk, trying to render the total black experience in sound. The scorcher of the record is a fantastic cover of Lady Marmelade.

lundi 22 juin 2009

Asher Roth - Asleep In The Bread Aisle (Universal Motown - 2009)

10 bonnes raisons de ne pas aimer Asher Roth:

1) Asher Roth est blanc et thuné. C'est l'équivalent hip hop de Ben Sherman dans Southland.
2) Asher Roth n'appartient pas à la catégorie des rappeurs blancs siphonnés et white trashes (Eminem, Bubba Sparxxx) ou des punk rockeurs quasiment inventeurs du genre (les Beastie Boys). Asher Roth appartient avant tout à la catégorie des branleurs qui veulent faire leur malin. Certains se font payer un cabriolet par papa, d'autres se regardent rimer dans la glace.
3) Pendant les 10 prochaines années, il sera impossible d'assister à une fête sur un campus américain sans entendre I Love College hurlé par des hordes de gros boeufs yankees torchés à la Bud Lite.
4) Asleep In The Bread Aisle a débarqué dans les charts US avec la délicatesse des panzers de Guderian sur Sedan. C'est toujours dommage quand a l'impression qu'un disque a été conçu par un chef de produit de chez Universal ayant fait ses classes chez Unilever.
5) Asleep In The Bread Aisle dégage une sympathique énergie rock. Ce n'est pas une raison pour entamer une tournée conjointe avec Blink 182. Là, celà devient carrèment odieux.
6) Asher Roth chante un morceau (As I Em) avec un mec au nom de fromage, Chester French. Le seul mec avec un nom de fromage qui serait crédible en rappeur c'est Cheese, mais ce n'est qu'un personnage de la série The Wire.
7) Est-on vraiment sûr que les acheteurs de Asher Roth auraient acheté Asleep In The Bread Aisle si Asher avait été black? Bon, mais si ça avait été le cas, l'aurait-on alors accusé de copier Kanye West?
8) Et si Asher Roth avait justement copié Kanye West mais en rendant le truc un plus aseptisé, un peu plus blanc justement?
9) Est-ce qu'on a vraiment envie d'entendre encore un morceau sur les joies de la conduite sous l'emprise de stupéfiants (Blunt Cruisin')?
10) Malgré un featuring de Cee-Lo, Busta Rhymes et Estelle et une signature chez Universal, aucun morceau de cet album n'a été produit par Kanye West, Will I Am, Just Blaze, The Neptunes, Bangladesh, JR Rotem, Timbaland ou Scott Storch.

Asher Roth - I Love College

If you're a white boy born in a Wisteria Lane motherfucking somewhere in the USA, you probably already own this album. You won't learn anything here so go back to Spankwire please.

dimanche 21 juin 2009

Solange - presents Sol-Angel And The Hadley St. Dreams (Geffen - 2008)

Dans la famille Knowles, il y a l'aînée, Beyoncé, un super robot programmée dès son plus jeune âge à devenir la prochaine artiste globale multiplatinée une fois que Madonna se sera une bonne fois pour toute ringardisée. Et puis il il y a la cadette, Solange, un peu la poète de la famille. Selon sa biographie officielle, elle a débuté dans le métier en remplaçant une danseuse lors d'un concert des Destiny's Child. Elle a ensuite timidement sorti un premier album bien nase et bien putassier (Solo Star, une vraie merde vraiment), composé deux trois chansons pour les copines de sa soeur, a taté un peu du cinéma, s'est mariée, a fait un enfant, est partie s'installer à la campagne, a divorcé et tout ça en moins de vingt-trois années. Et comme toute bonne Knowles, avec le soutien et les encouragements du démiurge Papa Knowles, Solange a décidé de revenir au premier plan avec un nouvel album, inspiré, selon ses dires, par les Supremes, Dusty Sprinfield et les Minnie Riperton. Pour lui fournir les écrins sonores dont elle rêvait, elle a donc fait appel à quelques petites jeunes qui débutent dans le métier (Soulshock, The Neptunes, Mark Ronson, Jack Splash, Thievery Corporation). Mais bizzarement, cette fois, la sauce prend, sans tomber dans l'exercice de style rétro soul un peu stérile. Les refrains et les mélodies sont enlevés et bien troussés, les instruments sont organiques mais quelques petites touches digitales, des beats neo électro assez appuyés viennent rappeler que nous sommes bien au vint-et-unième siècle. Solange s'aventure même dans une foireuse tentative neo trance à la Cher (Cosmic Journey) qui tombe un peu comme un cheveux dans la soul.



Solange is Beyoncé little sister. Sol-Angel and The Hadley St. Dreams is her second album and is a nice retro soul try, with a little actual electronic touch. Various firts class producers provided the beats (Soulshock, The Neptunes, Mark Ronson, Jack Splash, Thievery Corporation) but the singer trong personnality make the all consistent and elegant. You should anyway avoid the track Cosmic Journey, a neo-trance piece of shit.

lundi 15 juin 2009

Roots Manuva - Slime & Reason (Big Dada - 2008)

Roots Manuva avait tout pour être vénéré comme un demi-dieu du hip hop: un flow impressionnant, grave, charismatique, original et reconnaissable à la première syllabe. Mine de rien, c'est de plus en plus rare. Pour les textes, je déclare forfait: je ne maîtrise pas suffisamment l'anglais et l'argot des faubourgs britanniques pour en saisir la substantifique moelle. Néanmoins, notre homme était aussi son propre producteur. Avec le renfort des blancs-becs de Metronomy et de Toddla T, Roots Manuva se plaçait à la confluence des styles qui agitent encore les nuits londoniennes. Parfois clairement dancehall (Again & Again, Do Nah Bodda Mi, Buff Nuff), volontier electro-pop (le fantastique Let The Spirit), classiquement hip hop (2 Much 2 Soon), Roots Manuva est un peu un traducteur grand public du grime parfois carrèment radical dans lequel s'est englué le hip hop britannique. Malheureusement, deux malheurs se sont abattus sur la tête de Rodney Smith. Pour la première fois depuis l'invention de la drum&bass au début des 90's, un style majeur et pertinent est apparu Outre-Manche, faisant soufflé un vent de rédemption sur une scène electro britannique malmenée par une décennie d'odieux sévices progressive et d'autisme grime: le dubstep. Genre essentiellement instrumental, le dubstep a sacré le règne d'une nouvelle génération de talentueux producteurs, passant par la même occasion à la trappe les MCs. Et comme une malheur ne vient jamais seul, les critiques, importants dans l'émergence de Roots Manuva, ont commencé à regarder avec les yeux de Chimène une bande de craquantes jeunettes (MIA, Thunderheist, Thecocknbullkid, etc.), prêtes à en remontrer au vieux lion avec leurs tenues fluos et leurs hymnes electro pop imparables. Roots Manuva s'est ainsi vite retrouvé dans la peau d'une espèce en voie de disparition, un dinosaure encore vert mais isolé. Juger Slime & Reason dépassé et largué, comme d'aucun ont été tenté de le faire, est cependant allé beaucoup trop vite en besogne. Injustement qualifié de mineur au moment de sortie, largement supérieur à une bonne partie de la production britannique actuelle, ce disque se doit d'être réhabilité à sa juste valeur. Et quand Ebony Bones en sera à son sixième album on pourra comparer les chemins parcourus en connaissance de cause.

Roots Manuva - Let The Spirit

Not very well received when it was first released, Slime & Reason deserves to be rehabilitated. It blends perfectly Roots Manuva original flow with the best electro underground sounds that shake London nights.

dimanche 14 juin 2009

Quincy Jones - You've Got It Bad Girl (A&M Records - 1973)

Sil vous fallait une seule raison de posséder cet album, alors ce serait pour Summer In The City. Le genre de morceau qui a été sur-samplé (Black Moon Reality, Dobie Basement Rock , El Da Sensei Where Ya At ?, Fu-Schnickens Check it Out, Joe feat. Mystikal Stutter, LL Cool J Diggy Down, Nightmares on Wax Nights Interlude, Peanut Butter Wolf Run the Line, Pharcyde Passin' Me By, The Roots Clones) mais dont l'écoute de l'original laisse toujours sur le cul. Toute la construction du morceau est formidable. Le thème à l'orgue qui attaque dès le début du morceau en rebondissant contre la basse, la rupture de ton jazzy introduite par le piano au bout de 30 secondes pour finalement revenir au thème principal au bout d'une minute. Là, petit break qui est relancé d'un coup par des cordes. Tous les instruments se mêlent alors dans une orgie sonore qui trouve son apothéose à la deuxième minute avec la voix de Valerie Simpson. Après ce coup de maître, le reste de l'album paraît un petit peu terne. Il contient pourtant son lot de pépites soul midtempo (Tribute to A.F.-RO (morceau pas mal samplé lui aussi), You've Got It Bad Girl), funky (Sanford & Son Theme - NBC-TV (The Streetbeater), Chump Change) ou jazzy (Manteca, reprise réussie d'un morceau de Dizzie Gillepsie). Ma seule réserve en fait, avec tout le respect dû à cet génie qu'était Quincy, vient de l'utilisation d'un harmonica pour souligner certains thèmes mélodiques, amenant les morceau concernés droit dans le mur du kitsch foireux et de la musak. Eyes Of Love est ainsi à peine écoutable, tandis que le Love Theme From "The Getaway" nous rappelle que seul Ennio Morricone est capable d'écrire une musique de film en se basant sur quelques notes d'harmonica sans avoir l'air d'un clown. Je met donc la reprise de Superstition dans le même panier.

Quincy Jones - Summer In The City

You've Got It Bad Girl is a must-have for one absolute masterpiece, largely sampled, Summer In The City. It's the kind of track that can change forever the meaning of your life.

samedi 13 juin 2009

That's All Folk !!!

En fait, au-delà des albums chroniqués régulièrement dans ce blog, j'ai aussi écouté plein d'autres trucs récemment et j'ai eu brutalement envie ce matin d'y consacrer quelques lignes.

D'abord, parce-que certains disques vous arrivent en pleine gueule comme une claque magistrale. Et quand ça vous arrive, vous êtes en général vachement content. C'est ce qui s'est passé quand j'ai écouté pour la première fois de ma vie Judee Still. Née en 1944, Judee Still était sacrément moche et cintrée, marquée par un attrait certain pour le côté obscur de la force. Son premier mari se noie défoncé au LSD dans des rapides. Sitôt veuve, Judee Still embrasse une courte carrière de braqueuse qui l'emmène quelques mois au ballon. Pour se remettre, Judee ne trouve rien de mieux que de caser avec un bassiste, dealer d'acid à ses heures perdues. Elle finit bien vite par tomber dans l'héroïne, se met à dealer et à faire des passes pour payer ses doses. Elle finit à nouveau en tôle. A sa sortie, vient le temps de la rédemption et elle décide de se consacrer à la musique. D'abord auteur/compositeur, elle sort son premier album, Judee Still, en 1971, album de folk lumineux, magnifiquement orchestré, d'une douceur bluffante quand on connaît la biographie de la chanteuse. Heart Food suit en 1973. Bien entendu, pour compléter la mythologie rock, Judee finit par crever d'overdose en 1979.

Judee Still - Jesus Was A Cross Maker

Les temps ont bien changé. Le folk se vend, est à la mode, envahit les pubs. Les chanteuses de folk sont même devenues des bombasses métisses dont la musique semble avoir été scientiquement conçue, calibrée et produite pour passer au fond sonore au Costes, un espèce de folk mutant génétiquement modifié avec des chromosomes FM pour ne présenter aucune faille ou scorie . Je ne remettrais pas en cause la voix de Grace, très belle, mais le manque absolu de substance, de fêlure et de profondeur de son album, Hall Of Mirrors.

Grace - Imagine One Day

Heureusement, quelques fois, les bombasses sont non seulement bonnes mais aussi bonnes chanteuse. Prenez Zooey Deschanel par exemple. En s'acquoquinant avec M. Ward, elle a réussi un trés beau premier album sous fortes influences 60's, sous le délicat patronyme de She & Him.

She & Him - This Is Not A Test

En fait, ce n'est étonnant, M. Ward étant sans doute l'un des plus époustouflant auteur compositeur de sa génération, comme en témoigne son nouvel album, Hold Time.



Mais pour sortir du lot, il n'est pas forcément nécessaire de faire appel à un génie. On peut aussi se faire remixer par Diplo et gagner ainsi une crédibilité électro discrimante par rapport à ses congénères.

Peter Bjorn & John - Young Folk (Diplo Youngest Folks Remix)

Et pour se rassurer, pour se dire que la flamme indie n'a belle et bien pas été récupérer par Nespresso, rien ne vaut un bon vieux Wilco. Ca s'appelle Either Way et c'est tiré du magnifique Sly Blue Sky.

Wilco - Either Way

That's all folks ! Et promis, demain, en revient aux breaks.

mardi 9 juin 2009

Herbie Hancock - Future Shock (Columbia/Legacy - 1983)

Ce soir, c'est la finale de La Nouvelle Star sur M6: un gros thon odieux vs un charclo. Face à l'apocalypse annoncé pour le bon goût et le talent, autant se réfugier dans un bon vieux classique. J'ai une tendresse particulière pour Future Shock et son morceau phare, le séminal Rockit. Sans doute que parce-que, comme une bonne partie de ma génération, ce morceau a servi de bande-sonore à l'introduction de la break dance en France. A l'époque, on confondait tout ça avec le smurf et l'hexagone s'entrainait devant son miroir à faire la guirlande électrique ou le mur de verre. Il y avait même des concours de break dance dans les bals de village. J'ai un souvenir particulièrement précis de péquenots ayant sorti les gants blancs en tentant des freezes pour une battle lors du bal du 14 juillet sur la place d'un village de la Drôme, tandis que l'orchestre de baloche massacrait...Rockit justement. Le mec derrière les claviers se la jouait même grave. Il faut dire que les moustachus à nuque longue qui s'éclataient sur la scène ce soir là se mesuraient à Herbie Hancock himself derrière tout un tas de synthès, Bill Laswell à la basse et Grand Mixer D.S.T. aux platines, le scratch étant un élément fondamental du morceau. Et à l'époque, personne ne scratchait en France... Par contre, il m'a fallut beaucoup plus de temps pour découvrir Future Shock, de loin l'un des albums les plus accessibles du Herbie Hancock de l'époque. Au-delà de Rockit, Herbie Hancock y fait une démonstration en règle de funk (Future Shock, Rough), de breakbeat spacey (Earth Beat) et d'électro jazz limite audible (Autodrive). Sly Dunbar vient même donner un petit coup de mains à la batterie. Fondamental et essentiel vous dis-je.

Herbie Hancock - Future Shock

Rockit introduced France to break dance and hip hop. This is kind of weird because Future Shock is not properly a hip hop album but a jazz album with a hip hop and urban feeling in it. Anyway, all the kids at the time were training hard in front of their miror to succeed freezes.


dimanche 7 juin 2009

Akoya Afrobeat - P.D.P. (Afrobomb Music - 2008)

Une heure de musique mais seulement 6 morceaux de 12 minutes de moyenne: pas de doute nous sommes bien à l'écoute d'un album d'Afrobeat pur et dur. Respectueux de la plus stricte orthodoxie, en parfait accord avec des canons esthétiques du genre fixés par le dieu Felà, il ne manque à Akoya Afrobeat aucun bouton de guêtre: textes politiques, cuivres et choeurs enfiévrés, guitare funky, rythmiques tribales. P.D.P. aurait pu être enregistré à Lagos à la grande époque. Seulement, Akoya Afrobeat, loin d'être un combo uniquement nigérien, donne plutôt un peu dans l'Afrobeat Benetton. Les musiciens viennent des quatres coins du globe (Panama, Benin, Ghana, Afrique du Sud, Japon, et USA), plus de la moitié ont la peau claire, le groupe est basé à New-York et la véritable caution Afrobeat est surtout apportée par le chanteur, Kaleta, dont les galons furent gagnés sur scène à la dure aux côtés de, excusez du peu, Fela ou King Sunny Ade. Bon d'accord, écrit comme ça, on peut craindre l'effet Canada-Dry, la pâle copie un peu vaine, l'hommage post-colonialiste de petits blancs vivant dans leur confort fantasmant sur la musique enragée de miséreux. En fait pas du tout. P.D.P., pour President Dey Pass, transpire la danse, le stupre, et la fraternités des révoltés et opprimés du monde entier par tous ses pores. Il m'est d'ailleurs impossible de choisir un titre en particulier plus qu'un autre alors vous trouverez ci-joint tout l'album. Que celà ne vous empêche pas de l'acheter.

Akoya Afrobeat - P.D.P.


Akoya Afrobeat is in the Afrobeat business. Pure, genuine, real Afrobeat, like Fela was doing it in the Kalakuta Republic.

samedi 6 juin 2009

Patrice - Free-Patri-Ation (SUPOW Music/Universal - 2008)

Patrice semble être la principale influence de l'infortuné Mahdi, dont l'égo insupportable (putain moi je suis un artiste, un vrai) lui valu d'être sorti comme une merde en 9ème position de la Nouvelle Star. Mahdi a même carrément tout pompé sur Patrice: sa coupe, ses fringues, ses petits effets de voix, son attitude. Patrice doit par contre complètement ignorer qui est Mahdi. Sa grosse influence à lui, c'est plutôt Bob Marley, les Fugees et la scène nu soul américaine. En tout cas, on ne peut déceler aucune racine germanique dans sa musique, définitivement apatride et transfrontalière. Patrice est Allemand mais il aurait pu être Britannique, Jamaïcain ou Américain, on n'aurait vu aucune différence. Patrice c'est un peu le concept de Mc Do appliqué à la musique cool: où que l'on soit dans le monde, d'où que l'on soit dans le monde, elle a la même saveur, la même couleur. Apprécier Patrice ne dépend en aucun cas du lieu ni même des circonstances, contrairement à pas mal de genres musicaux, dont la qualité intrinséque est souvent réhaussée voire dévoilée par des facteurs exogènes. Ecouter du baile funk ou du kuduro à La Motte Beuvron n'aura ainsi jamais la même saveur quà Rio ou dans un club surchauffé d'une grande métropole avec Diplo aux platines. Ce côté un peu aseptisé est ce qui peut être le plus être reproché à la musique de Patrice. Les albums et les années passent mais sa recette reste la même. Là où ses principaux concurrents, Keziah Jones ou Ben Harper, se plantent une fois sur deux (concernant Ben Harper c'est même à chaque fois, tant se mec me casse sévèrement les couilles depuis son deuxième album), Patrice réussit lui parfaitement son hold up disque après disque. Vous aimerez donc Free-Patri-Ation, tout comme votre collègue de bureau membre de l'UMP ou votre petite cousine dans son pavillon à Voisins le Bretonneux. Il n'y a pas de honte à l'oeucunémisme, mais là, pour la première fois, on dénote malgré tout des petites tendances FM de ci de là qui laisseraient à penser que notre chanteur peut prendre une mauvaise pente. Free-Patri-Ation est très bien foutu dans le genre de reggae soft et commercial mais à force de pousser le bouchon, il pourra finir par correspondre aux critères des programmateurs des playlists d'Europe 2 et de RFM. En tout cas, vu que le disque est distribué par Universal et comme je suis aujourd'hui d'humeur rebelle, je vous l'ai linké en entier.

Patrice - Free-Patri-Ation

Everybody like Patrice. You, your cusin, your boss and that is now a problem: his soft commercial reggae is still good, but Patrice can be striked in a near future by a Ben Harper syndrom: a singer that once was good but now risks to be playlisted by AOR radio.

mercredi 3 juin 2009

Brother Ali - The Truth Is Here (Rhymesayers - 2009)

Eddy L. Harris pointait dans le dernier numéro des Inrocks: "A Paris, je suis ce que je ne suis pas dans le pays qui aurait pu être le mien. A Paris, je suis écrivain-noir, mais écrivain. A Paris, je suis américain-noir, mais américain. A Paris, je suis tout simplement. Aux Etats-Unis, je reste avant tout et pour toujours un Noir". Quel effet cela fait donc d'être albinos dans ce pays où la question raciale est centrale et fondamentale, effet Obama ou pas? Avec son nom de scène ouvertement musulman, Brother Ali, bien que blanc albinos, a souvent été pris pour un Noir. Une brutale et saisissante traversée du miroir... Des livres ont été écrits sur ce thème (Dans La Peau d'Un Noir de Griffin). Un sinistre genre musical est même né du postulat inverse (le Minstrel, des blancs grimés chantant comme des Noirs). Le pigment de sa peau ne pouvait, avec un tel atavisme et en aucun cas, faciliter la vie de Jason Newman. A sa place nulle part, soumis aux quolibets de son entourage, du moins d'après sa bio sur Wikipédia, Brother Ali avait toutes les qualités requises pour devenir au choix toxico, motard ou punk. Il a choisi une voie encore moins facile et plus singulière: rappeur underground dans le sillage d'Atmosphere (c'est d'ailleurs Ant qui signe ses instrus). Voilà donc un albinos qui tente de percer dans un genre archi-dominé par les Noirs mais dont le public est essentiellement blanc. Et pourtant, il y a peu de trace de colère, de haine ou de ressentiment dans ses textes. Plutôt une force de conviction peu commune et de la substance. Du coup, le bonhomme s'est, en deux (très bons) albums (Shadows On The Sun et The Undisputed Truth), trouvé une place de choix dans la playlist des backpackers. Place qu'il devrait garder tranquillement au chaud avec The Truth Is Here, excellent EP compilant inédits et raretés. Le DVD live qui l'accompagne, est lui réservé aux fans hardcore et ne présente pas un réel intérêt.

Brother Ali - The Truth Is Here

Brother Ali can be qualified as one of the best actual underground rapper. Discovered at the beginning of the 00's by Atmosphere, the life of this blind albinist has never been a piece of cake. And this is mainly what is music is all about. Surprisingly, you don't feel the anger you can find in the work of others born white-trash rappers (Eminem, Bubba Sparxxx and co.)

samedi 30 mai 2009

Sebastien Tellier - Sexuality (Record Makers - 2008)

Sexuality est un disque qui ne se laisse pas facilement appréhender. Il m'a fallu un sacré bout de temps pour y rentrer et encore plus pour l'apprécier. Au départ, on croit qu'il s'agit d'un projet binaire: si on accroche pas à la première note, ça casse rapidement les couilles. Et puis on se dit que Sexuality a peut-être finalement quelque chose sinon la critique n'aurait été aussi unanime, qu'il vaut mieux le laisser reposer pour y revenir plus tard. Il m'a fallu presque un an avant de le réécouter. Le déclic est venu en voyant Patricia Kaas se ridiculiser à l'Eurovision. Je me suis souvenu que l'an dernier c'était Sebastien Tellier qui représentait la France et ça avait quand même une toute autre gueule. Alors j'ai réécouté son disque et j'ai trouvé ça vachement bien. La production synthétique de l'ami Homem-Christo, qui m'avait au départ paru cheap et toc, a soudain pris une nouvelle dimension. Tellier est allé piocher son inspiration dans la variété (difficile de ne pas penser à Christophe), les BO des films de boule Marc Dorcel, le disco (Moroder , toujours et encore), le R&B et l'électro pour composer ce disque dédié au cul et aux femmes. Mais, comme dans les meilleurs albums, une mélancolie très premier degré pointe très vite le bout de son nez au milieu des mélodies, nous rappelant que l'auteur de l'inusable La Ritournelle reste définitivement le même sous son nouveau masque de dandy libertin secoué du bulbe: un poéte barbu.





Sebastien Tellier is the one and only French dandy. Sexuality is a concept album dedicated to... well sex. If this record, produced by Guy-Manuel de Homem-Christo, sounds sometimes like a cheesy 80's porn soundtrack, it is in fact just the aim and it's just brilliant.

mercredi 27 mai 2009

Best Seven Selections 3 (Best Seven/Sonar Kollektiv - 2008)

Best Seven Selections 3 nous ramène presque 15 ans en arrière. Kruder & Dorfmeister régnaient alors en maître absolus dans les coeurs. La marijuana et l'ecstasy n'avaient pas encore étaient chassées par la cocaïne. G-Stone, Spray et Klein étaient les labels enfumés les plus cools du monde. On ne jurait que par le dub moelleux des électroniciens autrichiens. Leurs descendants sont toujours en activité mais il semblerait qu'il ne reste plus que Daniel W. Best pour s'en soucier et les compiler sur sa série Seven Best Selections. On se ballade donc gentiment entre plages de reggae (Frost & Wagner, The Black Seeds, The Dynamics), trip hop (Kabuki, Tosca) et dub (Cat Rat, Sygaire, Jah Seal). Les beaux jours arrivent enfin, alors pourquoi s'en priver.

The Dynamics - 90% Of Me Is You

If you liked Kruder & Dorfmeister and all the Austrian trip hop scene in the mid-90's, you'll like Best Seven Selections 3. Austrian and German electronic dub at its best.

mardi 26 mai 2009

Secret Love 5 (Sonar Kollektiv - 2008)

La série des compilations Secret Love est devenue une sacré vache à lait pour Sonar Kollektiv puisque les Jazzanova en sont à leur cinquième livraison. L'aspect mercantile de la série est d'ailleurs parfaitement assumé voire clairement revendiqué, nos Allemands favoris après Can, Kraftwek, Neu! et Tokyo Hotel admettanr et revendiquant avoir écoulé plus de 30000 exemplaires des quatre premiers volumes. Une belle performance commerciale par les temps qui court. D'autant que le succès commercial se double d'un vrai succès artistique. La qualité n'a ainsi jamais baissé tout au long des 5 volumes, fidèles au dogme établi depuis le départ: tenter de traduire une vision personnelle, oecunémique et légèrement électro de la soul-folk. On retrouve donc des signatures habituelles du label (Recloose, Lars Bartkuhn, Thief), renforcées de quelques unes des plus fines lames signés sur des labels "amis": Quiet Village (K7 Records), Pop Levi (Ninja Tune), Crowpleaser & Ly Sander (Compost), The Rubies (Tellé) ou encore Clutchy Hopkins (Ubiquity). Difficile de ces conditions de séparer le bon grain de l'ivraie, surtout lorsque l'ivraie s'annonce toute aussi savoureuse que le grain. Et quand celui-ci prend des teintes et des couleurs space disco, on applaudit même langoureusement cette ouverture à l'air du temps. Si Absynth porte mal son titre et n'évoque pas vraiment les cauchemars sous influence de Baudelaire ou Maupassant, Woolfy vs. Projections en ont fait un merveilleux morceau baléarique. Quand au remix par Tiedye du I Feel Electric de The Rubies feat. Feist, très Italians Do It Better dans l'esprit, celà fait un bout de temps que les connaisseurs l'ont élevé au rang de classique du genre.

The Rubies feat. Feist - I Feel Electric (Tiedeye Remix)

Germans biggets exportation successes are Mercedes, Porsche, BMW cars and the first four volumes of the compilations Secret Love. If you consider that driving a German car in those harsch economic time signify that your are a)a Russian mobster b)a heat-pump salesman c)a 70 years old granpa, you can nonetheless listen witout causing any prejudice Secret Love 5. You'll find everything you appreciated in the others volumes: folk- soul with a sweet electro twist.

dimanche 24 mai 2009

Bitty McLean - Movin' On (Taxi Records/Silent River - 2009)

Le britannique Bitty McLean a commencé à faire du bruit sur la scène reggae roots internationale il y environ 5 ans avec la sortie d'On Bond Street KGN. JA., composé principalement en revitalisant des riddims exhumés des malles de Treasure Isle, remettant au goût du jour avec de nouveaux textes des perles rocksteady produites jadis par Duke Reid ou Tommy McCook. Bitty McLean garde la même formule sur Movin' On mais va cette fois ci faire son marché aux merveilles chez Taxi et les deux magiciens fondateurs du label, Sly & Robbie. Ces deux derniers en profitent d'ailleurs pour produire son album. Le résultat est tout bonnement enchanteur. Déjà parce-que le matériel d'origine est très très solide, avec la réutilisation de classiques absolus du reggae (les riddims Hold On To What You Got, Guess Who's Coming To Dinner, Merry Go Round, Trouble You A Trouble Me pour ne citer que quelques exemples) que Bitty McLean magnifie de sa voix à mi-chemin entre soul et reggae. On pense un peu à un Anthony Hamilton, un John Legend ou un Musiq Soulchild rasta, faisant ainsi de Bitty McLean le chanteur de reggae le plus accessible pour des oreilles profanes depuis...UB40. Alors c'est sûr, quelques rastas intégristes pourront s'émouvoir de ce retour en force du style lover mais notre homme est aussi tellement à l'aise sur les reprises soul qui parsément l'album (You're Welcome (Step On By) de Bobby Womack, Come To Me d'Otis Redding ou encore Lately de Stevie Wonder) que l'effet produit sur votre copine vous donnera très vite envie d'envoyer paître ces vieux barbons en locks. De quoi faire durer l'été durant les 5 ans à venir...

Bitty McLean - The Real Thing

Bitty McLean scored already big with his last album, On Bond Street KGN. JA., based on old Treasure Isle riddims. He does it agin this time on Movin' On with the help of Sly & Robbie and a handfull of their Taxi classics. Bitty's sultry voice on those magic riddims is just pure honey for your ears.

samedi 23 mai 2009

Chicros - Radiotransmission (Chicrodelic - 2009)

Découverts sur une compilation CQFD des Inrocks, les Chicros font partie de ces rares groupes français composé en partie de barbus à avoir eu l'insigne honneur de voir l'un de leur titre, Back In The Wild, utilisé pour illustrer un épisode de Grey's Anatomy (saison 2, épisode 17). Comme quoi le monde et les valeurs ont bien changé: le sommet du cool pour un groupe de rock venant de l'exploitation sans vergogne de l'un de ses titres par l'un des fleurons les plus acharnés du libéralisme sauvage appliqué aux médias, ABC. Même si dans le genre, ABC peut être capable d'éclair de génie fulgurant, Lost en l'occurence. Mais je m'éloigne des Chicros. Les Chicros ressucitent enfin un personnage un peu passé de mode depuis l'avénement du geek et du nerd, le slacker. Héro né à peu près en même temps que le grunge, le slacker est ce sympathique type aux cheveux plus ou moins douteux qui passe son temps sur son canapé à fumer des joints en philosphant avec ses potes. Ce personnage trouva son apogée au cinéma dans The Big Lebowski des frères Coen et en musique dans les disques de Pavement. Les Chicros ont beaucoup écouté Pavement. Mais aussi Beck période Dust Brothers, un petit peu Ween, Grandaddy aussi sans doute et certainement pas mal les diverses incarnations de Lou Barlow, dont surtout sa période The Folk Implosion. Sans compter quelques disques de hip hop 90's (une allusion au 1-800 Suicide des Gravediggaz peut être entendue dans Straight A's) et bien sûr une ou deux B.O. de Carpenter (impossible de ne pas penser à Assault On Preccint 13 à l'écoute de If You Leave Me, Leave Me Running ou What Should I Lie About ?). Vous l'aurez compris, rien que par ces influences revendiquées, parfaitement digérées et assumées à travers un concept de voyage à travers les ondes radio US qui sert de fil rouge à l'album, nous tenons là une petite merveille du rock low-fi, cette catégorisation étant en passe, à nouveau, de n'être plus un gros mot. Cerise sur la gâteau, les Chicros signent les notes de pochettes parmi les plus hillarantes depuis l'invention du rock: "If you download this album illegally, Chicrodelic Records will not prosecute you. But when you die, you WILL go to hell. This album was made by children, tested on animals, brought to you by the most polluting means of transportation known to man, and financed by the NRA". Si c'est mecs ne sont pas des stars dans les facs US d'ici 1 an, je me bouffe une couille.

Chicros - What's New Today On TV ?



Chicros is a French slackers band, largely influenced by bands like Pavement, Grandaddy, Ween or artists like Beck or Lou Barlow. Don't be afraid, they're pretty good in it. And they have that kind of gallic thing in them that make their music really innovative and original.


jeudi 21 mai 2009

DJ Smokestack presents Shitala - Indian Disco Funk Thrillers (Music India - 2008)

DJ Smokestack, de son vrai nom Arjuna Sayyed, n'est pas un crate digger comme M. et Mme Tout Le Monde. Plutôt que de paisiblement hanter les marchés aux puces et les magasins de vinyls d'occasion des grandes villes des Etats-Unis, il préfére hanter les arrières-boutiques infestées de vermines et d'insectes des marchands de disque de Calcutta, à la recherche du beat parfait dans d'obscures B.O. de films Bollywood des 70's et 80's. Loin d'être un simple gimmick ou une marque de fabrique kitsch, l'homme est visiblement habité par une vraie passion et un vrai respect pour cette musique. L'article de Waxpoetics qui conte la génèse de Shitala est en ce sens tout à fait révélateur: http://waxpoetics.com/content/?article=india
Shitala n'est donc pas une mixtape de breaks comme il en pullule car elle en explore la face épicée au curry, une infernale bacchanale ressucitant des chanteurs avec la voix d'Yves Mourousi (sur Kis Ne Dekha: Kai Kal), des divas en sari à la voix de crécelle, au son de tablas et percussions en furie, de basses qui tuent et d'envolées psychédéliques. On regrettera juste l'absence complète de crédits et d'informations sur les auteurs ou interprètes de ces merveilles, seuls les titres figurant sur la pochette du CD. Le même article de Waxpoetics permet quand même d'en savoir un peu plus sur certains titres dont celui joint à ce blog, Y.O.G.A., présenté comme la réponse indienne au YMCA des Village Popoles.

Kalyanji Anandji - Y.O.G.A.

During a trip to India in summer of 2007, Arjuna Sayyed (aka DJ Smokestack) spent three days in Kolkata digging through thousands of moldy and forgotten records in a dark, vermin-infested backroom. The fruits of his labor are much more pleasant than the work itself, as Sayyed has assembled an upbeat Bollywood breaks blockbuster of a mix in Shitala (ironically, the name of a Hindu deity who hates dirt). The focus is on soundtrack disco and funk tracks of 70s and 80s Bollywood with "an emphasis on Indian breaks... compiled with the dancefloor in mind." Needless to say, unless you're real up on your Bollywood, you've probably never heard any of this before (Source: Turntable Lab)